La prise de poids associée aux antipsychotiques n’est ni une question de volonté ni un détail esthétique.
Elle peut concerner l’appétit, la glycémie, les lipides et la continuité du traitement.
Les études récentes examinent plusieurs voies : médicaments, accompagnement non médicamenteux, préparation végétale et microbiote.
Le poids ne résume rien.
Le médicament aide, le métabolisme paie parfois

En réalité, les antipsychotiques sont utilisés pour contrôler les symptômes de la schizophrénie, mais ils peuvent aussi s’accompagner d’une prise de poids et d’autres changements métaboliques. L’introduction d’une méta-analyse publiée le 24 décembre 2025 estime que près de la moitié des personnes atteintes de schizophrénie prennent du poids sous traitement.
La prise de poids ne se résume pas à un chiffre. Les études évaluent aussi le tour de taille, le rapport taille-hanches, la glycémie, l’hémoglobine glyquée, les lipides et les symptômes psychiatriques. Attribuer automatiquement le changement de poids au comportement de la personne efface ces paramètres.
55 essais, trois pistes, aucune recette universelle
La méta-analyse de Mansour et ses collègues, publiée dans le Journal of Psychopharmacology le 24 décembre 2025, regroupe 55 essais randomisés contrôlés par placebo, soit 2 977 participants. Elle compare des interventions pharmacologiques et non pharmacologiques contre la prise de poids associée aux antipsychotiques.
Dans le classement statistique rapporté, le semaglutide arrive en tête avec une différence moyenne de poids indiquée à -13,5, devant l’association metformine plus NutriEx à -6,34, puis la nizatidine à -5,46, par rapport aux soins habituels. Ces valeurs sont des résultats moyens d’essais. Elles ne valent ni pour chaque personne ni comme consigne de prescription.
Le même travail rapporte une réduction significative du poids avec les interventions non médicamenteuses étudiées. Le choix d’une option dépend toutefois du traitement en cours, des paramètres métaboliques mesurés et de l’objectif médical. Un classement entre groupes ne remplace pas cette évaluation.
Le chiffre ne vaut que dans son contexte
Le semaglutide, la metformine et la nizatidine ne se choisissent pas en fonction d’un podium. Le poids, le tour de taille, la glycémie, l’hémoglobine glyquée et les lipides ne décrivent pas le même aspect de la santé métabolique.
Une variation du poids ou de l’appétit doit être signalée au prescripteur. Elle peut conduire à vérifier les mesures métaboliques et l’équilibre du traitement, pas à commencer une cure trouvée sur internet.
Changer de molécule sans perdre le fil psychiatrique

Un essai contrôlé randomisé publié le 19 février 2026 dans le Journal of Psychiatric Research a suivi 98 personnes atteintes de schizophrénie qui prenaient de l’olanzapine et avaient pris du poids. Pendant 12 semaines, elles ont été réparties entre cariprazine et aripiprazole, avec des évaluations au début de l’essai, à la sixième semaine et à la douzième semaine.
Les chercheurs ont mesuré le poids, l’indice de masse corporelle, le rapport taille-hanches, les lipides, la glycémie, l’hémoglobine glyquée, les symptômes psychiatriques et le fonctionnement social. L’analyse rapporte un effet significatif du temps sur le poids. Ce résultat ne suffit pas, à lui seul, à établir la supériorité de la cariprazine sur l’aripiprazole.
La question utile n’est donc pas de chercher la molécule qui ferait le moins grossir dans l’absolu. Il faut comparer l’efficacité psychiatrique, les effets métaboliques, les antécédents médicaux et les préférences de la personne, avec des mesures avant puis après le changement.
Les plantes avancent, mais restent au stade de piste

Dans l’Avicenna Journal of Phytomedicineun essai randomisé en triple aveugle et contrôlé par placebo a été mené à l’hôpital psychiatrique Hijazi de Mashhad, en Iran. Il a inclus 73 personnes atteintes de schizophrénie, qui ont reçu leur antipsychotique avec une préparation à base d’extraits de thé vert, de bourrache persane et de pourpier, ou un placebo.
L’étude rapporte une baisse de l’indice de masse corporelle, du rapport taille-hanches, de l’hémoglobine glyquée, du LDL, de la pression artérielle systolique et de l’appétit dans le groupe ayant reçu la préparation végétale.
L’effectif reste limité et l’essai provient d’un seul centre. Ces résultats ne suffisent pas à recommander cette combinaison à toutes les personnes traitées pour schizophrénie. La composition et la dose d’un produit végétal doivent être vérifiées avant toute association avec un médicament.
Le microbiote ouvre une piste, pas une boutique de probiotiques
Une étude publiée dans Schizophrenia Bulletin le 1er avril 2026 a comparé le microbiote intestinal de personnes atteintes de schizophrénie avec ou sans obésité, ainsi que celui de témoins en bonne santé. La cohorte de découverte comprenait 177 participants. Les chercheurs ont aussi suivi pendant un an 20 personnes présentant un premier épisode de schizophrénie, sans traitement antérieur et avec un poids normal.
Quinze genres bactériens ont été identifiés. Desulfovibrio était plus abondant chez les participants non obèses et chez les témoins de poids comparable que chez les participants obèses. Chez les 20 personnes suivies après le début du traitement, un niveau initial plus élevé de cette bactérie était associé à une prise de poids moindre après un an. L’étude a aussi relevé une modification du métabolisme du tryptophane.
Le terme à retenir est « associé ». Ces résultats ne prouvent pas que Desulfovibrio protège contre la prise de poids, ni qu’une modification volontaire du microbiote produirait le même effet. Ils ne justifient pas l’achat d’un probiotique ou d’un complément présenté comme capable de reproduire ce mécanisme.
Un suivi qui regarde le corps sans réduire la personne

Le suivi gagne en précision lorsqu’il compare des évolutions plutôt qu’un chiffre isolé. Au rendez-vous médical, plusieurs repères peuvent être réunis avec le professionnel de santé :
- le poids, l’indice de masse corporelle et le tour de taille, mesurés dans des conditions comparables;
- la tension artérielle, la glycémie ou l’hémoglobine glyquée, ainsi que le bilan lipidique lorsque le médecin le juge pertinent;
- l’appétit, le sommeil, la somnolence et les changements alimentaires;
- les symptômes psychiatriques, la qualité de vie et le fonctionnement quotidien;
- les bénéfices et les effets indésirables de chaque option avant un éventuel ajustement.
Cette grille évite deux erreurs : attribuer toute prise de poids au comportement, ou conserver un traitement sans réévaluer ses effets métaboliques. Les études de 2025 et 2026 ouvrent plusieurs pistes, mais la décision reste liée au dossier de chaque personne.
Le suivi doit protéger le corps et l’équilibre psychique.
Sources et références scientifiques
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- Podcast: Dealing with Weight Gain in Schizophrenia.
- Dealing with Weight Gain in Schizophrenia – Inside Schizophrenia – Podcast – Podtail.
- Dealing with Weight Gain in Sc…-Inside Schizophrenia – Apple Podcasts.
