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    Accueil » La psychologie du pardon : comment lâcher prise guérit
    Students in a classroom setting with a teacher proctoring. Educational environment.
    Blog sur la psychologie

    La psychologie du pardon : comment lâcher prise guérit

    MarinePar Marine17 juin 2026Aucun commentaire16 Minutes de Lecture

    Quand le pardon baisse la tension artérielle : ce que disent les chiffres

    Une étude publiée dans le Journal of Behavioral Medicine a observé que les personnes qui pardonnent présentent une fréquence cardiaque plus basse et une tension artérielle réduite, par rapport à celles qui restent focalisées sur la blessure subie.[6] Cette donnée ne relève pas d’un slogan de développement personnel mais d’un protocole scientifique précis, rapporté par le site Nos Pensées qui vulgarise ces travaux.[6]

    Des assureurs santé comme Helsana rappellent que le pardon s’associe à une baisse du risque d’infarctus, à une diminution du cholestérol, à un sommeil plus stable, ainsi qu’à une réduction du stress, de l’anxiété et de la dépression.[10] L’organisme HealthCare Salute résume la situation de manière très nette : s’accrocher à une blessure accroît le risque d’hypertension, de colère chronique et de dépression, alors que le pardon aide à relâcher la pression physiologique et psychique.[12]

    Person sitting by a window in quiet reflection
    Photo : cottonbro studio / Pexels

    Le magazine ELLE, qui s’appuie sur les travaux du psychologue américain Everett Worthington, rappelle que le ressentiment répétitif augmente le risque d’anxiété, de dépression, de trouble de stress post-traumatique, mais aussi de maladie cardiaque et de diabète.[8] Le lien entre rancune chronique et santé est donc documenté : le corps encaisse chaque pensée de vengeance comme un micro-stress. La question n’est plus de savoir si la rancune « fait du mal », mais jusqu’où elle abîme la santé à long terme.

    Définir le pardon : ce que la psychologie entend réellement par « lâcher prise »

    Le pardon reste un mot piégé. Chacun y projette sa culture, sa religion, ses blessures. Les chercheurs en psychologie s’accordent pourtant sur une idée centrale : pardonner, c’est relâcher volontairement la colère, le ressentiment et le désir de vengeance envers une personne (ou envers soi-même), après une offense vécue comme injuste.[4][12][13][14] Le site Right for Education décrit le pardon comme une décision délibérée d’abandonner les pensées de vengeance et de se tourner vers l’avenir avec un sentiment de pouvoir intact.[4]

    HealthCare Salute insiste sur un point souvent mal compris : le pardon vise d’abord la guérison de la personne blessée, pas le confort de celle qui a commis la faute.[12] L’idée n’est pas d’excuser l’acte ni d’effacer la responsabilité. Le pardon rompt le lien de dépendance émotionnelle qui attache la victime à l’agresseur, et qui confisque l’énergie mentale à coups de ruminations. La psychologue Patricia Blain parle d’une « voie de guérison et d’éveil », où la personne blessée reprend le gouvernail de sa vie intérieure.[11]

    Les cliniciens rappellent aussi ce que le pardon n’est pas. Pardonner ne signifie pas oublier, minimiser, se réconcilier à tout prix ou se remettre en danger.[4][7][10][13] Un thérapeute interrogé par la Resiliency Clinic précise que quelqu’un peut pardonner sans renouer le contact, sans retirer sa plainte en justice, sans valider le comportement de l’autre.[13] Confondre pardon et reconnaissance de la faute est une erreur fréquente qui bloque beaucoup de patients dans leur guérison.

    Pourquoi la rancune abîme le cerveau, le cœur et les relations

    Les études récentes sont claires : rester accroché à la colère n’est pas neutre pour le corps. Helsana recense des liens répétés entre absence de pardon, élévation du stress chronique, dérèglement cardiovasculaire et troubles du sommeil.[10] HealthCare Salute cite l’hypertension, la colère refoulée et des symptômes dépressifs plus marqués chez les personnes qui restent figées dans la blessure.[12]

    Sur le plan psychique, la rumination joue un rôle central. Everett Worthington, spécialiste du pardon, décrit cette tendance à « rejouer l’offense en boucle » comme un carburant de l’anxiété et de la dépression.[8] Plus la personne ressasse, plus le cerveau renforce les circuits de la peur et de la méfiance. Le magazine ELLE rapporte une expérience où des participants formés à des exercices de pardon pendant deux semaines ont vu leurs symptômes de dépression et d’anxiété diminuer de façon nette, par rapport à un groupe témoin.[8] La réduction de la rumination agit ici comme un levier direct de mieux-être.

    Les relations en souffrent aussi. Right for Education rappelle que le refus de lâcher prise entretient des conflits, isole, rigidifie la communication et maintient des tensions dans les familles ou les couples.[4] La Resiliency Clinic observe le même phénomène en thérapie : la personne qui s’accroche à la position de victime finit par filtrer toute interaction à travers son histoire de blessure, ce qui paras ite les liens actuels et fragilise même les relations sereines.[13] La rancune s’installe comme un invité de trop dans chaque conversation.

    Two people talking with tension in a relationship
    Photo : Budgeron Bach / Pexels
    Essentiel : La colère non digérée n’est pas seulement un état émotionnel désagréable. Elle s’associe à une tension artérielle plus élevée, à un sommeil perturbé, à davantage d’anxiété et de dépression. Le pardon agit comme un « désengrenage » qui coupe ce cercle vicieux.[6][8][10][12][13]

    Ce qui se joue dans le pardon : identité, pouvoir et récit intérieur

    Sur le plan psychologique, le pardon touche à des couches profondes de l’identité. Plusieurs psychologues, dont ceux cités par Psychologue.net, décrivent comment la personne blessée se fige parfois dans une identité de victime.[7] Cette identification donne un sentiment de cohérence : « on m’a fait du mal, donc je souffre ». Le problème vient quand cette identité prend toute la place. Le passé dicte alors la lecture du présent.

    La psychologue Psy Inès Sellami explique que pardonner implique de reconnaître la blessure, de l’accueillir sans la nier, puis de cesser de nourrir la croyance selon laquelle « je reste cette personne brisée à cause de ce qui s’est passé ».[3] Le pardon n’efface pas le fait, mais il change le récit intérieur : « on m’a fait du mal, et je choisis de ne plus laisser cet événement gouverner chaque choix de ma vie ». Ce déplacement touche au sentiment de pouvoir personnel, souvent écrasé par le traumatisme.

    Resiliency Clinic souligne aussi le rôle de l’empathie bien dosée.[13] Comprendre la faiblesse ou l’histoire de l’autre ne revient pas à excuser, mais à sortir du schéma manichéen « monstre / victime ». Aleteia rappelle ce point : la personne qui fait du mal doit répondre de ses actes, mais tenter de se mettre un instant à sa place aide parfois à relâcher la haine, surtout quand on garde en tête que chacun a déjà blessé quelqu’un dans sa vie.[2] L’enjeu n’est pas de blanchir l’agresseur, mais de récupérer sa liberté intérieure.

    Les grandes étapes du pardon selon la recherche

    Plusieurs modèles issus de la psychologie décrivent des jalons récurrents. Le psychologue américain Robert Enright, cité par Helsana, parle de quatre grandes étapes dans le travail de pardon.[10] Son modèle est utilisé dans des programmes de psychothérapie et dans des groupes de soutien.

    Étape selon Robert Enright Description
    Revivre la situation en pleine conscience Revenir à l’événement, reconnaître la blessure, identifier les émotions, sans minimisation ni déni.[10]
    Consentir au pardon Décider de pardonner pour soi, non parce que l’autre le mérite, mais pour alléger sa propre souffrance.[10]
    Compréhension Accepter que le passé ne changera pas, renoncer à la vengeance, chercher à comprendre sans excuser l’acte.[10]
    Acceptation Constater que les émotions douloureuses perdent de leur intensité, laisser revenir des sentiments comme la compassion ou la clémence.[10]

    Psychologue.net décrit un chemin en sept phases qui commence par la sortie de la violence et la mise en sécurité de la victime.[7] Tant que l’offense continue, aucun pardon durable ne peut se construire : la personne reste paralysée par la peur ou la douleur. Vient ensuite la prise de conscience de la souffrance, l’expression de la colère, la clarification de ce qui a été atteint (intégrité physique, dignité, confiance), puis un travail pour saisir la faiblesse de l’agresseur sans l’excuser.[7] Le pardon surgit à la fin de ce parcours, une fois la colère apaisée.

    Everett Worthington, cité par le Washington Post et repris par ELLE, propose le modèle REACH : se rappeler l’offense, développer de l’empathie, faire un geste d’altruisme, s’engager à pardonner (par écrit ou devant un témoin), puis maintenir ce choix, même si des émotions négatives reviennent par vagues.[8] Tous ces modèles convergent sur un point : le pardon ne tombe pas du ciel. Il se construit par étapes, parfois sur plusieurs années.

    Note : Si quelqu’un vous dit « tourne la page » alors que vous êtes encore en plein choc traumatique, c’est une erreur. Le pardon vient après la mise en sécurité, après la reconnaissance de la douleur, pas à la place.

    Pardon de soi, pardon de l’autre : deux combats différents

    La plupart des articles grand public parlent du pardon tourné vers l’autre. Dans les cabinets de psychologues, le pardon dirigé vers soi revient tout autant. Psy Inès Sellami décrit le pardon à soi-même comme une façon de reconnaître que nous avons « fait de notre mieux avec les ressources et la conscience dont nous disposions à ce moment-là », sans nier la douleur causée.[3] Cette idée choque parfois, surtout chez les personnes très perfectionnistes ou élevées dans un climat moral rigide.

    Le pardon de soi se heurte à la honte et à l’autocritique. HealthCare Salute rappelle que s’auto-flageller à longueur de journée entretient la dépression et l’anxiété, et qu’une posture de compassion envers soi aide à sortir de la boucle.[12] La psychologue Patricia Blain parle d’un « parcours de libération » où la personne cesse de se condamner pour un acte précis et commence à se voir dans sa globalité.[11] À l’inverse, certains patients se cachent derrière un pseudo pardon de soi pour éviter la responsabilité : « je me suis pardonné, donc on passe à autre chose ». Là encore, c’est une dérive. Il manque la réparation, l’aveu, l’écoute de la douleur de l’autre.

    Le pardon adressé à l’autre suit une logique différente. Le site Theralpie décrit un mouvement intérieur qui consiste à relâcher la rancœur et à ne plus laisser l’offense dicter la vie quotidienne.[1] Aleteia insiste sur la nécessité de reconnaître que l’autre doit répondre de ses actes et que le pardon n’efface pas la justice ni les limites.[2] Dans les deux cas, pardon de soi ou pardon de l’autre, un point commun se détache : la personne blessée cesse de se définir uniquement à travers la faute, qu’elle en soit l’auteur ou la cible.

    Comment pratiquer le pardon : outils concrets pour lâcher prise

    Passer de la théorie à la pratique demande du concret. Les psychologues interrogés dans différentes sources proposent des exercices simples mais exigeants. Psychologue.net conseille aux personnes qui ne peuvent pas exprimer leur colère directement à l’agresseur d’utiliser un journal intime ou une lettre non envoyée.[7] L’objectif consiste à sortir la haine et la rage de l’espace psychique, sans les retourner contre soi. Ce travail ouvre la porte à un apaisement progressif.

    Notebook and pen for journaling emotions
    Photo : Roberto Hund / Pexels

    Everett Worthington recommande, dans son modèle REACH, de s’engager à pardonner par un geste visible : écrire une lettre, signer une déclaration personnelle, en parler à un ami de confiance.[8] Cet engagement aide à tenir le cap les jours où la colère revient. Le site Theralpie suggère aussi de s’informer sur le pardon, de pratiquer l’auto-compassion et de chercher un accompagnement professionnel quand la blessure est ancienne ou traumatique.[1]

    Exemple : Une femme trompée par son conjoint écrit chaque soir, pendant deux semaines, tout ce qu’elle aurait voulu lui crier en face. Elle n’édulcore rien. Une fois la colère couchée sur le papier, elle rédige une seconde lettre, qu’elle n’enverra pas, où elle décrit ce qu’elle choisirait pour elle si la haine ne pilotait plus sa vie. Ce basculement l’aide à prendre une décision claire sur la suite de la relation, sans se laisser guider par le seul désir de vengeance.[7][8]

    Les pratiques de pleine conscience jouent aussi un rôle. Helsana conseille de revisiter l’événement en pleine conscience, de poser des questions comme « pourquoi ai-je vécu cela comme une offense ? » ou « quelle histoire derrière l’acte de l’autre ? ».[10] Cette démarche évite parfois de figer l’autre dans le rôle d’ennemi absolu. Aleteia et Right for Education insistent sur l’empathie mesurée : se rappeler que la personne qui a blessé a aussi vécu des souffrances, sans lui enlever sa responsabilité.[2][4]

    Pour certains, une thérapie de groupe centrée sur le pardon aide beaucoup. La Clinique de Psychologie Québec propose par exemple un groupe « Comment pardonner » sur huit semaines, avec huit participants, deux heures par semaine.[5] Ce type de cadre offre un espace pour raconter son histoire, entendre celle des autres, expérimenter des exercices guidés et sentir que l’on n’est pas seul avec ce sujet. Le pardon cesse alors d’être une injonction abstraite pour devenir un travail concret, semaine après semaine.

    Les pièges du pardon : ce qu’il ne faut pas accepter

    Le discours sur le pardon peut se retourner contre les victimes. C’est un sujet sensible. Plusieurs psychologues tirent la sonnette d’alarme : pousser quelqu’un à pardonner trop vite, surtout en cas de violence, relève presque de la maltraitance. Psychologue.net insiste sur la priorité absolue : sortir de la violence, se mettre en sécurité, faire cesser l’offense.[7] Tant que l’abus continue, parler de pardon revient à demander à la victime d’encaisser en silence. C’est inacceptable.

    Right for Education rappelle aussi que pardonner ne veut pas dire se réconcilier ou reprendre contact.[4] Dans certains cas, couper les liens reste la seule façon de se protéger. Helsana souligne que l’art du pardon consiste à comprendre l’autre sans excuser l’acte.[10] Cette nuance évite un piège classique : se convaincre que « ce n’était pas si grave » pour préserver le lien, alors que le corps garde des traces de traumatisme. Le pardon n’a rien à voir avec la minimisation.

    Attention : Quand une personne vous dit « si tu ne pardonnes pas, c’est que tu es rancunier », interrogez-vous. Le pardon n’efface pas la justice, ne remplace pas les limites, ne justifie pas la violence. S’en servir pour faire taire une victime est une manipulation.[4][7][10][11]

    Autre piège : le pardon « par-dessus la jambe », décidé en une phrase, sans travail intérieur. Psychologue.net parle d’un acte sincère qui ne se résume pas à un coup de tête pour « passer à autre chose ».[7] La psychologue Patricia Blain décrit le pardon comme une décision fondatrice, qui vient au terme d’un véritable cheminement émotionnel.[11] Les thérapeutes voient passer des patients qui ont « pardonné » trop vite pour maintenir la paix familiale ou religieuse, et qui se retrouvent des années plus tard avec des troubles anxieux ou des symptômes somatiques. La blessure n’a jamais été reconnue, encore moins soignée.

    Quand demander de l’aide pour avancer vers le pardon ?

    Certaines blessures dépassent les ressources d’une personne seule. Trahison conjugale lourde, abus sexuels, violences répétées, abandon parental : ces expériences laissent des traces profondes. La Resiliency Clinic rappelle que le pardon peut alors s’inscrire dans un cadre thérapeutique structuré, avec des séances régulières où l’on explore la blessure, les croyances associées, la colère, la peur.[13] Le pardon, dans ce cas, s’inscrit dans un travail plus large sur le trauma, la sécurité et l’estime de soi.

    Therapy group session in a supportive circle
    Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels

    Des programmes spécifiques existent. La Clinique de Psychologie Québec propose une thérapie de groupe « Comment pardonner » sur huit semaines, avec un nombre limité de participants, des rencontres hebdomadaires et un animateur formé.[5] Ce type de dispositif offre un cadre sécurisé pour exprimer la colère, la peine, la honte, tout en découvrant des outils pour relâcher progressivement la rancune. Theralpie ou Psy Inès Sellami, dans leurs articles, encouragent à chercher un accompagnement professionnel dès que la souffrance déborde dans la vie quotidienne : troubles du sommeil, crises d’angoisse, isolement relationnel.[1][3]

    Le psychologue Robert Enright, cité par Helsana, rappelle que le pardon n’est pas un signe de faiblesse, ni une obligation morale.[10] C’est une option. Quand une personne se sent prête à explorer ce terrain, un psychologue, un thérapeute spécialisé en trauma ou un groupe dédié peuvent servir de balise. Refuser d’avancer seul n’est pas un aveu d’échec. C’est souvent un signe de lucidité.

    “Le pardon ne change pas le passé, mais il élargit l’avenir.”

    — attribué à Paul Boese, souvent cité dans les programmes de thérapie du pardon

    FAQ sur le pardon et le lâcher-prise

    Le pardon implique-t-il forcément une réconciliation ?

    Non. Les sources en psychologie sont fermes sur ce point. Right for Education, Helsana et Resiliency Clinic rappellent que le pardon reste un mouvement intérieur, alors que la réconciliation dépend de deux personnes.[4][10][13] On peut pardonner un parent violent décédé, un agresseur en prison ou un ex-partenaire toxique, sans jamais renouer le contact. Confondre pardon et reprise de la relation met en danger les victimes dans certaines situations.

    Combien de temps faut-il pour pardonner ?

    Aucune étude sérieuse ne donne de délai fixe, et c’est une bonne nouvelle. Psychologue.net parle d’un chemin long, parfois de plusieurs années, surtout quand l’offense touche au corps ou à l’enfance.[7] Les programmes de thérapie du pardon, comme ceux inspirés d’Enright ou de Worthington, s’étalent souvent sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.[5][10][13] Vouloir aller vite conduit souvent à un pseudo pardon de façade. Le bon rythme reste celui qui respecte la sécurité et la vérité émotionnelle de la personne.

    Pardonner veut-il dire oublier ?

    Non, et c’est même l’inverse. Beaucoup de cliniciens, de Theralpie à Psy Inès Sellami, insistent sur la nécessité de reconnaître l’événement et la douleur.[1][3] Le cerveau ne « supprime » pas la mémoire de l’offense. Ce qui change, c’est la charge émotionnelle associée. L’événement reste inscrit, mais il ne déclenche plus la même tempête dans le corps. HealthCare Salute parle de « laisser aller la douleur » plutôt que d’effacer le souvenir.[12] Oublier serait dangereux : cela exposerait à répéter les mêmes situations.

    Et si l’autre ne s’excuse jamais ?

    C’est un cas très fréquent, et c’est précisément là que le pardon montre sa force. Le psychologue Robert Enright et d’autres auteurs soulignent que le pardon ne dépend pas des excuses de l’autre.[10][13][14] Attendre des remords qui ne viennent pas revient à se condamner à vie à la rancune. Le pardon coupe ce lien de dépendance. La personne blessée choisit de reprendre sa liberté intérieure, même si l’autre nie les faits, minimise ou se tait. C’est souvent un tournant radical dans la thérapie.

    Le pardon rend-il plus vulnérable ou plus fort ?

    Tout dépend de la façon dont on s’y prend. Un pardon imposé, qui nie la colère et la douleur, fragilise. Il pousse à tout encaisser, à se taire, à se dissocier. À l’inverse, un pardon construit après un travail sur la sécurité, la colère, la dignité, rend plus solide. Les études citées par Nos Pensées, Helsana ou ELLE montrent une baisse du stress, une meilleure santé cardiovasculaire et une diminution de l’anxiété et de la dépression.[6][8][10][12][13][14] Ce n’est pas de la poésie : c’est de la clinique. Quand le pardon s’ancre dans le respect de soi, il agit comme un soin profond. Quand il sert à excuser l’inexcusable, il fait des dégâts. La nuance se joue là, et elle change tout.

    Sources et références (15)
    ▼
    • [1] Theralpie (theralpie.fr)
    • [2] Fr.aleteia (fr.aleteia.org)
    • [3] Psyinessellami (psyinessellami.com)
    • [4] Rightforeducation (rightforeducation.org)
    • [5] Cliniquepsychologiequebec (cliniquepsychologiequebec.com)
    • [6] Nospensees (nospensees.fr)
    • [7] Psychologue (psychologue.net)
    • [8] Elle (elle.fr)
    • [9] Youtube (youtube.com)
    • [10] Helsana.ch (helsana.ch)
    • [11] Patriciablain-psychologue (patriciablain-psychologue.fr)
    • [12] Healthcaresalute-soinsdesantesalute (healthcaresalute-soinsdesantesalute.com)
    • [13] Resiliencyclinic (resiliencyclinic.com)
    • [14] Reachlink (reachlink.com)
    • [15] Clcfrance (clcfrance.com)
    Table des matières afficher
    1 Quand le pardon baisse la tension artérielle : ce que disent les chiffres
    2 Définir le pardon : ce que la psychologie entend réellement par « lâcher prise »
    3 Pourquoi la rancune abîme le cerveau, le cœur et les relations
    4 Ce qui se joue dans le pardon : identité, pouvoir et récit intérieur
    5 Les grandes étapes du pardon selon la recherche
    6 Pardon de soi, pardon de l’autre : deux combats différents
    7 Comment pratiquer le pardon : outils concrets pour lâcher prise
    8 Les pièges du pardon : ce qu’il ne faut pas accepter
    9 Quand demander de l’aide pour avancer vers le pardon ?
    10 FAQ sur le pardon et le lâcher-prise

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    Marine
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    Une passionnée de psychologie qui observe les comportements humains au quotidien et s’efforce d’apporter plus de positivité dans la vie des autres grâce à la psychologie.

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