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    Accueil » Perte d’appétit pendant le deuil : pourquoi manger devient si difficile
    A woman sits alone at a table, expressing sadness and grief in a quiet home setting.
    Photo de https://kaboompics.com/ sur Pexels.
    Émotions

    Perte d’appétit pendant le deuil : pourquoi manger devient si difficile

    MarinePar Marine24 octobre 2026Mise à jour:24 octobre 2026Aucun commentaire9 Minutes de Lecture

    Après la mort d’un proche, le repas peut devenir une tâche sans intérêt, voire une épreuve physique. La faim disparaît, les odeurs écœurent, la cuisine paraît trop compliquée. Parfois, on réalise à dix-huit heures que rien n’a été mangé depuis le matin.

    La perte d’appétit pendant le deuil ne suit pas une règle unique. Certaines personnes grignotent davantage pour s’apaiser; d’autres n’arrivent plus à avaler. Ces deux réactions existent et aucune ne résume à elle seule la manière de vivre une perte.

    Après un décès, le cerveau peut rester en alerte, le sommeil se raccourcit et les repas perdent leur place dans la journée.
    La réaction mêle parfois absence de faim, nausées, fatigue, oubli de manger et difficulté à cuisiner.
    Elle mérite un avis médical si elle persiste, s’aggrave ou empêche de boire et de manger.

    Le chagrin dérègle le corps.

    Quand le deuil met la faim en sourdine

    An ornate empty plate with a spoon on a wooden table, showing food remnants.
    Photo de Nazlı Gaylan Azili sur Pexels.

    Le deuil peut agir comme une période de stress aigu. Le stress modifie certains signaux corporels et peut perturber le sommeil, la digestion et l’appétit. L’anxiété ajoute parfois des sensations physiques qui rendent le repas moins attirant.

    La cause n’est pas toujours biologique. Une personne qui partageait les repas avec son conjoint peut ne plus savoir quoi préparer pour une seule assiette. Une odeur, une recette ou une table vide peut rappeler l’absence. Dans les premières semaines, faire les courses, choisir un menu et faire la vaisselle demandent parfois une énergie qui n’est plus disponible.

    Ce que montre une étude sur les premières semaines

    Une étude prospective dirigée par T. Buckley et ses collègues, publiée en juin 2009 dans Internal Medicine Journala comparé 62 personnes récemment endeuillées à 50 personnes qui ne l’étaient pas. Les participants ont été évalués dans les deux semaines suivant la perte, puis à six mois. Dans la phase aiguë, les personnes endeuillées rapportaient davantage de symptômes dépressifs, d’anxiété et de colère. Elles dormaient en moyenne 5,8 heures contre 7,2 heures dans le groupe de comparaison, avaient moins d’appétit et présentaient un taux de cortisol plus élevé.

    Ces résultats décrivent des changements associés au deuil. Ils ne prouvent pas que chaque perte provoque les mêmes effets ni qu’elle entraîne à elle seule une maladie cardiovasculaire. L’étude examinait des facteurs psychologiques, comportementaux et physiques liés au risque cardiaque. Elle rappelle que la perte d’appétit pendant le deuil n’est pas une question de volonté.

    Manger sans se faire la guerre

    La première étape consiste à réduire la taille de la tâche. Une assiette complète peut sembler impossible; quelques bouchées peuvent devenir faisables. Le but est de remettre un peu de nourriture et de liquide dans une journée désorganisée, sans exiger le retour immédiat aux habitudes d’avant.

    Commencer petit, simple et familier

    Des portions réduites sont souvent plus accessibles qu’un grand repas. Une tartine, une banane, du riz, une soupe, un yaourt, une compote ou quelques noix peuvent constituer un début si ces aliments sont bien tolérés. En cas de nausée, les aliments peu odorants et faciles à digérer passent parfois mieux que les plats gras, très épicés ou très sucrés.

    Les produits déjà préparés ont aussi leur place : salade, sandwich, plat à réchauffer, fruit découpé ou boisson nutritive. Un smoothie, une soupe, un shake protéiné ou une collation peuvent éviter de rester plusieurs heures sans rien prendre. Il ne s’agit pas de transformer le deuil en programme nutritionnel, mais de rendre le prochain apport possible.

    Remettre une horloge là où la faim manque

    Quand l’appétit ne donne plus le signal, un rappel dans le téléphone peut prendre le relais. Une alarme invite à boire ou à manger une petite quantité à différents moments de la journée, même sans sensation de faim. Un verre d’eau près du lit, une bouteille visible sur le bureau ou un message envoyé par un proche peuvent empêcher que l’hydratation disparaisse avec les repas.

    Cette régularité ne doit pas devenir une contrainte rigide. Si une alarme sonne au mauvais moment, elle peut être décalée. Le repère compte davantage que l’horaire parfait.

    Confier la cuisine à quelqu’un d’autre

    La fatigue du deuil rend parfois difficile la demande la plus simple : « Peux-tu m’apporter quelque chose à manger? » Pourtant, un proche peut préparer un plat, déposer des portions au réfrigérateur, faire les courses ou rester présent pendant un repas. La famille, les amis, un collègue ou un groupe de soutien peuvent aider à maintenir cette routine lorsque la personne endeuillée oublie de manger.

    Préparer une assiette de secours

    Gardez à portée de main trois ou quatre aliments qui demandent peu d’effort et que vous tolérez bien. Ajoutez une boisson et un rappel dans le téléphone. Les jours où cuisiner semble impossible, cette réserve évite que le manque d’énergie se transforme en longue période sans manger.

    Les souvenirs ne donnent pas tous le même goût

    Vibrant vegetarian dining setting featuring assorted soups and fresh salads for a healthy meal.
    Photo de Farhad Ibrahimzade sur Pexels.

    Certains aliments rappellent une personne disparue et deviennent difficiles à regarder. D’autres procurent une forme de réconfort parce qu’ils appartenaient aux habitudes partagées. Il n’existe pas de bonne attitude à adopter face au plat préféré du proche décédé.

    On peut mettre cette recette de côté pendant quelque temps, choisir un restaurant inconnu ou essayer un aliment qui ne porte pas encore de souvenir douloureux. On peut aussi préparer volontairement le plat associé à la personne disparue. Dans les deux cas, le choix appartient à la personne endeuillée. Manger la recette familiale ne signifie pas aller mieux; l’éviter ne signifie pas refuser le lien.

    Quand la perte d’appétit appelle un accompagnement

    Top view of a ceramic plate with gold cutlery, striped napkin, and recipe cards on a marble table.
    Photo de RDNE Stock project sur Pexels.

    La durée et l’intensité comptent davantage qu’une journée isolée. Dans une revue publiée le 26 octobre 2021 dans PriloziN. Pop-Jordanova décrit, après l’examen de plus de 50 publications, plusieurs réactions fréquentes du deuil : choc, incrédulité, anxiété, tristesse, insomnie et perte d’appétit. La revue rappelle aussi que les trajectoires diffèrent et que les émotions peuvent alterner entre chagrin, acceptation et moments de plaisir.

    Une étude transversale publiée en 2016 dans The Pan African Medical Journal a examiné 78 personnes endeuillées à Lubumbashi, en République démocratique du Congo. Les données ont été recueillies entre mars et septembre 2012 au moyen de questionnaires de dépistage. Les chercheurs ont relevé des symptômes anxieux et dépressifs, des problèmes physiques, le rejet par la famille, l’absence d’héritage et l’absence de logement chez certains participants. Ces résultats ne permettent pas d’estimer la fréquence de ces difficultés dans toute la population : l’étude portait sur un groupe local recruté par échantillonnage en boule de neige.

    Demandez un avis médical si la baisse d’appétit persiste ou s’aggrave, si boire et manger deviennent difficiles, ou si la fatigue vous empêche de vous occuper de vous. Un médecin peut rechercher d’autres facteurs physiques et orienter vers un accompagnement nutritionnel ou psychologique.

    Le trouble du deuil prolongé est décrit dans les classifications médicales. Une perte d’appétit isolée ne permet pas, à elle seule, de poser ce diagnostic. Une consultation aide à distinguer une réaction de deuil, une dépression, une difficulté alimentaire ou un problème physique associé.

    Le repas n’efface pas l’absence. Il aide à traverser la journée.

    Sources et références scientifiques
    1. Buckley T, Bartrop R, McKinley S, Ward C, Bramwell M, Roche D, Mihailidou AS, Morel-Kopp MC, Spinaze M, Hocking B, Goldston K, Tennant C, Tofler G.. Prospective study of early bereavement on psychological and behavioural cardiac risk factors.. Internal medicine journal. 2009. DOI: 10.1111/j.1445-5994.2009.01879.x · PMID: 19460057. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    2. Pop-Jordanova N.. Grief: Aetiology, Symptoms and Management.. Prilozi (Makedonska akademija na naukite i umetnostite. Oddelenie za medicinski nauki). 2021. DOI: 10.2478/prilozi-2021-0014 · PMID: 34699700. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    3. Normal grief and its correlates in Lubumbashi, an urban city in the Democratic Republic of Congo – PMC. The Pan African medical journal. DOI: 10.11604/pamj.2016.24.24.5533 · PMID: 27583088.
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    16. Loss of Appetite When Grieving: Why It Happens and How to Cope.
    17. Grief and Loss of Appetite, Why It Happens & Ways to Approach It. 2024.
    18. Courtney Cook. 8 Tips for Coping with Appetite Loss While Grieving. 2024.
    Table des matières afficher
    1 Quand le deuil met la faim en sourdine
    2 Manger sans se faire la guerre
    3 Les souvenirs ne donnent pas tous le même goût
    4 Quand la perte d’appétit appelle un accompagnement

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    1. Deuil et mémoire : comprendre le paradoxe du chagrin pour mieux traverser la perte
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    Marine
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