Le contraste est saisissant. Les anciens combattants finlandais de la Seconde Guerre mondiale, qui ont défendu leur territoire national en affrontant des pertes colossales – un soldat sur sept a péri – présentent un taux de trouble de stress post-traumatique d’environ 5%. À titre comparatif, les vétérans de la guerre du Vietnam accusent un taux approchant les 20%. Cette différence révèle une réalité que les militaires et les chercheurs comprennent désormais : la résilience n’est pas l’absence de trauma, mais la capacité à survivre et à se reconstruire après l’avoir traversé.

L’intérêt croissant pour la résilience des anciens combattants s’explique par un constat majeur : une majorité de vétérans rapportent des effets positifs à long terme de leur expérience militaire. Une étude portant sur plus de 1200 soldats a montré que 40% d’entre eux ont développé une plus grande maîtrise d’eux-mêmes, une estime accrue et une capacité renforcée à faire face aux événements stressants. La question n’est donc plus seulement comment traiter les blessures psychologiques, mais comment cultiver les forces de caractère qui permettent aux militaires de transcender leurs expériences traumatiques.
La résilience : une capacité à reconstruire son existence
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et référence mondiale en matière de résilience, la définit simplement : la résilience est la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable en dépit d’un traumatisme qui suppose normalement le risque grave d’une issue négative. Ce qui distingue la résilience du simple rétablissement, c’est son caractère créatif. Il ne s’agit pas de revenir à l’état antérieur, mais de construire une nouvelle manière de vivre en intégrant le trauma à sa trajectoire.
Pour les anciens combattants, ce processus débute bien avant la mission opérationnelle. Selon Cyrulnik, trois étapes structurent la résilience. Avant l’engagement, les futurs militaires accumulent des facteurs de protection ou de vulnérabilité au cours de leur développement familial. Ces éléments forgent leur capacité à résister aux épreuves ultérieures. Ensuite, pendant l’engagement au combat, le traumatisme survient – sa nature dépendant de la structure du conflit : tranchées, attentats, opérations contre le terrorisme ou vie en base militaire. Après le combat, deux éléments deviennent essentiels pour surmonter le trauma : le soutien et le sens donné à l’engagement.

Les fondamentaux de la résilience : un socle avant tout
Les armées modernes reconnaissent désormais que la résilience repose sur des fondamentaux clairement identifiés. L’Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire française (IRSEM) a documenté les conditions permettant de maximiser la résilience des combattants. Le premier fondamental est un organisateur puissant : la volonté de combattre, de vaincre l’adversaire, de protéger ses camarades. Cette fraternité d’armes constitue un moteur psychologique extraordinaire face à l’adversité.
Le deuxième fondamental est un socle de résilience constitué bien en amont du combat. Ce socle prend racine dans l’enfance avec la construction d’une base sécure d’attachement. Pour les institutions militaires, ce socle s’édifie à travers plusieurs piliers : l’esprit de corps, les traditions, la formation, l’entraînement rigoreux, et le rôle capital des sous-officiers qui transmettent le savoir-faire et la confiance. C’est ce socle qui transforme un individu isolé en un combattant capable de surmonter l’inimaginable.
La robustesse, terme que les chercheurs en psychologie militaire utilisent pour décrire cette solidité psychologique, protège directement contre les effets du stress extrême. Elle s’associe à un rendement supérieur dans l’exécution des tâches, à une attitude optimiste, à l’endurance physique et à une meilleure santé générale. La robustesse est un trait de personnalité assez stable comportant trois dimensions majeures qui s’apprennent et se développent.
Les composantes psychologiques de la force de caractère
Plusieurs facteurs facilitent le développement de la résilience chez les militaires. L’estime de soi, l’auto-efficacité – la conviction que l’on peut maîtriser les situations – le sens de l’humour, l’autosuffisance et le sentiment de maîtrise jouent des rôles déterminants. Ces composantes ne surgissent pas du néant. Elles se construisent progressivement à travers les épreuves, l’apprentissage et les expériences de succès.
L’efficacité personnelle, intrinsèquement liée à la robustesse, permet à un individu de résoudre les problèmes efficacement et d’interagir positivement avec ses pairs. Ces interactions, à leur tour, renforcent la résilience face à l’adversité. Un vétéran qui a résolu des crises dans le passé développe une confiance en sa capacité à affronter les défis futurs. Cette conviction s’ancre profondément et devient un facteur de protection puissant.
L’optimisme, souvent perçu comme une naïveté dans certains contextes, révèle son importance décisive chez les combattants. Il ne s’agit pas d’un déni de la réalité, mais de la capacité à envisager des issues positives même dans des situations dégradées. Les combattants optimistes rétablissent plus rapidement après les revers. Ils maintiennent la motivation collective et deviennent des points d’ancrage psychologiques pour leurs unités.
Une découverte qui ne surprend plus aucun expert : le soutien social s’avère décisif dans la capacité des vétérans à surmonter leurs traumatismes. Les anciens combattants finlandais bénéficiaient d’un soutien collectif et d’un système de soins intégrant dimension spirituelle et assistance physique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette continuité d’accompagnement explique largement les taux de TSPT inférieurs à 5% dans cette population.

Le soutien revêt plusieurs formes. Il peut être familial – les proches qui reconnaissent la souffrance du vétéran sans le juger. Il peut être communautaire – une communauté d’anciens combattants qui comprend intimement ce qu’on a vécu. Il peut être institutionnel – des professionnels formés à accompagner les blessés psychiques. Une étude notable cite l’exemple de détenus qui ont créé une communauté en se communiquant des messages sur les murs de leurs cellules – cette solidarité du désespoir a fondamentalement contribué à leur résilience.
Après l’ouragan Katrina, des intervenants de la Croix-Rouge travaillant auprès de sinistrés ont découvert une vérité paradoxale : aider les autres renforçait leur propre résilience. L’acte de soutien n’est jamais unidirectionnel. Celui qui aide se reconnaît comme utile, retrouve un sens à son existence, renforce sa dignité. Pour les anciens combattants, reprendre un rôle social valorisé constitue un vecteur de reconstruction aussi puissant que les thérapies.
L’identité militaire : source de continuité et de dignité
Un facteur souvent sous-estimé dans la résilience des vétérans concerne leur identité profondément enracinée dans leur service à la nation. Chaque ancien combattant possède une expérience unique comme membre des forces armées. Indépendamment des tâches spécifiques – manœuvres tactiques, soutien logistique, services administratifs – chaque individu a contribué au succès collectif de l’armée. Cette conscience d’avoir participé à quelque chose de plus grand que soi constitue un ancrage identitaire extraordinaire.
L’histoire de chaque ancien combattant contient des triomphes, des échecs, des moments de gloire et d’humiliation. C’est précisément cette richesse d’expériences contrastées qui forge la caractère. Un vétéran ne peut pas affirmer que sa vie militaire a été purement positive ou négative. Cette complexité intrinsèque rend sa trajectoire profondément humaine. Les efforts collectifs de tous les anciens combattants maintiennent l’armée opérationnelle, et chaque individu le sait.
Lorsque cette identité militaire s’effiloche lors du retour à la vie civile, certains vétérans expérimentent une crise d’identité profound. Qui suis-je maintenant que je n’ai plus d’uniforme ? Quel est mon rôle dans une société civile ? La Fondation Résilience et les organisations d’accompagnement notent une distinction importante : les anciens militaires deviennent des civils, et il faut accepter cette transition. Ils ne demeurent plus sous les codes des militaires en service. Cette acceptation n’est pas une trahison – c’est un passage nécessaire.
Transformer le trauma en capacité d’analyse et d’apprentissage
Un résultat contre-intuitif émerge des études longitudinales sur les vétérans. Certains anciens combattants ont développé une capacité accrue d’analyse, une autonomie renforcée et une résilience améliorée face aux événements stressants. Le trauma, loin d’être seulement destructeur, peut devenir un creuset de transformation. Les militaires qui survivent à des situations extrêmes apprennent des leçons que d’autres n’acquièrent jamais : l’évaluation rapide du danger, la prise de décision sous stress, la hiérarchisation des priorités, l’improvisation créative.
Les chercheurs parlent d’une voie positive autour du trauma. Le docteur Michel Grappe et d’autres spécialistes du Centre de Recherche en Résilience militaire ont identifié ce qu’ils appellent les “gestes de résilience” – des actions conscientes permettant de transformer la souffrance en connaissance utilisable. Ces gestes incluent la remémoration structurée du trauma, l’analyse des apprentissages, la transmission aux pairs, et la reconstruction progressive d’une narratif personnel intégrant l’expérience traumatique.
Le cerveau traumatisé peut réapprendre à bien fonctionner. Ce réapprentissage nécessite du temps, du soutien et une dose de sens. Les deux principes fondamentaux – soutien et sens – permettent au cerveau de réguler son fonctionnement émotionnel, d’harmoniser ses réseaux neuronaux et de reprendre une trajectoire stable. La maîtrise de l’émotion ne signifie pas son absence, mais sa régulation consciente.
Les programmes modernes de résilience dans les armées
Les États-majors des principales armées ont formalisé la résilience comme objectif stratégique. L’US Army a mis en place depuis 2009 des programmes structurés d’aide à la résilience pour les soldats et leurs familles. Ces programmes visent à développer la capacité à faire face et à absorber un événement traumatique avant de rebondir – ce que les experts nomment la résilience psychologique.
Les armées françaises ont constitué une synthèse des dispositifs contribuant au développement de la résilience individuelle au sein de leurs organisations. Ces dispositifs couvrent plusieurs domaines. La gestion du stress, d’abord – par des entraînements progressifs exposant les militaires à des environnements difficiles dans des contextes contrôlés. L’amélioration de la mémoire et de l’apprentissage, ensuite – par des retours d’expérience systématisés. La gestion des émotions, toujours – par des formations et des exercices de maîtrise psychologique. Le choix et la décision, enfin – par des simulations préparant les cadres à trancher dans l’incertitude.
Les programmes modernes ne se limitent pas aux militaires en activité. Ils englobent aussi les familles des combattants, qui vivent eux aussi les conséquences du stress opérationnel. Un enfant dont le parent revient psychologiquement meurtri du combat héritera de facteurs de vulnérabilité ou de protection selon la manière dont le parent aura pu se reconstruire. Les armées reconnaissent donc que la résilience est un enjeu familial et générationnel.
L’ergothérapie et l’accompagnement des blessés psychiques
Une approche relativement nouvelle en France concerne l’utilisation de l’ergothérapie pour accompagner les soldats souffrant de stress post-traumatique. L’objectif consiste à mesurer comment le développement de la résilience influe sur le rendement occupationnel – la capacité à fonctionner dans les activités quotidiennes – chez ces vétérans.
Le Centre des blessés de l’armée de Terre, implanté au cœur du Mercantour, accueille des vétérans confrontés au stress post-traumatique. L’approche combinant résilience et réadaptation occup ationnelle repose sur une conviction : retrouver des activités significatives contribue directement à la résilience. Un ancien combattant qui reprend une passion – la menuiserie, la peinture, l’agriculture, l’écriture – restaure un sens à son existence fragmentée par le trauma. Ces activités ne sont pas de simples occupations thérapeutiques, mais des voies de reconstruction de l’identité.
L’ergothérapeute utilisant le concept de résilience vise à diminuer la symptomatologie du stress post-traumatique en rendant accessible un fonctionnement quotidien normal et un sentiment de bien-être. Les études confirment cet effet : différentes recherches menées par Green, Connell, Zerach et d’autres ont démontré l’impact positif de la résilience sur la réduction des symptômes de TSPT. Ces approches complètent les traitements médicamenteux et les psychothérapies classiques.
Données et témoignages : mesurer les effets de la résilience
Les chiffres racontent une histoire souvent méconnue du grand public. Parmi les anciens combattants américains de la Seconde Guerre mondiale, la majorité rapportaient des effets positifs plutôt que négatifs de leur expérience militaire. Quarante pour cent d’entre eux ont explicitement mentionné avoir gagné en maîtrise d’eux-mêmes et en estime personnelle. Une minorité non négligeable de vétérans anglo-saxons ayant participé à la première Guerre du Golfe indiquaient que leur expérience avait eu une influence positive sur leur santé mentale.
Ces données dérangent. Elles contredisent le récit dominant qui fait du vétéran un être irrémédiablement blessé. La réalité s’avère plus nuancée. Pour certains anciens combattants, l’expérience militaire constitue effectivement une épreuve traumatisante dont ils ne se relèvent jamais complètement. Pour d’autres, elle marque un point tournant existentiel – non pas agréable, mais transformateur. Le trauma devenant le catalyseur d’une maturation accélérée, d’une compréhension plus profonde de l’existence, d’une solidarité fratrie indéboulonnable.
Des experts comme Guillaume Hassinat, ancien des forces spéciales et de la DGSE, ont fondé leur démarche de transmission sur cette compréhension. Hassinat publie pour transformer les épreuves de la vie en force mentale. Cette vision s’écarte du modèle médical classique de la “maladie mentale” pour embrasser un modèle de développement personnel. Elle reconnaît que des épreuves graves peuvent créer les conditions d’un dépassement de soi. Ce n’est pas un déni des souffrances réelles, mais une compréhension plus fine des ressources humaines.
Intégrer le trauma à sa narratif personnelle
La résilience n’oublie pas. Elle intègre. Chaque ancien combattant devra se rappeler les horreurs du combat. Ces souvenirs subsisteront. Quelques rares individus expérimenteront une sidération si profonde que la mémoire elle-même s’effacera – un phénomène neurologique distinctement documenté. La majorité conservera cependant des souvenirs différents selon son rôle, sa position, son rôle psychique au moment des événements.
Cette mémoire n’est pas une faiblesse à guérir, mais une réalité à intégrer. Un vétéran résilient est celui qui accepte sa mémoire traumatique sans en être l’esclave. Il reconnaît avoir vécu des choses difficiles. Il comprend que ces choses l’ont changé. Il intègre cette expérience à sa conception de lui-même, pas comme une identité figée de “victime” ou de “héros”, mais comme une part de son histoire complexe.
La réaction à ces souvenirs, la culture entourant leur expression, la famille, le cercle amical et même l’écriture permettent ou freinent cette intégration. Un environnement qui stigmatise les vétérans (ils sont “cassés”, “à éviter”) complique la résilience. Un environnement qui les accueille avec reconnaissance et humanité, qui leur offre une place sociale reconnaissable, qui leur permis de raconter leur histoire sans jugement – cet environnement devient thérapeutique. L’écriture, en particulier, permet à de nombreux anciens combattants de structurer leur expérience, de la mettre à distance, de l’examiner plutôt que de la simplement subir.

Enjeux contemporains et évolutions futures
La compréhension de la résilience des anciens combattants évolue rapidement. Les recherches longitudinales révèlent que les interventions précoces amplifieront probablement les facteurs de protection dès avant la première mission. L’apprentissage qui débute à l’entraînement initial sera plus efficace qu’une intervention post-trauma.
Les technologies numériques offrent de nouvelles possibilités. Disposer d’une information contextualisée et adaptative – connaître en temps réel l’état psychologique du combattant, son niveau de fatigue, les signaux d’alerte – permettra d’intervenir avant qu’une charge psychologique dépasse les capacités adaptatives de l’individu. L’amélioration de la perception et de la représentation mentale, assistée par des technologies, créera des conditions nouvelles pour anticiper et gérer le stress.
La certification professionnelle en santé mentale des vétérans devient également un enjeu. Les professionnels accompagnant les anciens combattants doivent acquérir un minimum de master dans leur discipline et disposer d’une licence nationale. Cette professionnalisation reconnaît que l’accompagnement des vétérans exige une expertise particulière, distincte de l’accompagnement de populations civiles.
Enfin, le contexte géopolitique n’est pas neutre. Les conflits modernes génèrent des traumas différents des guerres de tranchées. Les opérations menées par des unités réduites, l’asymétrie face à des ennemis sans uniforme, la proximité des civils dans les zones d’opération – tout cela crée des stress psychologiques distinctes. Les programmes de résilience devront s’adapter à ces nouveaux défis.
Reconnaître la résilience sans nier la souffrance
Affirmer que les anciens combattants font preuve de résilience ne signifie pas nier que certains souffrent de troubles sérieux comme le stress post-traumatique. Les deux réalités coexistent. Un vétéran peut simultanément avoir traversé un trauma qui a forgé son caractère et souffrir de symptômes de TSPT nécessitant une prise en charge professionnelle. La résilience n’est pas une cure miracle. Elle est une capacité sous-utilisée et méconnue.
La santé mentale des vétérans s’étend bien au-delà de la prévention du suicide, bien que cette question exige une attention prioritaire étant donné les taux alarmants. Elle englobe la qualité de vie générale, l’intégration sociale, le sens du but existentiel, la maintien de relations significatives. Un vétéran résilient n’est pas nécessairement celui qui sourit et pétille de vitalité. C’est celui qui accepte ses blessures, qui trouve des raisons de vivre au-delà de la culpabilité du survivant, qui bâtit une vie nouvelle basée sur ses expériences plutôt que déterminée par elles.
La société civile joue un rôle plus crucial qu’elle ne le pense. La reconnaissance du service rendu, sans attendre du vétéran qu’il soit un héros de cinéma, crée les conditions sociales nécessaires. Offrir des opportunités professionnelles, accueillir dans les universités les anciens combattants qui souhaitent continuer leur éducation, reconnaître les compétences acquises au combat comme des atouts transférables – ces actions concrètes facilitent l’insertion sociale et donc la résilience.
La résilience des anciens combattants n’est pas une caractéristique individuelle statique, mais le produit d’une interaction continue entre la personne, son histoire développementale, le soutien dont elle dispose et les opportunités sociales qui s’offrent à elle. Les armées créent les conditions structurelles de la résilience. Les professionnels de santé en facilitent l’émergence. La société civile la maintient et la valorise. C’est un engagement collectif que d’assurer que ceux qui ont servi trouvent, après le service, non seulement la guérison de leurs blessures, mais aussi le sens à leur existence blessée et transformée.
Sources et références (15)
▼
- [1] Canada.ca (canada.ca)
- [2] Irsem (irsem.fr)
- [3] Defnat (defnat.com)
- [4] Anfe (anfe.fr)
- [5] Obsreligion.cnrs (obsreligion.cnrs.fr)
- [6] Clsa-elcv.ca (clsa-elcv.ca)
- [7] Jcmh (jcmh.org)
- [8] Erudit (erudit.org)
- [9] Defense.gouv (defense.gouv.fr)
- [10] Pmc.ncbi.nlm.nih.gov (pmc.ncbi.nlm.nih.gov)
- [11] Presseagence (presseagence.fr)
- [12] Youtube (youtube.com)
- [13] Fd-resilience (fd-resilience.org)
- [14] Fr.evergreencertifications (fr.evergreencertifications.com)
- [15] Youtube (youtube.com)
