L’été, les réseaux sociaux se remplissent de photos de plages et de cocktails, alors que près d’un foyer sur deux en France renonce ou réduit ses vacances pour des raisons financières, familiales ou professionnelles, avec à la clé un sentiment de mise à l’écart et parfois un moral en berne. Pourtant, la recherche en psychologie montre que ce n’est pas tant le fait de voyager loin qui compte pour le bien-être, mais la capacité à se détacher du quotidien, à vivre des expériences positives et à nourrir des émotions agréables, ce qui peut tout à fait se faire sans quitter sa ville. L’enjeu n’est donc pas seulement de « tenir » l’été en attendant septembre, mais de transformer cette période à la maison en véritable temps de récupération psychologique, en s’appuyant sur quelques phrases clés qui orientent le regard et la manière de vivre ses journées.
Dire « Je fais un geste pour la planète » pour transformer la frustration en fierté
Se répéter que l’on reste chez soi par **choix écologique** change subtilement l’histoire que l’on se raconte, en passant du rôle de « celui qui subit » à celui de personne engagée. Le transport aérien représente une part importante des émissions de CO2 liées au tourisme de masse, et les destinations très fréquentées doivent faire face à une surconsommation d’eau, de ressources et à une accumulation de déchets qui fragilisent les écosystèmes locaux. Se rappeler que l’on ne participe pas à cette pression environnementale atténue le sentiment de « rater sa vie », en le remplaçant par un sentiment de cohérence avec ses valeurs, ce que la psychologie positive associe à une meilleure satisfaction de vie.
Donner un sens écologique concret à son été
Cette phrase prend encore plus de poids lorsqu’elle s’accompagne de gestes visibles au quotidien. Le fait de faire du vélo plutôt que de prendre la voiture, de réduire sa consommation d’énergie à la maison ou de privilégier les circuits courts crée un alignement entre ses pensées et ses actes, ce qui renforce l’estime de soi. Certaines études sur les loisirs montrent que les moments où l’on a le sentiment d’agir en accord avec ses valeurs restent particulièrement présents dans la mémoire et nourrissent une forme de fierté calme, même plusieurs semaines plus tard. Se positionner comme « vacancier éco-responsable depuis son salon » peut paraître anecdotique, mais cette narration personnelle diminue la comparaison défavorable avec ceux qui partent loin, et redonne du pouvoir d’action là où l’on se sentait impuissant.
Adopter « C’est l’occasion de mieux découvrir ma région » pour changer de décor mental sans faire de kilomètres
Le terme « staycation » désigne ces vacances passées près de chez soi en adoptant le regard du touriste, une pratique qui s’est développée pendant les périodes de restrictions de déplacements et qui a montré des effets positifs sur le bien-être psychologique lorsqu’elle est vécue comme un vrai temps de pause. Des travaux menés sur les séjours de proximité indiquent que ce qui restaure l’humeur n’est pas nécessairement la distance parcourue, mais la sensation de rupture avec la routine, la découverte de nouveaux lieux et la possibilité de se sentir pleinement présent à ce que l’on vit. Considérer sa ville ou sa région comme un territoire à explorer permet de recréer ce sentiment de nouveauté, pourtant essentiel au repos mental, sans même changer de code postal.
Redécouvrir le proche comme si c’était loin
Visiter un musée que l’on n’a jamais pris le temps d’entrer, tester un restaurant de quartier repéré depuis des mois ou suivre un sentier de randonnée à quelques kilomètres de chez soi crée cette impression de « dehors » qui aide le cerveau à décrocher du travail et des obligations. Des études sur les vacances montrent que l’amélioration de l’humeur pendant ces périodes tient beaucoup au fait de vivre des expériences plaisantes différentes du quotidien, même si elles sont simples, et à la possibilité de se sentir plus libre dans l’organisation de ses journées. L’idée n’est pas de remplir chaque heure, mais d’émailler l’été de petites escapades locales, qui deviennent autant de repères positifs quand on repense à ces semaines passées chez soi.
Se dire « Je vais pouvoir me mettre à la poterie » pour faire de l’été un terrain de jeu intérieur
Quand on ne part pas, la tentation est grande de laisser les jours se ressembler, au risque de voir l’ennui et l’irritabilité s’installer, alors que le temps libre peut devenir un espace de **créativité personnelle**. Les loisirs créatifs sont régulièrement associés à une réduction du stress, une amélioration de l’estime de soi et une stimulation cognitive accrue, car ils sollicitent à la fois la concentration, les sens et le sentiment de compétence. Fabriquer un objet, même imparfait, apporte une forme de satisfaction mesurable qui contraste avec la sensation diffuse de « perdre son temps » souvent ressentie en faisant défiler les réseaux sociaux pendant des heures.
Créer plutôt que se comparer
Choisir une activité artisanale ou artistique, comme la poterie, la peinture, la photographie ou la cuisine créative, permet de déplacer l’attention de la comparaison sociale vers l’exploration personnelle. La recherche sur les loisirs montre que les occupations dans lesquelles on s’immerge pleinement, avec une notion de défi raisonnable, peuvent générer des états de flux, ces moments où l’on oublie l’heure qui passe et où la rumination diminue nettement. Une série de séances courtes réparties sur l’été, même à la maison, suffit à installer ce rendez-vous avec soi-même, qui structure les journées et donne le sentiment de progresser sur quelque chose de concret, là où l’absence de voyage donnait l’impression de stagnation.
Répéter « Je vais avoir du temps pour me cultiver » pour nourrir l’esprit autant que le besoin d’évasion
Quand les amis partent loin, lire un roman sur une île lointaine ou un récit de voyage n’a rien d’un « lot de consolation » : la lecture est reconnue pour sa capacité à réduire le stress, à stimuler l’imagination et à offrir une forme d’évasion mentale accessible à tous. Des travaux en psychologie montrent que s’immerger dans une histoire peut diminuer rapidement les niveaux de stress, parfois presque autant qu’une activité de relaxation structurée, tout en renforçant la capacité d’empathie et la richesse du vocabulaire. L’été passé chez soi devient alors l’occasion de constituer une sorte de « territoire intérieur » à explorer, fait de livres, de documentaires, de podcasts et de cours en ligne, qui n’exige ni valise ni billet de train.
Construire une saison d’apprentissages choisis
Suivre un cours en ligne sur un sujet qui intrigue depuis longtemps, apprendre quelques bases d’une langue étrangère ou visiter virtuellement des musées internationaux permet de retrouver ce sentiment de curiosité que l’on associe souvent aux voyages. Les recherches sur le bien-être montrent que le fait de se sentir en développement, d’avoir l’impression d’élargir ses compétences ou sa compréhension du monde, est un composant majeur de la satisfaction de vie à long terme. Décider que cet été sans déplacement sera celui où l’on a découvert un auteur, un courant artistique ou un domaine scientifique particulier donne une coloration très différente au souvenir que l’on en gardera quelques mois plus tard.
Penser « Et si je gardais des animaux de compagnie ? » pour rompre la solitude et se sentir utile
Accepter de garder le chien d’un voisin ou le chat d’un ami en vacances ne remplace pas un voyage, mais cette présence peut alléger la sensation de solitude et apporter un cadre quotidien réconfortant. Des enquêtes menées auprès de propriétaires d’animaux montrent que plus de neuf personnes sur dix déclarent s’appuyer sur leur animal pour réguler leur stress, et beaucoup décrivent une baisse du sentiment de solitude lorsqu’elles sont en leur compagnie. Des études expérimentales indiquent également que passer un moment avec un chien après une situation stressante peut augmenter l’humeur et réduire l’anxiété, comparé à d’autres activités de détente.
Donner du rythme à ses journées en rendant service
Le fait de sortir marcher pour un animal, de veiller à ses repas ou à ses soins impose une structure aux journées, ce qui évite que les heures s’étirent sans repères, situation souvent associée à une augmentation de la rumination et de l’anxiété. Les plateformes de pet-sitting ou les accords informels entre voisins permettent de bénéficier de cette présence animale sans s’engager sur le long terme, tout en offrant un service précieux à ceux qui partent. Se présenter à soi-même comme « celui qui garde la maison et les animaux » donne une fonction claire pendant l’été, ce qui limite le sentiment d’être laissé de côté et renforce l’impression d’être relié aux autres, même si l’on reste dans sa ville.
Quand on ne part pas, ce qui compte vraiment pour le moral
Les recherches sur les vacances montrent un point souvent contre-intuitif : l’amélioration du bien-être pendant cette période est réelle, mais elle dépend surtout de la capacité à se détacher du travail, à vivre des expériences agréables et à se sentir libre, plus que de la destination ou du prix du séjour. Les effets positifs ont tendance à s’estomper quelques semaines après la reprise, ce qui signifie que multiplier les micro-moments de récupération – un après-midi créatif, une sortie locale, une soirée lecture – peut être tout aussi pertinent qu’un long voyage unique pour préserver ses ressources psychologiques. En s’appuyant sur ces cinq phrases comme sur des points d’appui – faire un geste pour la planète, redécouvrir sa région, créer, se cultiver, s’entourer d’animaux – il devient possible de construire un été cohérent avec ses contraintes, mais aussi riche en occasions de souffler et de se reconnecter à ce qui compte pour soi.
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