Un récit de maladie ne rapporte pas uniquement des symptômes. Il décrit une rupture dans le temps, le corps et les relations, puis les efforts pour retrouver des repères. En psychologie, ce récit permet d’entendre la peur, la perte de contrôle et les ressources mobilisées, à condition de ne pas le convertir en diagnostic ni en leçon de courage.
Raconter ne suffit pas toujours.
Le récit commence là où le dossier s’arrête

Le dossier médical indique une date, un examen, un traitement, un résultat. Il dit moins bien ce que la maladie fait à l’image de soi, aux habitudes et aux projets. Une personne peut connaître précisément son diagnostic tout en ne sachant plus comment habiter son quotidien, parler à ses proches ou se représenter les mois qui viennent.
Les récits de maladie donnent une forme à cette expérience. Ils relient des événements dispersés, font apparaître une peur difficile à nommer et montrent qu’une intervention médicale peut modifier la relation au corps.
Une étude à méthodes mixtes publiée en 2024 dans BioPsychoSocial Medicine examine les récits centrés sur les émotions dans le contexte de l’état psychologique postopératoire. Elle décrit la maladie somatique chronique comme une rupture possible dans la continuité de la vie, dans la relation au corps et dans les rapports sociaux. Un récit peut alors montrer comment une personne tente de recomposer ces liens.
Quand les mots n’organisent plus l’expérience
Par moments, les événements se succèdent sans direction. La personne parle par fragments, revient sur un détail, abandonne une phrase ou décrit une fatigue qui rend toute projection difficile. Un récit décousu n’indique ni un manque d’intelligence ni une mauvaise volonté. La douleur, l’incertitude ou le choc peuvent empêcher temporairement de construire une histoire continue.
Le scénario du retour à la santé
Un autre récit suit une logique simple : la maladie est apparue, un traitement existe, la santé devrait revenir. Cette structure peut soutenir l’espoir. Elle devient douloureuse lorsque le rétablissement est lent, incomplet ou impossible. Une personne atteinte d’une maladie chronique peut alors se sentir en échec parce que son corps ne suit pas le scénario attendu.
Chercher un sens sans en imposer un
Certains récits cherchent ce que l’expérience permet de comprendre, de transmettre ou de défendre. Ils peuvent conduire à témoigner, à aider d’autres patients ou à demander une amélioration des soins. Cette lecture ne doit pas devenir une injonction à tirer un bénéfice de la souffrance. On peut raconter une maladie sans lui attribuer un sens positif.
Une peur du traitement a ses propres contours

En réalité, l’angoisse d’une personne atteinte d’un cancer ne se résume pas toujours à la peur de la maladie. Le traitement peut produire d’autres inquiétudes. La radiothérapie impose parfois des séances quotidiennes, un environnement isolé et des dispositifs d’immobilisation, notamment les masques utilisés pour certaines irradiations de la tête et du cou.
Une étude observationnelle rétrospective publiée en 2026 dans JMIR Formative Research a examiné 52 831 publications mises en ligne sur Reddit entre 2015 et 2025. Les chercheurs ont retenu 9 860 récits à la première personne et ont utilisé une modélisation thématique, complétée par un codage qualitatif manuel, pour comparer la détresse liée à la radiothérapie et la détresse générale liée au cancer.
La composition du corpus compte. Parmi les publications dont le type de cancer était identifiable, les cancers de la tête et du cou représentaient 23,8 %, les cancers du sein 21,4 % et les cancers de la prostate 15,1 %. Parmi les publications permettant d’identifier la phase du parcours, 62,4 % avaient été écrites pendant le traitement actif.
Ces données ne représentent pas tous les patients et ne prouvent pas que la radiothérapie cause une détresse particulière. Elles montrent surtout l’intérêt de distinguer plusieurs sources d’inquiétude : l’évolution du cancer, la séance, l’immobilisation ou la répétition du traitement. En consultation, demander « qu’est-ce qui vous inquiète le plus aujourd’hui? » peut ouvrir une discussion plus précise qu’une mesure globale de l’anxiété.
Le malade n’est pas le seul auteur de son histoire

Les récits montrent aussi que la souffrance psychologique ne se situe pas uniquement dans l’individu. L’accès aux soins, le coût des traitements, les normes familiales et la manière dont les professionnels parlent à une personne modifient l’expérience de la maladie.
Une revue de portée publiée dans le Journal of Advanced Nursing en 2026 a analysé 21 articles parus entre 2014 et 2024, en anglais ou en espagnol, à partir de quatre bases de données. Elle porte sur les récits d’enfants et de jeunes vivant avec une amyotrophie spinale. Les articles, majoritairement issus du Nord global, abordent les trajectoires de soins, le droit à la santé et les histoires racontées au sujet de ces jeunes.
Les parents y apparaissent souvent comme les principaux narrateurs. Les voix des enfants et des adolescents restent rarement rapportées, alors que leur parcours dépend aussi de l’accès aux médicaments, aux informations et à la couverture des soins. La revue souligne la nécessité de soutenir les aidants et de développer une approche centrée sur la famille, les droits et les différences sociales.
La conséquence pratique est directe : écouter la famille ne suffit pas. Lorsque cela est possible, les professionnels doivent aussi s’adresser directement au jeune patient, lui demander ce qu’il comprend, ce qu’il redoute et ce qu’il souhaite. Les aidants ont besoin d’un soutien propre, car ils assument souvent les démarches, les décisions et une grande partie de la charge émotionnelle.
La même dimension sociale apparaît dans l’infertilité. Publiée le 24 février 2025 dans Medical Humanitiesune lecture comparative étudie deux récits : Conceivabilityd’Elizabeth Katkin, publié en 2018 aux États-Unis, et What’s a Lemon Squeezer Doing in My Vaginade Rohini Rajagopal, publié en 2021 en Inde.
Cette publication examine la manière dont la procréation, la parenté, la pureté, le devoir et les attentes sociales influencent la médicalisation de l’infertilité. Elle rappelle qu’une histoire affective et biographique ne devient pas un mauvais récit parce qu’elle ne se présente pas dans le langage des examens. Le contexte de la personne fait partie de l’expérience clinique.
Les histoires de schizophrénie déplacent le regard

Les récits de personnes vivant avec une schizophrénie rappellent une autre limite : une maladie ne résume pas une identité. Les expériences de voix, de paranoïa, de retrait social ou de difficultés cognitives varient d’une personne à l’autre. Un même diagnostic ne produit pas une vie identique à une autre.
Le Schizophrenia Oral History Projectfondé en 2011 par les psychologues Lynda Crane et Tracy McDonough à Mount St. Joseph University, rassemble des histoires de vie racontées par des femmes et des hommes concernés par la schizophrénie. Le projet est devenu une organisation à but non lucratif en 2014. Ses archives donnent une place aux difficultés, mais aussi aux espoirs, aux talents, aux rêves et aux préoccupations des narrateurs pour les autres.
Cette approche ne gomme ni les symptômes ni les besoins de soins. Elle empêche de confondre une personne avec une liste de manifestations cliniques. Un récit peut apporter un savoir issu de l’expérience, sans remplacer l’expertise médicale ou psychothérapeutique.
Faire parler l’expérience sans la forcer

Écrire ou dire son histoire peut aider à préparer un rendez-vous, à expliquer une difficulté concrète ou à demander un soutien précis. Il n’est pas nécessaire de produire un récit complet et bien ordonné. Quatre questions peuvent servir de point de départ :
- Que s’est-il passé? Notez les dates, les symptômes, les examens ou les changements de traitement sans chercher immédiatement une explication.
- Qu’est-ce qui pèse le plus aujourd’hui? Séparez, si possible, la douleur, la peur du résultat, la fatigue, l’isolement et les contraintes pratiques.
- Qu’est-ce que la maladie a modifié? Regardez le sommeil, le travail, les relations, l’intimité, les déplacements et la perception du corps.
- Quelle aide serait concrète? Une explication supplémentaire, un aménagement, une présence à un rendez-vous, une consultation psychologique ou un contact avec un pair ne répondent pas au même besoin.
Le récit peut rester privé, être partagé avec un proche ou servir de support en consultation. Certaines personnes préfèrent écrire. D’autres parlent par fragments, enregistrent une note vocale ou demandent à un aidant de compléter les informations. La forme compte moins que la possibilité de conserver sa propre voix.
Dans une approche de psychologie positive, il n’est pas nécessaire de transformer l’épreuve en récit lumineux. On peut chercher où se trouvent l’autonomie, le lien, la compréhension et la capacité d’agir, même lorsque la maladie impose des limites. Cette recherche n’efface ni la douleur ni les soins dont la personne peut avoir besoin.
Le récit montre où le soin doit écouter.
Sources et références scientifiques
- Differentiating Radiotherapy-Specific Distress From General Cancer Distress: Natural Language Processing Analysis of Patient Narratives – PMC. JMIR formative research. DOI: 10.2196/100874 · PMID: 42447465.
- 1.Man KH, Ho GWK. Associations between optimism and mental health in postradiotherapy cancer survivors: a cross-sectional survey study. BMJ Open. 2025 Jul 6;15(7):e093983. doi: 10.1136/bmjopen-2024-093983. doi. Medline. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1136/bmjopen-2024-093983.
- 2.Religioni U, Barrios-Rodríguez R, Requena P, Borowska M, Ostrowski J. Enhancing therapy adherence: impact on clinical outcomes, healthcare costs, and patient quality of life. Medicina (Kaunas) 2025 Jan 17;61(1):153. doi: 10.3390/medicina61010153. doi. Medline. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3390/medicina61010153.
- 3.Alzahrani F, Madkhali OA, Hijri AM, et al. Psychological distress in Saudi prostate cancer patients: exploring prevalence and sociodemographic influences. BMC Psychol. 2025 Jul 1;13(1):717. doi: 10.1186/s40359-025-03074-4. doi. Medline. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1186/s40359-025-03074-4.
- 4.Li S, Shi J, Shao C, Sznajder KK, Wu H, Yang X. Predicting depression, anxiety, and their comorbidity among patients with breast cancer in China using machine learning: a multisite cross-sectional study. Depress Anxiety. 2024;2024:3923160. doi: 10.1155/2024/3923160. doi. Medline. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1155/2024/3923160.
- laney G, Jacob S, Featherstone C, Barton M. The role of radiotherapy in cancer treatment: estimating optimal utilization from a review of evidence-based clinical guidelines. Cancer. 2005 Sep 15;104(6):1129-1137. doi: 10.1002/cncr.21324. doi. Medline. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1002/cncr.21324.
- 6.Halkett GKB, Kristjanson LJ, Lobb EA. “If we get too close to your bones they’ll go brittle”: women’s initial fears about radiotherapy for early breast cancer. Psychooncology. 2008 Sep;17(9):877-884. doi: 10.1002/pon.1298. doi. Medline. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1002/pon.1298.
- 7.Sun H, Lv H, Zeng H, Niu L, Yan M. Distress thermometer in breast cancer: systematic review and meta-analysis. BMJ Support Palliat Care. 2022 Sep;12(3):245-252. doi: 10.1136/bmjspcare-2021-002960. doi. Medline. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1136/bmjspcare-2021-002960.
- 8.Hu RY, Wang JY, Chen WL, et al. Stress, coping strategies and expectations among breast cancer survivors in China: a qualitative study. BMC Psychol. 2021 Feb 8;9(1):26. doi: 10.1186/s40359-021-00515-8. doi. Medline. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1186/s40359-021-00515-8.
- 9.Rhudy LM, Donovan KA, Foster R, et al. Patient perceptions of an intervention for cancer distress and traumatic stress symptoms: a qualitative analysis. Clin Nurs Res. 2025 Feb;34(2):71-78. doi: 10.1177/10547738241301895. doi. Medline. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1177/10547738241301895.
- 10.Ma X, Zhang P, Meng F, Lai K hung. How does physicians’ educational knowledge-sharing influence patients’ engagement? An empirical examination in online health communities. Front Public Health. 2022;10:1036332. doi: 10.3389/fpubh.2022.1036332. doi. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3389/fpubh.2022.1036332.
- 11.Liu J, Wang J. Users’ intention to continue using online mental health communities: empowerment theory perspective. IJERPH. 2021;18(18):9427. doi: 10.3390/ijerph18189427. doi. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3390/ijerph18189427.
- 12.Vandenbroucke JP, von Elm E, Altman DG, et al. Strengthening the Reporting of Observational Studies in Epidemiology (STROBE): explanation and elaboration. Int J Surg. 2014 Dec;12(12):1500-1524. doi: 10.1016/j.ijsu.2014.07.014. doi. Medline. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.ijsu.2014.07.014.
- The Illness Narratives of Children and Young People With Spinal Muscular Atrophy: A Scoping Review – PMC. Journal of advanced nursing. DOI: 10.1111/jan.70468 · PMID: 41439331.
- Abadía‐Barrero, C. E. 2016. “Neoliberal Justice and the Transformation of the Moral: The Privatization of the Right to Health Care in Colombia.” Medical Anthropology Quarterly 30, no. 1: 62-79. 10.1111/maq.12161. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1111/maq.12161.
- Batista, E. C., Zanoteli E., Sant'Anna V. R., et al. 2024. “248P Spinal Muscular Atrophy in Latin American: Patient Journey Observed in Regional Registry.” Neuromuscular Disorders 43: 104441.456. 10.1016/j.nmd.2024.07.465. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.nmd.2024.07.465.
- Beernaert, K., Lövgren M., Jeppesen J., et al. 2019. “Parents' Experiences of Information and Decision Making in the Care of Their Child With Severe Spinal Muscular Atrophy: A Population Survey.” Journal of Child Neurology 34, no. 4: 210-215. 10.1177/0883073818822900. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1177/0883073818822900.
- Belzer, L., Wright S., Goodwin E., Singh A., and Carter B.. 2022. “Psychosocial Considerations for the Child With Rare Disease: A Review With Recommendations and Calls to Action.” Children 9, no. 7: 933. 10.3390/children9070933. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.3390/children9070933.
- Biehl, J. 2016. “Patient‐Citizen‐Consumers: Judicialization of Health and Metamorphosis of Biopolitics.” Lua Nova: Revista de Cultura e Política 1: 77-105. 10.1590/0102-6445077-105/98. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1590/0102-6445077-105/98.
- Bradbury‐Jones, C., Aveyard H., Herber O. R., Isham L., Taylor J., and O'Malley L.. 2022. “Scoping Reviews: The PAGER Framework for Improving the Quality of Reporting.” International Journal of Social Research Methodology 25, no. 4: 457-470. 10.1080/13645579.2021.1899596. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.1080/13645579.2021.1899596.
- Bradbury‐Jones, C., Isham L., Morris A. J., and Taylor J.. 2021. “The “Neglected” Relationship Between Child Maltreatment and Oral Health? An International Scoping Review of Research.” Trauma, Violence & Abuse 22, no. 2: 265-276. 10.1177/1524838019841598. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1177/1524838019841598.
- Bru, G. 2020. “La Judicialización de la Salud Mental: Una Investigación Cualitativa Sobre Experiencias de Personas Con Padecimiento Psíquico.” Derecho y Ciencias Sociales 22: 22. 10.24215/18522971e073. [DOI] [Google Scholar]. doi:10.24215/18522971e073.
- Buckle, N., Doyle O., Kodate N., and Somanadhan S.. 2024. “The Economic Impact of Living With a Rare Disease for Children and Their Families: A Scoping Review Protocol.” HRB Open Research 6: 41. 10.12688/hrbopenres.13765.2. [DOI] [PMC free article] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.12688/hrbopenres.13765.2.
- Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health. 2018. Clinical Review Report: Nusinersen (Spinraza): (Biogen Canada Inc.): Indication: Treatment of Patients With 5q SMA. Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health. [PubMed] [Google Scholar].
- Carter, M., Tobin A., Coy L., McDonald D., Hennessy M., and O'Rourke D.. 2023. “Room to Improve: The Diagnostic Journey of Spinal Muscular Atrophy.” European Journal of Paediatric Neurology 42: 42-46. 10.1016/j.ejpn.2022.12.001. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1016/j.ejpn.2022.12.001.
- Castiglioni, C., Levicán J., Rodillo E., et al. 2011. “Atrofia Muscular Espinal: Caracterización Clínica, Electrofisiológica y Molecular de 26 Pacientes.” Revista Médica de Chile 139, no. 2: 197-204. 10.4067/S0034-98872011000200009. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.4067/S0034-98872011000200009.
- James A, Warrier MG, Benny AT.. Sociocultural aspects of the medicalisation of infertility: a comparative reading of two illness narratives.. Medical humanities. 2025. DOI: 10.1136/medhum-2024-012977 · PMID: 39153851. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
- Examining illness narratives in the context of the postoperative psychological state: A mixed-methods study of emotion-focused illness narrative – PMC. BioPsychoSocial medicine. DOI: 10.1186/s13030-024-00318-4 · PMID: 39395999.
- 1.Ainlay SC. Aging and new vision loss: disruption of the here and now. J Soc Issues. 1988;44:79-94. [Google Scholar].
- 2.Alonzo AA. The experience of chronic illness and post-traumatic stress disorder: the cosequences of cumulative adversity. Soc Sci Med. 2000;50:1475-84. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- ck AT, Ward CH, Mendelson M, et al. An inventory for measuring depression. Arch Gen Psychiatry. 1961;4:561-71. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- 4.Bijsterbosch J, Scharloo M, Visser AW, et al. Illness perceptions in patients with osteoarthritis: change over time and association with disability. AC R. 2009;61:1054-61. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- 5.Breccia M, Graffigna G, Galimberti S, Iurio A, Pungolino E, et al. Personal history and quality of life in chronic myeloid leukemia patients: a cross-sectional study using narrative medicine and quantitative analysis. Support Care Cancer. 2016. 10.1007/s00520-016-3286-z. [DOI] [PubMed] [Google Scholar]. doi:10.1007/s00520-016-3286-z.
- 6.Broadbent E, Petrie KJ, Maina J, et al. The brief illness perception Questionnaire. J Psychosom Res. 2006;60:631-37. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- 7.Brooks R. EuroQol: the current state of play. Health Policy. 1996;37:53-72. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- 8.Bruner J. The narrative construction of reality. Crit Inq. 1991;18:1. 10.1086/448619. [Google Scholar]. doi:10.1086/448619.
- 9.Brygola E. The threatend identity: an empirical study. Psychol Lang Commun. 2001;15:63-88. [Google Scholar].
- 10.Buckley CA, Waring MJ. Using diagrams to support the research process: examples from grounded theory. Qual Res J. 2013;13:148-72. [Google Scholar].
- aron R. Narrative Medicine. A model for Empathy, Reflection, Profession, and Trust. JAMA. 2001;286:1897-902. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- ocinov HM, Hack T, Hassard T, et al. Dignity therapy: a novel psychotherapeutic intervention for patients near the end of life. J Clin Oncol. 2005;23:5520-25. [DOI] [PubMed] [Google Scholar].
- Living With Schizophrenia: First-hand Schizophrenia Stories.
- acc.faith. Exploring the Human Experience: Schizophrenia Stories. 2024.
- The Schizophrenia Oral History Project.
