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    Accueil » Anxiété en 2025 et 2026 : quatre études pour éviter les raccourcis
    A teenager in a hoodie having a therapy session with a female therapist on a sofa.
    Photo de Polina Zimmerman sur Pexels.
    Blog sur la psychologie

    Anxiété en 2025 et 2026 : quatre études pour éviter les raccourcis

    MarinePar Marine17 octobre 2026Aucun commentaire13 Minutes de Lecture

    En 2025 et 2026quatre équipes ont abordé l’anxiété de façons très différentes : dans la voix d’adolescents, dans le parcours de jeunes infirmiers, sous la pression d’un examen clinique et dans un essai précoce de 5-MeO-DMT. Ces travaux ne racontent pas une histoire unique. Ils mettent plutôt en garde contre les raccourcis : un marqueur n’est pas un diagnostic, la résilience n’est pas une armure stable, un outil d’intelligence artificielle n’est pas une thérapie, et une étude de sécurité n’est pas une preuve d’efficacité.

    Les données décrivent des contextes précis, des populations sélectionnées et des mesures différentes. Elles aident à mieux formuler les questions, pas à distribuer des étiquettes psychologiques à distance.

    Une voix peut signaler un risque sans devenir un diagnostic.
    La résilience varie avec le moment et le contexte professionnel.
    Une intervention technologique ou pharmacologique doit encore prouver son bénéfice, pas seulement sa faisabilité.

    L’anxiété ne parle pas seule.

    Une voix peut signaler un risque, pas poser un diagnostic

    Close-up of two teenagers talking on a rooftop with an urban backdrop on a sunny day.
    Photo de Ron Lach sur Pexels.

    Une étude publiée en 2025 dans Psychological Medicine a suivi 581 adolescents issus d’une cohorte néerlandaise. Les participants ont fourni des échantillons de parole pendant le Trier Social Stress Test. Les chercheurs ont extrait des caractéristiques acoustiques avec le logiciel OpenSMILE, puis ont comparé ces données aux niveaux d’anxiété et aux diagnostics observés plusieurs années plus tard.

    Le résultat le plus net concerne le trouble d’anxiété sociale. Une méthode de forêt aléatoire a atteint une AUC-ROC de 85 % chez les garçons et de 74 % chez les filles pour classer ce trouble trois ans à l’avance. L’ajout des caractéristiques vocales aux mesures initiales augmentait la variance expliquée de 5,4 % chez les garçons et de 10,9 % chez les filles.

    Ces chiffres ne signifient pas qu’une voix permettrait d’identifier seule une personne anxieuse. L’étude portait sur une parole produite dans un contexte de stress social, et les performances variaient selon le sexe et le type de trouble. Certaines corrélations observées chez les garçons, comme une amplitude de hauteur plus étroite, n’ont pas résisté à la correction pour comparaisons multiples.

    La piste est donc celle d’un dépistage complémentaire, pas d’un diagnostic automatique. Une voix peut attirer l’attention sur un risque à examiner avec d’autres informations : symptômes rapportés, évolution dans le temps, fonctionnement scolaire et relations sociales.

    La résilience monte, mais l’anxiété ne suit pas

    Female nurse in scrubs writing on a clipboard with a stethoscope on a pink background.
    Photo de Thirdman sur Pexels.

    Une cohorte longitudinale publiée en 2026 dans Frontiers in Public Health a observé 118 infirmiers nouvellement recrutés dans un hôpital universitaire de Lanzhou, en Chine. Cent deux participants ont terminé les quatre évaluations prévues : au début de leur prise de poste, puis à la fin de chacune des trois premières années. Les chercheurs ont mesuré la résilience, les symptômes dépressifs et l’anxiété avec des échelles standardisées.

    La résilience moyenne augmentait de 64,65 à 81,01 sur les trois ans. La dépression suivait une trajectoire en U : son score diminuait jusqu’à la deuxième année, avec un niveau de 50,49, puis remontait à 55,64 lors de la troisième année. L’anxiété évoluait autrement. Elle restait globalement stable avant d’augmenter entre la deuxième et la troisième année.

    La relation entre résilience et dépression changeait elle aussi. Au départ, elle était négative, avec une corrélation de -0,264. À la troisième année, elle devenait positive, avec une corrélation de 0,377. Les auteurs ont confirmé statistiquement ce renversement au fil du temps. Une corrélation ne prouve toutefois pas qu’un niveau de résilience cause une baisse ou une hausse des symptômes.

    Ce résultat contredit une idée trop lisse de la résilience. Un score élevé ne produit pas le même effet apparent à chaque étape d’une transition professionnelle. La surveillance psychologique gagne donc à tenir compte du calendrier : arrivée dans le métier, adaptation aux responsabilités, puis éventuel rebond des difficultés.

    L’intelligence artificielle entre dans l’examen, sans effet mesuré sur l’angoisse

    Le 4 février 2025, Ali, Rehman et Cheema ont publié dans International Journal of Clinical Pharmacy un essai contrôlé randomisé consacré à des étudiants en pharmacie. L’étude s’est déroulée pendant quatre semaines, en juin et juillet 2024, auprès d’étudiants de sixième semestre préparant un examen clinique structuré et objectif, appelé OSCE.

    Quatre-vingt-huit étudiants ont terminé l’examen et le questionnaire d’anxiété, avec 44 participants dans chaque groupe. Le groupe expérimental avait reçu une formation à l’utilisation de ChatGPT, Gemini et Perplexity pour produire des supports de révision et obtenir des retours personnalisés. Le groupe témoin avait reçu les consignes habituelles de préparation à l’OSCE.

    La moyenne à l’examen était de 12,98 sur 30 dans le groupe utilisant les outils d’intelligence artificielle, contre 13,54 dans le groupe témoin. La différence n’était pas statistiquement significative, avec une valeur de p égale à 0,550. Le score total d’anxiété face au test ne différait pas davantage entre les groupes, avec une valeur de p égale à 0,917.

    Dans ce cadre précis, l’IA n’a donc pas montré d’amélioration de la performance ni de réduction de l’anxiété d’examen. Elle n’a pas non plus entraîné de dégradation mesurée. L’étude ne permet pas de conclure sur des usages plus longs, d’autres disciplines ou une prise en charge psychologique. Elle rappelle surtout qu’un accès à un outil ne suffit pas à modifier une émotion liée à l’évaluation.

    Le 5-MeO-DMT commence par une question de sécurité

    Asian students focused on studying technology in a bright computer classroom setting.
    Photo de Thành Đỗ sur Pexels.

    Le numéro d’octobre 2025 de Neuropsychopharmacology a présenté un essai de phase I sur une formulation sublinguale de 5-MeO-DMT, un psychédélique de la famille des tryptamines. L’objectif principal n’était pas de démontrer un traitement de la dépression ou de l’anxiété, mais d’étudier la sécurité, la tolérance et la pharmacocinétique de doses dites sous-psychédéliques.

    Les participants présentaient des niveaux modérés à élevés d’anxiété ou de symptômes dépressifs, sans diagnostic psychiatrique formel ni traitement en cours. Ils recevaient chaque semaine, pendant quatre semaines, une dose sublinguale de 6, 9 ou 12 milligrammes, ou un placebo.

    Aucun événement indésirable grave significatif ni signal de toxicité des organes n’a été relevé dans les groupes. Les nausées et les maux de tête rapportés étaient légers, transitoires et se résorbaient spontanément. La concentration sanguine maximale apparaissait après une durée médiane de 20 minutes, sans signe d’accumulation entre les prises. Les évaluations neurophysiologiques montraient des modifications liées à la dose, sans expérience psychédélique complète rapportée dans ce protocole.

    Ces résultats établissent un profil de faisabilité à court terme chez un petit groupe très sélectionné. Ils ne démontrent pas que le 5-MeO-DMT réduit durablement l’anxiété ou la dépression. Ils ne disent rien non plus de la sécurité d’un produit obtenu hors cadre médical, d’une autre dose ou d’une association avec des médicaments.

    Une étude de phase I ne vaut pas prescription

    La formulation étudiée, les doses, la surveillance et les critères d’inclusion appartenaient à un protocole clinique contrôlé. Confondre tolérance observée dans cet essai et efficacité thérapeutique serait une extrapolation que les données ne permettent pas.

    Le contexte avant le verdict

    Young adults in maroon jackets gather outdoors, engaging in conversation and note-taking.
    Photo de Thư Tiêu sur Pexels.

    Ces quatre études parlent toutes d’anxiété, mais elles ne mesurent pas la même chose. L’étude sur la voix cherche un signal prédictif. La cohorte infirmière suit une trajectoire professionnelle. L’essai sur l’intelligence artificielle mesure une performance et une anxiété d’examen. Le protocole sur le 5-MeO-DMT examine d’abord la tolérance d’une substance.

    Cette distinction change la portée des résultats. Un algorithme vocal peut aider à repérer une situation à évaluer sans remplacer un entretien. Une hausse de résilience n’annule pas une anxiété persistante. Un outil de révision ne devient pas automatiquement un soutien émotionnel. Une dose bien tolérée dans un essai de phase I ne devient pas un traitement validé.

    Pour une personne, le signal le plus utile reste la durée et l’impact des difficultés : évitement, sommeil perturbé, tension physique, baisse des études ou du travail, relations qui se rétrécissent. Quand ces changements persistent, une évaluation par un médecin ou un professionnel de santé mentale apporte davantage qu’un score isolé, une analyse vocale ou une promesse technologique.

    Mesurer mieux ne dispense pas d’écouter mieux.

    Sources et références scientifiques
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    41. How to Treat an Anxiety Rash | Psych Central.
    42. Avant d'accéder à YouTube.
    Table des matières afficher
    1 Une voix peut signaler un risque, pas poser un diagnostic
    2 La résilience monte, mais l’anxiété ne suit pas
    3 L’intelligence artificielle entre dans l’examen, sans effet mesuré sur l’angoisse
    4 Le 5-MeO-DMT commence par une question de sécurité
    5 Le contexte avant le verdict

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