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    Accueil » Antidépresseurs et anxiolytiques en 2026 : ce que les chiffres disent, et ce qu’ils taisent
    Detail view of hands with medication and pen on a wooden table.
    Photo de Kampus Production sur Pexels.
    Santé

    Antidépresseurs et anxiolytiques en 2026 : ce que les chiffres disent, et ce qu’ils taisent

    MarinePar Marine17 septembre 2026Mise à jour:17 septembre 2026Aucun commentaire11 Minutes de Lecture

    En Angleterre, les prescriptions d’antidépresseurs ont plus que doublé entre 2010 et 2023. Dans le même temps, les prescriptions d’anxiolytiques et d’hypnotiques ont diminué. Le volume d’ordonnances ne dit pourtant ni combien de personnes prennent un traitement ni si leur état s’améliore.

    Les prescriptions augmentent, les profils de risque se précisent, l’environnement entre dans l’équation.
    Une ordonnance dépend du diagnostic, du cœur, des autres médicaments et du suivi.
    Les études récentes décrivent des tendances, pas une pilule idéale pour tout le monde.

    Les chiffres ne prescrivent rien.

    Le volume monte, mais une ordonnance n’est pas une personne

    A pharmacist hands medication to a customer at a classic vintage pharmacy counter.
    Photo de cottonbro studio sur Pexels.

    Une étude publiée en septembre 2025 dans Human Psychopharmacology a analysé les prescriptions de soins primaires en Angleterre entre janvier 2010 et décembre 2023. Elle porte sur les comprimés et les gélules délivrés, pas sur le nombre de patients ni sur les résultats obtenus.

    La progression varie selon les molécules. Les prescriptions de sertraline sont passées de 2,9 millions en 2010 à 23 millions en 2023, soit une hausse de 685 %. La duloxétine a atteint 3,9 millions de prescriptions, en hausse de 545 %. La mirtazapine a progressé de 269 %, jusqu’à 12,4 millions. Le coût moyen par prescription est passé de 4,86 livres sterling à 2,25 livres entre 2010 et 2023.

    Le mouvement inverse concerne les anxiolytiques et les hypnotiques. Les anxiolytiques sont passés de 6,5 à 4,8 millions de prescriptions, soit une baisse de 27 %. Les hypnotiques ont diminué de 9,8 à 5,8 millions. Ces données ne permettent pas de conclure que l’anxiété ou l’insomnie ont reculé. Elles montrent d’abord une évolution des actes de prescription.

    Une prescription ne compte pas une personne

    Les données anglaises décrivent un volume de prescriptions. Elles ne donnent pas, à elles seules, le nombre de patients traités, l’efficacité ressentie ni les effets indésirables. Elles décrivent un système de soins, pas l’état psychologique de chaque personne.

    En Basilicate, les délivrances ont augmenté entre 2019 et 2021

    Une étude rétrospective publiée en avril 2025 dans Life a examiné les médicaments délivrés dans la région italienne de Basilicate entre 2019 et 2021. La population étudiée comptait 95 021 résidents et plus de 85 000 boîtes de psychotropes ont été dispensées.

    En 2021, par rapport à 2019, les ventes de benzodiazépines avaient augmenté de 88,5 % et celles des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine de 81,9 %. La hausse était particulièrement marquée chez les femmes de moins de 30 ans.

    Cette étude observationnelle associe la période pandémique à une hausse des délivrances, mais elle ne permet pas d’isoler une cause unique. Les habitudes médicales, l’accès aux consultations et les besoins de la population ont aussi pu intervenir.

    Avec l’insuffisance cardiaque, le choix se resserre

    Doctor reviewing x-ray film for diagnosis in a clinical setting.
    Photo de cottonbro studio sur Pexels.

    Une revue narrative publiée le 7 juin 2026 dans Current Problems in Cardiology rappelle que la dépression et l’anxiété coexistent fréquemment avec l’insuffisance cardiaque. Elle rapporte une dépression cliniquement significative chez jusqu’à 21,5 % des patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique.

    Le problème ne se résume pas à une interaction entre deux boîtes. Les traitements cardiovasculaires et psychotropes peuvent influencer la stabilité hémodynamique, l’équilibre électrolytique et la conduction cardiaque. Le suivi doit donc tenir compte des traitements déjà pris, des antécédents et des signes apparus après l’introduction ou l’augmentation d’une dose.

    Dans cette revue, la paroxétine, la fluoxétine et les antidépresseurs tricycliques sont associés à un potentiel d’interaction élevé. La sertraline, l’escitalopram et la mirtazapine y sont présentés comme des options ayant un profil cardiovasculaire plus favorable dans certaines situations. Cette hiérarchie ne remplace pas une décision individuelle : une molécule mieux tolérée en moyenne peut rester inadaptée à une personne donnée.

    Le calendrier de traitement compte aussi. Les benzodiazépines peuvent réduire rapidement certains symptômes d’anxiété et sont décrites comme des traitements de soulagement à court terme. Un traitement destiné à agir sur la dépression ou l’anxiété dans la durée demande, lui, un suivi permettant d’évaluer progressivement ses effets.

    Après la prise, les molécules rejoignent les eaux

    Black and white aerial view of a wastewater treatment plant in the English countryside.
    Photo de Altaf Shah sur Pexels.

    Une revue publiée le 5 mars 2026 dans The Science of the Total Environment examine la présence d’antidépresseurs, d’anxiolytiques et de leurs métabolites dans les milieux aquatiques. Ces substances peuvent rejoindre les eaux usées après excrétion, à cause d’un traitement insuffisant des eaux usées ou d’une élimination inadaptée. Les concentrations rapportées atteignent 490 nanogrammes par litre pour le diazépam et 3 040 nanogrammes par litre pour la venlafaxine.

    La revue décrit aussi des effets sur les bactéries. À de très faibles concentrations, ces médicaments ont été associés à des réponses de stress cellulaire, à une modification de la perméabilité des membranes, à l’activation de pompes d’efflux et à des changements d’expression génétique. Elle évoque également une possible augmentation du transfert horizontal de gènes, un mécanisme susceptible de participer à la diffusion de résistances aux antibiotiques.

    Le conditionnel compte ici. Les effets sur les animaux aquatiques sont mieux documentés que ceux qui concernent les communautés bactériennes. Les auteurs décrivent les effets bactériens comme un domaine encore ouvert et signalent de fortes inégalités géographiques dans la surveillance.

    Du chiffre au suivi individuel

    A lone person walks down an abandoned railway track in a winter landscape, surrounded by bare trees.
    Photo de Володимир Олейніков sur Pexels.

    Le chiffre le plus utile pour une personne n’est pas le total national. Ce sont ses symptômes, les troubles associés, son état de santé général, ses objectifs de traitement et le degré de gêne dans la vie quotidienne. L’anxiété et la dépression peuvent coexister, mais leur prise en charge dépend de l’ensemble du tableau.

    Une insuffisance cardiaque ou un autre traitement modifie la surveillance à prévoir. Le médecin doit disposer de ces informations avant de choisir une molécule et les réévaluer si des symptômes apparaissent après une modification du traitement.

    Le suivi porte sur la réponse au traitement et sur ses effets indésirables. Une amélioration partielle ne conduit pas automatiquement à augmenter la dose. Elle peut amener à réexaminer la molécule, la durée du traitement ou l’association avec une psychothérapie.

    Les médicaments peuvent être associés à une thérapie selon les symptômes, la gravité du trouble et les préférences de la personne. Cette approche évite de demander à une seule prescription de répondre à toutes les difficultés rencontrées.

    Les études de 2025 et 2026 dessinent une ligne précise. Les antidépresseurs suivent une trajectoire différente de celle des anxiolytiques et des hypnotiques, l’insuffisance cardiaque impose une surveillance particulière et les résidus médicamenteux posent une question environnementale. Aucun de ces résultats ne transforme une moyenne en diagnostic individuel.

    Une moyenne ne remplace pas un suivi.

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    31. Mighty Mental Health Editorial Team. What Are the Top 10 Medications for Anxiety and Depression?. 2025.
    Table des matières afficher
    1 Le volume monte, mais une ordonnance n’est pas une personne
    2 Avec l’insuffisance cardiaque, le choix se resserre
    3 Après la prise, les molécules rejoignent les eaux
    4 Du chiffre au suivi individuel

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