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    Accueil » La honte en santé mentale : quand elle isole et retarde la demande d’aide
    Two people sharing a reflective moment, captured through a mirror in an intimate setting.
    Photo de Ketut Subiyanto sur Pexels.
    Blog sur la psychologie positive

    La honte en santé mentale : quand elle isole et retarde la demande d’aide

    MarinePar Marine11 août 2026Mise à jour:11 août 2026Aucun commentaire10 Minutes de Lecture

    En apparence, une personne qui évite son travail, ses proches ou un rendez-vous médical semble manquer de volonté. Un symptôme visible, une maladie chronique ou une souffrance psychique peuvent pourtant faire naître une peur précise : être regardé, réduit à son diagnostic, jugé incapable ou tenu responsable de ce qui arrive.

    La honte transforme une difficulté en verdict sur soi.
    La stigmatisation ajoute le regard social, réel ou anticipé, à cette blessure intérieure.
    Quand les deux se renforcent, demander de l’aide ressemble à une exposition.

    La honte ne soigne personne.

    La honte parle de soi, le stigmate parle du regard social

    Black and white image of two people on a balcony, creating a moody atmosphere.
    Photo de edibe saraç sur Pexels.

    La honte touche l’image que la personne a d’elle-même. Elle ne se limite pas au constat d’un symptôme ou d’une difficulté : elle peut faire croire que ce qui arrive révèle une insuffisance personnelle. Dans les situations de santé mentale ou de maladie chronique, cette émotion favorise la dissimulation, l’évitement et le retrait social.

    La stigmatisation renvoie à la dévalorisation ou à la discrimination associée à un état de santé. Elle peut prendre la forme d’une remarque directe, d’un refus, d’un regard insistant ou d’une anticipation. Une personne qui s’attend à être jugée peut modifier sa façon de parler, limiter ses sorties ou renoncer à expliquer ses symptômes. Le regard des autres finit alors par s’installer à l’intérieur.

    Cette distinction change la réponse à apporter. Dire à quelqu’un de ne pas avoir honte ne suffit pas s’il redoute de perdre son emploi, d’inquiéter ses enfants ou d’être traité différemment. Il faut d’abord reconnaître la situation redoutée, puis chercher avec lui une action précise.

    Quand le symptôme se voit avant la personne

    A woman with pink hair applies a facial mask in front of a mirror in a stylish room.
    Photo de Tima Miroshnichenko sur Pexels.

    La dyskinésie tardive illustre cette difficulté. Il s’agit d’un trouble des mouvements involontaires qui peuvent toucher le visage, la bouche, le tronc ou les membres. Les autres peuvent remarquer ces mouvements avant même que la personne ait le temps d’expliquer ce qui lui arrive.

    La gêne ne vient donc pas du mouvement seul. Une personne peut craindre de parler devant une classe, de participer à une réunion, de rencontrer quelqu’un ou de se regarder dans un miroir. Elle peut aussi hésiter à signaler les premiers signes, par peur d’être cataloguée ou de voir ses soins remis en question.

    Cette réaction ne signifie pas qu’elle refuse l’aide. Le soin peut être devenu associé à une menace sociale : un mouvement visible attire l’attention, rappelle le diagnostic et rend publique une expérience que la personne voudrait garder privée.

    En cas de mouvement nouveau ou gênant, il faut en parler au professionnel de santé qui suit la personne. Une modification de traitement ne se décide pas seul.

    Un symptôme ne prouve aucune faute

    La honte fait parfois glisser une observation médicale vers une accusation personnelle : je bouge, donc je suis ridicule; je souffre, donc je suis faible. Cette conclusion n’est pas un fait. Décrire précisément le symptôme et son contexte aide à sortir de ce raccourci.

    Ce que montre l’étude menée auprès de personnes atteintes de SEP

    Un article scientifique publié en 2026 dans Behavioral Sciences a étudié les liens entre maltraitance émotionnelle, honte intériorisée, stigmatisation perçue et détresse psychologique chez 171 personnes ayant un diagnostic de sclérose en plaques. L’échantillon comprenait 85 % de femmes, avec un âge moyen de 30,04 ans. Les participants ont rempli des questionnaires validés et les chercheurs ont utilisé un modèle d’équations structurelles pour examiner les relations entre ces variables.

    Des associations, pas une preuve de causalité

    Les résultats montrent une association entre la maltraitance émotionnelle et la honte intériorisée. Cette honte était elle-même associée à la détresse psychologique, qui regroupait des symptômes de dépression, d’anxiété et de stress. La stigmatisation perçue était également liée à cette détresse. L’étude relevait enfin des effets indirects entre la maltraitance émotionnelle et la détresse, notamment par la honte intériorisée et la stigmatisation.

    Ces résultats ne prouvent pas qu’un facteur cause mécaniquement l’autre. Ils indiquent que l’histoire relationnelle, l’image de soi et le regard social peuvent être liés dans l’expérience psychologique de la maladie. La honte ne constitue donc pas un défaut de caractère à corriger par la force. Elle peut s’inscrire dans des expériences de rejet ou dans la manière dont des symptômes visibles sont vécus.

    Le syndrome de Diogène casse une idée reçue

    A cluttered home library filled with books, papers, and framed artwork by a window.
    Photo de Gül Işık sur Pexels.

    La honte n’apparaît pas dans toutes les situations de négligence. Un article de cas publié le 6 novembre 2017 dans Neuropsychological Rehabilitation par Ashworth, Rose et Wilson examine une personne désignée par les initiales TD, dans le cadre du syndrome de Diogène. Ce syndrome est associé à une négligence extrême de soi, à un logement très dégradé, à l’accumulation, au retrait social et à une faible préoccupation pour les conditions de vie.

    TD avait des difficultés à reconnaître les expressions émotionnelles de dégoût et des difficultés perceptives liées à la reconnaissance des visages. L’évaluation relevait aussi un dysfonctionnement exécutif, des difficultés dans le traitement olfactif et certains aspects de la conscience des sensations internes. La sensibilité au dégoût n’était pas diminuée. La personne était peu consciente de ses conditions de vie et ne manifestait pas de honte.

    Le cas ne permet pas de réduire la situation à une cause psychologique ou neurologique. Les auteurs indiquent que les deux dimensions peuvent intervenir et que les mécanismes demandent encore des recherches. Cette observation rappelle une limite utile : l’absence de honte ne signifie pas automatiquement l’absence de difficulté, et la honte n’explique pas à elle seule un comportement de retrait ou de négligence.

    Desserrer la honte, une étape après l’autre

    African American man multitasking, talking on phone and writing notes indoors.
    Photo de Zen Chung sur Pexels.

    La honte se nourrit des formulations globales : je suis bizarre, je suis ingérable, tout le monde va le voir. Pour la rendre plus maniable, il faut revenir à des faits observables et à une demande précise. L’émotion ne disparaît pas, mais elle cesse de décider seule de la suite.

    1. Décrire ce qui se passe. Notez le symptôme, le moment où il apparaît, les situations qui l’aggravent et la réaction des autres. Une bouche qui bouge involontairement, une fatigue qui empêche une sortie ou une peur avant un rendez-vous sont des observations. Elles ne résument pas une identité.
    2. Nommer la crainte exacte. Est-ce la peur d’être observé, de perdre sa place, d’inquiéter un proche ou d’entendre une remarque humiliante? Une crainte formulée devient plus facile à discuter qu’un malaise indistinct.
    3. Choisir une personne sûre. Il n’est pas nécessaire de raconter toute son histoire à tout le monde. Un proche, un médecin, un psychologue ou un psychiatre peut recevoir une première phrase simple : je remarque ce symptôme et j’évite certaines situations par peur du regard des autres.
    4. Demander une réponse concrète. Demandez ce qui relève du symptôme, quelles options existent et comment préparer une situation sociale ou professionnelle. Une question précise redonne une place à l’action, sans exiger de se sentir courageux avant de parler.

    Commencer par une seule conversation

    Le premier échange n’a pas besoin d’être parfaitement formulé. Une phrase écrite sur le téléphone, un message envoyé avant le rendez-vous ou un proche présent dans la salle peuvent réduire la charge du moment. Un premier échange peut rester bref.

    Les proches peuvent réduire le regard qui blesse

    A choir in red robes performs in a church with attentive parishioners listening intently.
    Photo de Pavel Danilyuk sur Pexels.

    Un proche aide davantage lorsqu’il demande avant d’intervenir. Fixer un mouvement, imiter une expression, multiplier les questions ou promettre que personne ne remarque rien peut augmenter la gêne. Une phrase comme « Je vois que cette situation te pèse. Veux-tu que je reste avec toi? » laisse à la personne le choix de répondre et de définir son besoin.

    Le soutien ne consiste pas à nier le symptôme. Il consiste à séparer la personne de ce qui lui arrive, puis à l’aider à garder une place dans la relation, la famille ou le travail. Un soutien régulier, une écoute sans moquerie et une aide adaptée répondent mieux à la honte qu’un optimisme automatique.

    Une phrase rassurante ne suffit pas toujours. La honte perd du terrain lorsque l’expérience est nommée, accueillie et reliée à une décision concrète. Le regard des autres ne disparaît pas forcément, mais la personne peut reprendre une part de contrôle sur ce qu’elle choisit de dire et sur l’aide qu’elle demande.

    Demander de l’aide commence par un fait précis.

    Sources et références scientifiques
    1. Ashworth F, Rose A, Wilson BA.. TD: The case of Diogenes Syndrome-deficit or denial?. Neuropsychological rehabilitation. 2017. DOI: 10.1080/09602011.2017.1391104 · PMID: 29108463. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
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    15. Podcast: Pop Legend Carnie Wilson on Shame, Stigma, and Tardive Dyskin.
    16. Pop Legend Carnie Wilson on Shame, Stigma, and Tardive Dyskinesia – PodcastHealth.
    17. Pop Legend Carnie Wilson on Shame, Stigma, and Tardive Dyskinesia – Inside Mental Health | iHeart.
    18. Pop Legend Carnie Wilson on Shame, Stigma, and Tardive Dyskinesia – Inside Mental Health – Podcast – Podtail.
    19. Inside Mental Health – Pop Legend Carnie Wilson on Shame.
    Table des matières afficher
    1 La honte parle de soi, le stigmate parle du regard social
    2 Quand le symptôme se voit avant la personne
    3 Ce que montre l’étude menée auprès de personnes atteintes de SEP
    4 Le syndrome de Diogène casse une idée reçue
    5 Desserrer la honte, une étape après l’autre
    6 Les proches peuvent réduire le regard qui blesse

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