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    Accueil » Comment notre cerveau construit le sentiment de contrôler nos actions
    Vers une psychologie de l’agentivité humaine
    Cognition

    Comment notre cerveau construit le sentiment de contrôler nos actions

    MarinePar Marine20 janvier 2025Mise à jour:14 février 2026Aucun commentaire10 Minutes de Lecture

    Chaque matin, vous décidez de vous lever, de préparer votre café, de choisir vos vêtements. Ces gestes paraissent anodins, pourtant ils révèlent une capacité cognitive fascinante : l’agentivité, ce sentiment profond d’être à l’origine de nos actes et d’influencer notre environnement. Des recherches en neurosciences fonctionnelles ont identifié deux régions cérébrales majeures impliquées dans cette expérience : le cortex insulaire et le cortex pariétal inférieur droit, dont l’activation module notre perception d’être l’auteur de nos actions. Loin d’être une simple illusion, cette capacité repose sur des mécanismes cognitifs complexes qui orchestrent notre rapport au monde.

    L’architecture cognitive du contrôle volontaire

    L’agentivité humaine s’appuie sur trois piliers cognitifs interdépendants qui transforment nos pensées en actions concrètes. Le premier de ces piliers, l’intentionnalité, désigne notre faculté à former des projets mentaux avant d’agir. Une personne qui visualise mentalement les étapes d’un déménagement mobilise cette capacité prédictive. La recherche en sciences cognitives a démontré que cette projection dans l’avenir active des réseaux neuronaux spécifiques liés à la simulation mentale.

    L’autorégulation constitue le deuxième mécanisme fondamental. Elle permet de moduler nos impulsions et de maintenir le cap vers nos objectifs malgré les distractions. Un professionnel qui refuse une sortie pour terminer un dossier urgent exerce ce contrôle cognitif. Les travaux menés sur des enfants de quatre ans ont révélé que la flexibilité mentale et le fonctionnement exécutif prédisent les capacités métacognitives, posant ainsi les bases de l’autorégulation dès le plus jeune âge.

    La métacognition comme miroir de nos processus mentaux

    La troisième dimension, la métacognition, représente notre capacité à observer nos propres pensées. Ce retour réflexif nous permet d’évaluer nos stratégies et de les ajuster. Un étudiant qui identifie pourquoi sa méthode de révision échoue et la modifie active ce processus d’auto-observation. Des études en neuroimagerie ont montré que cette surveillance cognitive implique des régions cérébrales distinctes de celles mobilisées pour l’action elle-même.

    Les racines neuronales du sentiment d’être agent

    Le sentiment d’agentivité ne naît pas du hasard. Il émerge d’une comparaison permanente entre ce que notre cerveau anticipe et ce qui se produit réellement. Ce modèle, appelé modèle du comparateur, suggère que notre cerveau prédit en permanence les conséquences sensorielles de nos actions. Lorsqu’une personne attrape un objet, son cerveau a déjà calculé le poids attendu, la texture probable, le retour visuel. L’écart entre cette prédiction et la réalité détermine l’intensité du sentiment de contrôle.

    Les travaux en neurosciences ont révélé que ce processus mobilise le gyrus angulaire, une région pariétale qui surveille les désaccords entre intentions et résultats. Des recherches récentes ont adapté un paradigme expérimental pour l’imagerie fonctionnelle, démontrant que cette zone calcule non seulement l’agentivité rétrospectivement, mais aussi prospectivement, en surveillant les processus de sélection de l’action avant même leur exécution. Cette découverte bouleverse la compréhension classique : le sentiment de contrôle commence avant l’acte lui-même.

    Quand le cerveau perd la trace de ses actions

    L’étude de pathologies révèle l’importance de ces mécanismes. Les patients atteints de schizophrénie présentant des symptômes positifs attribuent parfois leurs propres actions à des agents extérieurs. Ces observations cliniques suggèrent que le dysfonctionnement ne réside pas dans la simple perception de l’action, mais à un niveau plus central concernant la prise de décision. Le cortex insulaire et le cortex pariétal inférieur droit, normalement synchronisés chez les personnes saines, montrent des patterns d’activation altérés chez ces patients.

    L’auto-efficacité comme carburant de l’action

    Albert Bandura a identifié un moteur psychologique central de l’agentivité : l’auto-efficacité, cette conviction personnelle de pouvoir accomplir une tâche. Contrairement à l’estime de soi globale, elle concerne des domaines précis. Un enseignant peut se sentir très efficace en classe mais démuni face à la technologie. Cette croyance influence radicalement nos comportements : ceux qui se sentent capables abordent les défis comme des opportunités, tandis que ceux qui doutent amplifient mentalement les obstacles.

    Bandura a identifié quatre sources qui alimentent l’auto-efficacité. Les expériences de maîtrise constituent la plus puissante : chaque succès renforce la confiance. Des recherches empiriques ont confirmé que l’expérience de maîtrise mérite la plus grande importance parmi les quatre sources théorisées. L’observation d’autrui réussir une tâche similaire, la persuasion verbale par des tiers crédibles, et la gestion de ses états physiologiques complètent ce tableau. Un marathonien qui contrôle son anxiété pré-course augmente son sentiment de capacité.

    La puissance des objectifs proximaux

    La recherche a démontré que fractionner un objectif ambitieux en sous-étapes accessibles multiplie les occasions de succès. Ces victoires répétées construisent progressivement la confiance. Une étude menée par Bandura et Schunk a révélé que ces petites réussites fréquentes renforcent significativement la croyance en ses capacités, même face aux revers ultérieurs. Cette stratégie transforme un projet intimidant en parcours jalonné d’accomplissements tangibles.

    Le développement progressif du contrôle volontaire

    L’agentivité ne surgit pas spontanément. Elle se construit dès les premiers mois, lorsqu’un nourrisson découvre qu’agiter ses bras fait bouger un mobile suspendu. Cette découverte primitive de la causalité marque le début d’une longue maturation. Le bébé expérimente alors une forme rudimentaire de pouvoir sur son environnement, posant les fondations cognitives de capacités plus sophistiquées.

    Chez les enfants de quatre ans, la capacité à fixer des buts et à s’engager stratégiquement reste particulièrement difficile. Leurs capacités cognitives d’interprétation des indices environnementaux sont en plein développement. Des études expérimentales ont testé l’effet d’un entraînement à deux stratégies d’auto-identification des indices : le pointage et la verbalisation. Cinquante-huit enfants de quatre ans y ont participé, révélant que la flexibilité cognitive et la métacognition impactent directement leur capacité à fixer des buts, même dans des tâches de transfert.

    L’adolescence, laboratoire de l’autonomie

    L’adolescence représente une période charnière. Le développement du raisonnement abstrait permet d’envisager des scénarios hypothétiques et de planifier à plus long terme. Un adolescent qui négocie ses responsabilités familiales ou choisit ses activités parascolaires exerce une agentivité croissante. Cette autonomisation progressive s’accompagne d’une confrontation directe aux conséquences de ses choix, renforçant la boucle apprentissage-ajustement caractéristique de la métacognition mature.

    Planification et fonctions exécutives au cœur de l’action

    La planification constitue la capacité d’élaborer mentalement une marche à suivre pour atteindre un objectif. Elle décompose une tâche complexe en étapes réalisables, évalue le temps nécessaire et identifie les ressources requises. Pour qu’une planification soit efficace, trois habiletés sous-jacentes doivent opérer de concert : la priorisation des tâches, la gestion temporelle et la prise de décision rationnelle.

    Ces capacités relèvent des fonctions exécutives, cet ensemble de processus cognitifs supérieurs qui organisent nos comportements vers un but. La théoricienne Adele Diamond a démontré que l’efficacité du fonctionnement exécutif dépend de trois fonctions fondamentales : l’inhibition, la mémoire de travail et la flexibilité cognitive. Ces fonctions suivent des trajectoires développementales distinctes, maturant à des rythmes différents. La flexibilité mentale, définie comme la capacité d’adapter pensées et comportements aux changements, pourrait être particulièrement impliquée dans la fixation des buts, ceux-ci étant régulièrement réévalués pendant l’exécution d’une tâche.

    L’intégration des signaux contextuels

    Le sentiment d’agentivité ne repose pas uniquement sur des informations sensorimotrices. Des recherches ont confirmé qu’il intègre également des indices externes comme les amorçages subliminaux ou le contexte social. Une personne agissant en groupe perçoit différemment son rôle causal qu’en situation individuelle. Cette sensibilité contextuelle explique pourquoi le sentiment de contrôle varie selon les environnements sociaux, même pour des actions identiques.

    Les multiples visages de l’agentivité humaine

    L’agentivité se déploie selon plusieurs modalités. L’agentivité individuelle désigne le contrôle direct qu’une personne exerce sur ses propres décisions. Quelqu’un qui modifie radicalement son alimentation pour des raisons de santé manifeste cette forme directe. L’agentivité par procuration intervient lorsqu’on influence des tiers possédant ressources ou autorité. Un citoyen sollicitant son élu pour défendre une cause mobilise cette forme indirecte de pouvoir d’action.

    L’agentivité collective émerge quand des individus coordonnent leurs efforts vers un objectif commun. Les projets collaboratifs de financement participatif illustrent cette dimension sociale du contrôle. Des recherches menées par l’Agence Nationale de la Recherche ont exploré les mécanismes cognitifs sous-jacents au sens de l’agentivité dans l’action collective, testant spécifiquement le rôle des processus de coordination de bas niveau dans les actions conjointes. Ces travaux révèlent que les mécanismes cognitifs de l’action individuelle et collective présentent à la fois des similitudes et des différences fondamentales.

    La dimension morale de nos choix

    L’agentivité morale concerne notre capacité à prendre des décisions éthiques malgré les pressions ou les coûts personnels. Un lanceur d’alerte qui révèle des pratiques douteuses exerce cette forme d’agentivité, assumant pleinement la responsabilité morale de ses actes. Cette dimension implique un raisonnement éthique sophistiqué, une conscience aiguë des implications de nos actions, et parfois le courage de contredire les normes établies.

    L’apprentissage autorégulé chez l’enfant

    Le modèle MASRL proposé par Efklides met l’accent sur les performances pendant l’exécution d’une tâche, envisageant les processus par lesquels l’autorégulation s’améliore avec le développement. Cette perspective dynamique contraste avec des approches plus statiques. Une étude portant sur cent quarante enfants de cinq à sept ans a testé l’implication de la flexibilité cognitive sur leur capacité à transférer des stratégies mnésiques comme l’autorépétition ou le groupement catégoriel lors de l’encodage et du rappel.

    Les résultats ont éclairé les relations entre flexibilité, métacognition et autorégulation. La flexibilité et le fonctionnement exécutif global prédisent la métacognition chez les jeunes enfants, suggérant que ces fonctions constituent des précurseurs de l’autorégulation des apprentissages. Un enfant qui pointe du doigt les éléments pertinents d’un puzzle ou verbalise sa stratégie active consciemment ces processus métacognitifs, améliorant sa capacité à fixer des buts appropriés et à les atteindre.

    Des processus de sélection antérieurs à l’action

    Une découverte majeure concerne le moment où naît le sentiment d’agentivité. Des travaux récents suggèrent qu’il dépend fortement des processus de sélection de l’action survenant avant l’acte lui-même. Un sentiment d’agentivité fort serait associé à une sélection d’action fluide et sans conflit. À l’inverse, un conflit entre alternatives possibles, comme celui provoqué par un amorçage subliminal incompatible, peut réduire le sentiment de contrôle sur les résultats de l’action.

    Ces résultats portent des implications cognitives importantes. Ils indiquent que notre expérience subjective de causer un effet se construit en amont, pendant la phase délibérative. Cette anticipation du contrôle module ensuite notre perception des conséquences. Le cerveau ne réagit pas passivement aux résultats : il prédit, compare, ajuste en temps réel son sentiment de maîtrise selon la cohérence entre intention et réalisation.

    Sources

    – Projet ANR “Sens de l’Agentivité dans l’Action Collective” – Agence Nationale de la Recherche
    – Thèse de doctorat “Étude du sens de l’agentivité dans l’apprentissage, au travers d’un paradigme de rotation mentale” – Université Paul-Valéry Montpellier 3
    – Thèse “Approche neurocognitive de l’agentivité chez le sujet sain et le patient schizophrène” – Université Claude Bernard Lyon 1
    – Étude sur les corrélats neuronaux du sens de l’agentivité et du traitement sensorimoteur – National Center for Biotechnology Information
    – Thèse “Autorégulation des apprentissage chez le jeune enfant : Influence de la Flexibilité et de la Métacognition sur les buts et stratégies” – Université de Lille
    – Chambon et al. – From action intentions to action effects: how does the sense of agency come about? – Frontiers in Human Neuroscience
    – Étude empirique sur l’importance des sources d’auto-efficacité selon Bandura

    Table des matières afficher
    1 L’architecture cognitive du contrôle volontaire
    2 Les racines neuronales du sentiment d’être agent
    3 L’auto-efficacité comme carburant de l’action
    4 Le développement progressif du contrôle volontaire
    5 Planification et fonctions exécutives au cœur de l’action
    6 Les multiples visages de l’agentivité humaine
    7 L’apprentissage autorégulé chez l’enfant
    8 Des processus de sélection antérieurs à l’action

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    Marine
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    Une passionnée de psychologie qui observe les comportements humains au quotidien et s’efforce d’apporter plus de positivité dans la vie des autres grâce à la psychologie.

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