Un entraînement cognitif peut améliorer la vitesse de marche lorsqu’une personne âgée doit réfléchir en avançant. Le même entraînement ne modifie pas forcément sa vitesse de marche ordinaire ni son équilibre.
En apparence, la forme mentale ressemble à une affaire de mémoire, d’attention et de jeux cérébraux.
En réalité, les publications parues en 2026 relient cognition, mouvement, autonomie, humeur et habitudes quotidiennes sans les confondre.
La question utile n’est donc pas seulement « comment faire travailler son cerveau? », mais « dans quelle situation ce travail devient-il utile? »
L’entraînement seul ne suffit pas.
Le cerveau ne marche jamais tout à fait seul

Une méta-analyse publiée dans JMIR Aging le 29 juillet 2026 a examiné 14 études consacrées à un entraînement cognitif pur chez des adultes âgés. Le protocole devait rester strictement non physique : les participants pratiquaient des tâches cognitives guidées, sans exercice corporel intégré.
Les chercheurs ont distingué deux situations. En condition simple, la personne marche sans autre tâche. En double tâche, elle marche tout en répondant à une consigne cognitive. Cette seconde situation ressemble à plusieurs scènes ordinaires : converser en se déplaçant, suivre une indication tout en évitant un obstacle ou garder une information en tête pendant un trajet.
Le résultat est précis. Chez 376 participants issus des études de meilleure qualité, l’entraînement cognitif a amélioré la vitesse de marche en double tâche, avec une différence standardisée de 0,39 et un intervalle de confiance à 95 % compris entre 0,04 et 0,75. En revanche, l’effet n’était pas significatif sur la vitesse de marche en condition simple, évaluée chez 506 participants.
La revue n’a pas non plus détecté d’amélioration significative de la mobilité fonctionnelle, mesurée chez 566 participants, ni de l’équilibre, mesuré chez 139 participants. Le niveau de certitude était modéré pour les deux résultats de marche, faible pour la mobilité fonctionnelle et très faible pour l’équilibre.
Cette distinction évite une promesse trop large. Un programme d’exercices mentaux ne devient pas automatiquement un programme d’équilibre. Il peut entraîner la planification, l’inhibition ou la flexibilité mentale, puis améliorer une tâche motrice qui mobilise ces fonctions. Cela ne permet pas d’affirmer qu’il réduit les chutes ou restaure la mobilité dans toutes les situations.
Le dosage dépend de la tâche
Le protocole associé au résultat positif ciblait les fonctions exécutives. Il reposait sur des séances de 40 à 60 minutes, deux à trois fois par semaine, pendant huit à dix semaines. Ce calendrier fournit un repère pour organiser une intervention ou discuter d’un programme avec un professionnel. Il ne constitue pas une ordonnance applicable à chaque âge, chaque diagnostic ou chaque niveau de fatigue.
La forme mentale prend ici un sens concret : améliorer une fonction précise, dans une situation précise, avec une durée assez longue pour observer un changement. Faire dix minutes de mots croisés une fois par mois peut distraire. Cela ne correspond pas au protocole étudié.
La réalité virtuelle quitte le simple jeu
Chez les adultes de 60 ans et plus présentant un trouble cognitif léger, la réalité virtuelle ajoute une dimension différente. Elle place la personne dans un environnement simulé, parfois immersif avec un casque, parfois affiché sur un écran classique. Les tâches peuvent reproduire des situations qui demandent de mémoriser, de s’orienter, de planifier ou d’organiser une action.
Une revue systématique publiée dans Geriatrics & Gerontology International en juin 2026 a retenu huit essais randomisés menés entre 2020 et 2025. Les interventions étaient associées au maintien ou à une moindre diminution de certaines capacités, notamment les fonctions exécutives, la mémoire et les aptitudes visuospatiales. L’adhésion était généralement élevée. Les effets indésirables rapportés restaient peu fréquents et légers, surtout des vertiges ou une fatigue visuelle. Aucun événement grave n’a été rapporté dans cette synthèse.
Une autre revue systématique avec méta-analyse, publiée dans Frontiers in Neurology en 2026, a inclus 19 essais randomisés portant sur des personnes âgées avec un trouble cognitif léger. Les analyses groupées rapportaient des améliorations de la performance cognitive, des activités instrumentales de la vie quotidienne et des symptômes dépressifs. Ces activités désignent les tâches qui demandent de planifier et de s’organiser pour rester autonome.
Les deux publications n’ont pas le même périmètre. La première a retenu huit essais en anglais publiés entre 2020 et 2025 et a réalisé une synthèse narrative. La seconde a recherché les essais dans sept bases de données jusqu’en mars 2026 et a effectué des analyses groupées. Dans cette seconde revue, l’hétérogénéité des programmes, le risque de biais variable et un niveau de certitude modéré appellent à la prudence.
Un casque ne transforme donc pas une séance en traitement validé pour tout le monde. Le contenu, la durée, le degré d’immersion, la capacité à utiliser l’équipement et l’objectif cognitif comptent autant que l’effet de nouveauté.
Une forme mentale qui se construit hors écran

Les résultats sur l’entraînement cognitif ne disent pas que toute stimulation doit passer par une application ou un casque. Ils invitent à relier l’exercice à une activité concrète. Retenir une consigne puis l’appliquer pendant un déplacement ne mobilise pas exactement la même chose qu’un exercice effectué immobile devant une feuille.
La marche quotidienne peut devenir un rendez-vous à heure fixe, avec une durée réaliste et compatible avec l’état de santé de la personne. Il vaut mieux l’utiliser comme une habitude observable que lui attribuer une capacité thérapeutique non démontrée par ces études. Énergie, humeur, attention, sommeil et facilité à maintenir la routine peuvent être notés au fil des semaines.
L’alimentation peut suivre la même logique. Ajouter des légumes à un repas ne demande pas de supprimer tout aliment apprécié ni de viser une perfection alimentaire. Une modification praticable a plus de chances de durer qu’une règle si stricte qu’elle disparaît au bout de quatre jours. Lorsqu’une personne est suivie pour une dépression, un trouble bipolaire ou un autre problème de santé mentale, ces habitudes accompagnent les soins et ne les remplacent pas.
Les conversations, l’apprentissage d’une compétence et l’engagement dans une activité qui a du sens fournissent aussi des occasions de mobiliser l’attention et la mémoire. Leur intérêt dépend de la répétition, du niveau de difficulté et de la raison que la personne trouve de continuer.
Construire une routine qui mesure quelque chose

Une routine de forme mentale peut rester simple, à condition de savoir ce qu’elle cherche à entraîner. La procédure suivante reprend les repères les plus concrets des travaux récents sans les présenter comme une prescription universelle :
- Choisir une fonction. Mémoire de travail, attention, planification et flexibilité mentale ne désignent pas la même capacité. Un objectif vague rend le progrès difficile à vérifier.
- Fixer un rythme. Pour un entraînement ciblant les fonctions exécutives, le repère étudié est de 40 à 60 minutes, deux à trois fois par semaine, pendant huit à dix semaines.
- Ajouter une situation réelle. Après une tâche cognitive, on peut appliquer une consigne pendant une marche accompagnée ou organiser une activité quotidienne qui demande plusieurs étapes. La sécurité passe avant la difficulté.
- Suivre la tolérance. Fatigue, frustration, vertiges, découragement et abandon donnent des informations sur le dosage. Un programme trop difficile entraîne surtout une rupture de pratique.
Les données publiées en 2026 soutiennent donc un effet ciblé sur la marche en double tâche et suggèrent des bénéfices possibles de la réalité virtuelle chez certaines personnes avec un trouble cognitif léger. Elles ne permettent pas encore de fixer la durée des effets, le programme le mieux adapté ou le transfert de ces résultats dans toutes les activités quotidiennes.
Une routine sûre vaut mieux qu’un exploit.
Sources et références scientifiques
- Li X, Chan YL, Liang G, Lau CH, Lam TYY, Lam CH, Chan TW, Cheung HK, Chan WLS, Hsu CL, Lam FMH.. Effects of Pure Cognitive Training on Gait and Balance in Older Adults: Systematic Review and Meta-Analysis.. JMIR aging. 2026. DOI: 10.2196/85070 · PMID: 42525971. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
- Virtual Reality-Based Cognitive Training to Prevent Cognitive Decline in Older Adults With Mild Cognitive Impairment: A Systematic Review of Randomized Controlled Trials – PMC. Geriatrics & gerontology international. DOI: 10.1111/ggi.70586 · PMID: 42252281.
- 1. WHO, Ageing and Health (World Health Organization, 2024). [Google Scholar].
- 2. Badan Pusat Statistik, “Statistik Penduduk Lanjut Usia,” 2024..
- 3. Absor M. U., McDonald P., Utomo A., and Houle B., “Care Arrangements of Older Persons in Rural Indonesia: A Study of Six Villages,” Asian Population Studies 20, no. 3 (2024): 245-267, 10.1080/17441730.2023.2193520. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1080/17441730.2023.2193520.
- 4. Widyastuti R. H., Sahar J., Rekawati E., and Kekalih A., “Barriers and Support for Family Caregivers in Caring for Older Adults With Dementia: A Qualitative Study in Indonesia,” Nurse Media Journal of Nursing 13, no. 2 (2023): 188-201, 10.14710/nmjn.v13i2.55729. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.14710/nmjn.v13i2.55729.
- 5. Chen P., Cai H., Bai W., et al., “Correction to: Global Prevalence of Mild Cognitive Impairment Among Older Adults Living in Nursing Homes: A Meta‐Analysis and Systematic Review of Epidemiological Surveys,” Translational Psychiatry 13, no. 1 (2023): 104, 10.1038/s41398-023-02408-3. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1038/s41398-023-02408-3.
- 6. Fagundes D. F., Costa M. T., Alves B. B. d. S., et al., “Prevalence of Dementia in Long‐Term Care Institutions: A Meta‐Analysis,” Jornal Brasileiro de Psiquiatria 70, no. 1 (2021): 59-67, 10.1590/0047-2085000000298. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1590/0047-2085000000298.
- 7. Kao Y.‐H., Hsu C.‐C., and Yang Y.‐H., “A Nationwide Survey of Dementia Prevalence in Long‐Term Care Facilities in Taiwan,” Journal of Clinical Medicine 11, no. 6 (2022): 1554, 10.3390/jcm11061554. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3390/jcm11061554.
- 8. Mendonça A. R., Loureiro L. M., Nórte C. E., and Landeira‐Fernandez J., “Episodic Memory Training in Elderly: A Systematic Review,” Frontiers in Psychology 13 (2022): 947519, 10.3389/fpsyg.2022.947519. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3389/fpsyg.2022.947519.
- 9. Velloso V., Latgé‐Tovar S., Bomilcar I., and Mograbi D. C., “Cognitive Interventions for Healthy Older Adults: A Systematic Meta‐Review,” International Journal of Clinical and Health Psychology 25, no. 1 (2025): 100538, 10.1016/j.ijchp.2024.100538. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.ijchp.2024.100538.
- 10. Yang Q., Zhang L., Chang F., Yang H., Chen B., and Liu Z., “Virtual Reality Interventions for Older Adults With Mild Cognitive Impairment: Systematic Review and Meta‐Analysis of Randomized Controlled Trials,” Journal of Medical Internet Research 27 (2025): e59195, 10.2196/59195. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.2196/59195.
- 11. Oliveira J., Gamito P., Souto T., et al., “Virtual Reality‐Based Cognitive Stimulation on People With Mild to Moderate Dementia due to Alzheimer's Disease: A Pilot Randomized Controlled Trial,” International Journal of Environmental Research and Public Health 18, no. 10 (2021): 5290, 10.3390/ijerph18105290. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3390/ijerph18105290.
- 12. Kang J. M., Kim N., Lee S. Y., et al., “Effect of Cognitive Training in Fully Immersive Virtual Reality on Visuospatial Function and Frontal‐Occipital Functional Connectivity in Predementia: Randomized Controlled Trial,” Journal of Medical Internet Research 23, no. 5 (2021): e24526, 10.2196/24526. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.2196/24526.
- Effects of virtual reality-based cognitive training on cognitive function, instrumental activities of daily living, and depressive symptoms in older people with mild cognitive impairment: a systematic review with meta-analysis of randomized controlled trials – PMC. Frontiers in neurology. DOI: 10.3389/fneur.2026.1728495 · PMID: 42051762.
- 1.World Health Organization. Ageing and health World Health Organization (2024). Available online at: (Accessed September 4, 2025)..
- 2.Pan American Health Organization. Life expectancy and disease burden in older people in the Region of the Americas Pan American Health Organization (2023). Available online at: (Accessed September 4, 2025)..
- 3.World Health Organization. Mental health of older adults World Health Organization (2023). Available online at: (Accessed September 4, 2025)..
- 4.González F, Buonanotte F, Cáceres M. Del deterioro cognitivo leve al trastorno neurocognitivo menor: avances en torno al constructo. Neurol Argent. (2015) 7:51-8. doi: 10.1016/j.neuarg.2014.08.004 [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.neuarg.2014.08.004.
- 5.American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of mental Disorders. 5th ed., text rev. (DSM-5-TR) ed. Washington, DC: American Psychiatric Publishing; (2022). [Google Scholar].
- 6.Hortobágyi T, Vetrovsky T, Balbim GM, Sorte Silva NCB, Manca A, Deriu F, et al. The impact of aerobic and resistance training intensity on markers of neuroplasticity in health and disease. Ageing Res Rev. (2022) 80:101698. doi: 10.1016/j.arr.2022.101698, [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.arr.2022.101698.
- alfont G, Milligan C, Simpson J. A mixed-methods systematic review of multimodal non-pharmacological interventions to improve cognition for people with dementia. Dementia. (2020) 19:1086-130. doi: 10.1177/1471301218795289, [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1177/1471301218795289.
- 8.Saraei T, Schrenk S, Puta C, Herbsleb M, Witte OW, Frahm C, et al. Physical activity and BrainAGE: exploring the impact on brain health and plasticity in older adults. Hum Brain Mapp. (2025) 46:e70378. doi: 10.1002/hbm.70378, [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1002/hbm.70378.
- 9.Gómez I, Iguacel I, Aguilar A, Peralta P, Latorre E, Cuenca J, et al. Cognitive stimulation and cognitive results in older adults: a systematic review and meta-analysis. Arch Gerontol Geriatr. (2022) 104:104807. doi: 10.1016/j.archger.2022.104807 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.archger.2022.104807.
- 10.Vásquez-Carrasco E, Gómez CS, Valdés-Badilla P, Hernandez-Martinez J, Villagrán-Silva F, Aravena-Sagardia P, et al. Effectiveness of combined cognitive stimulation and physical activity interventions on ADL, cognitive, and physical function in older people with mild cognitive impairment: a systematic review with meta-analysis. J Clin Med. (2025) 14:2261. doi: 10.3390/jcm14072261, [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3390/jcm14072261.
- 11.Tortora C, Di Crosta A, La Malva P, Prete G, Ceccato I, Mammarella N, et al. Virtual reality and cognitive rehabilitation for older adults with mild cognitive impairment: a systematic review. Ageing Res Rev. (2024) 93:102146. doi: 10.1016/j.arr.2023.102146, [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.arr.2023.102146.
- 12.Gómez I, Iguacel I, Cuenca J, Aguilar A, Peralta P, Latorre E, et al. Cognitive stimulation and psychosocial results in older adults: a systematic review and meta-analysis. Arch Gerontol Geriatr. (2023) 115:105114. doi: 10.1016/j.archger.2023.105114 [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.archger.2023.105114.
- Podcast: Mental Fitness: Daily Hacks That Strengthen Your Mind.
- Mental Fitness: Daily Hacks That Strengthen Your Mind – Inside Mental Health | iHeart.
