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    Accueil » Amnésie dissociative : quand l’oubli devient un acte de survie
    l'amnésie dissociative est un trouble psychologique caractérisé par une perte de mémoire soudaine et temporaire, souvent liée à un événement traumatique. découvrez les causes, les symptômes et les traitements de cette condition mystérieuse qui affecte la mémoire et l'identité.
    Santé

    Amnésie dissociative : quand l’oubli devient un acte de survie

    MarinePar Marine20 mai 2025Mise à jour:23 février 2026Aucun commentaire10 Minutes de Lecture

    Il y a des gens qui se réveillent un matin sans savoir qui ils sont. Pas de manière métaphorique. Littéralement. Leur nom, leur passé, leur famille — effacés. Pas par une tumeur, pas par un accident vasculaire cérébral. Par quelque chose de bien plus troublant : la psyché elle-même, qui a décidé de tirer le rideau.

    L’amnésie dissociative n’est pas un mythe cinématographique, ni un trouble anecdotique réservé aux cas extrêmes. C’est un trouble reconnu par les grandes classifications psychiatriques internationales — le DSM-5 et la CIM-11 — qui touche entre 1 % et 3,6 % de la population générale. Un trouble qui surgit précisément là où la douleur psychique dépasse les capacités d’intégration du cerveau humain.

    Ce n’est pas de l’oubli ordinaire. C’est le cerveau qui refuse d’accéder à ce qui le détruirait.

    ⚡ L’essentiel en un coup d’œil

    • Définition : Incapacité à se rappeler d’informations autobiographiques importantes, non liée à une lésion cérébrale.
    • Prévalence : Entre 1 % et 3,6 % de la population ; légèrement plus fréquente chez les femmes.
    • Cause principale : Traumatismes psychiques — abus sexuels, violences, guerres, accidents, conflits intérieurs intenses.
    • Ce qui la distingue : La mémoire antérograde (former de nouveaux souvenirs) reste intacte.
    • Conséquences : Ruptures relationnelles, dépression, risque suicidaire, possibilité de TSPT différé.
    • Traitement : Psychothérapie trauma-centrée, hypnose clinique, environnement thérapeutique sécurisant.
    • Pronostic : Récupération mémorielle possible — partielle ou totale, parfois spontanée.

    Ce que ce trouble est vraiment — et ce qu’on confond trop souvent

    Quand on parle de “perte de mémoire”, l’imaginaire collectif convoque immédiatement la démence, les traumatismes crâniens ou les lésions cérébrales. L’amnésie dissociative est d’une tout autre nature. Le cerveau est structurellement intact. Les neurones fonctionnent. L’IRM ne révèle rien d’anormal. C’est le logiciel psychique qui bloque l’accès à certains souvenirs — comme un système d’exploitation qui chiffre un répertoire pour en interdire l’ouverture.

    Anciennement appelée amnésie psychogène — terme abandonné car trop réducteur — elle est désormais définie comme une incapacité à se souvenir d’informations autobiographiques importantes, de façon disproportionnée par rapport au fonctionnement cognitif global. La mémoire antérograde, c’est-à-dire la capacité à former de nouveaux souvenirs, reste généralement préservée. C’est précisément ce qui distingue ce trouble des amnésies d’origine organique.

    Le terme “dissociatif” n’est pas un détail sémantique. Il pointe vers une rupture dans la continuité de la conscience — un état où le sujet se coupe de fragments entiers de son propre vécu. Cette dissociation n’est pas une décision consciente. C’est une réponse automatique, une sorte de disjoncteur neurologique activé face à l’insupportable.

    Les causes : le trauma comme moteur silencieux

    L’amnésie dissociative ne surgit jamais de nulle part. Derrière presque chaque cas se cache une douleur que la mémoire ne pouvait plus porter. Les déclencheurs les mieux documentés incluent les abus sexuels dans l’enfance, les violences conjugales répétées, les situations de guerre, les catastrophes naturelles, les accidents graves — mais aussi des ruptures intérieures moins visibles : honte profonde, conflit de loyauté familiale, ruine sociale soudaine.

    Ce qui déroute les cliniciens, c’est que l’épisode déclencheur visible peut être en apparence bénin : un réveil brutal, une courte syncope, un léger traumatisme crânien sans conséquence neurologique. Dans ces cas, l’événement somatique n’est qu’une épine irritative — un levier qui entrouvre une brèche dans laquelle s’engouffre tout ce que la psyché retenait depuis longtemps. La blessure réelle était là bien avant.

    Les études montrent par ailleurs que l’amnésie dissociative est deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes — une réalité qui reflète, en partie, l’exposition statistiquement plus élevée des femmes aux violences sexuelles et aux traumatismes relationnels. Cette inégalité épidémiologique est cliniquement significative et encore trop peu prise en compte dans les protocoles de dépistage.

    Ce que le cerveau fait vraiment : la neurobiologie de l’oubli protecteur

    Les avancées en neuroimagerie fonctionnelle ont profondément transformé notre compréhension du trouble. Grâce à la TEP (tomographie par émission de positons), les chercheurs ont pu observer chez des patients atteints d’amnésie dissociative sévère un hypométabolisme marqué dans des zones cérébrales critiques — malgré une IRM structurellement normale. La région préfrontale droite, impliquée dans le traitement des émotions et de la mémoire autobiographique, est régulièrement concernée, tout comme les hippocampes, structures pivots de la consolidation mémorielle.

    Ce tableau neurologique dit quelque chose d’essentiel : les souvenirs ne sont pas détruits — ils sont verrouillés. Quelque chose, dans le fonctionnement cérébral, en bloque activement la récupération. C’est pour cette raison que de nombreux patients retrouvent leurs souvenirs intacts, des semaines ou des années plus tard, sans avoir jamais souffert de lésion cérébrale.

    Un cas clinique illustre bien cette réalité avec une puissance quasi romanesque. Un patient ayant oublié plusieurs semaines de sa vie a tout recouvré pendant un match de tennis, lorsqu’un échange particulier lui a rappelé un match précédent avec le même adversaire. Tout lui est revenu en quelques secondes. Les chercheurs ont baptisé ce phénomène “la petite madeleine” — en hommage à Proust, mais aussi à la nature involontaire et non consciente de la mémoire dissociée.

    Les formes cliniques : du trou noir localisé à la fugue identitaire

    L’amnésie dissociative ne se présente pas sous un seul visage. Elle couvre un spectre large, des formes les plus discrètes aux manifestations les plus spectaculaires.

    Formes cliniques de l’amnésie dissociative
    Forme Ce qui est oublié Exemple clinique typique
    Localisée Une période précise et délimitée Oublier les heures ou jours suivant une agression
    Sélective Certains aspects d’un événement, pas la totalité Se souvenir d’un décès mais pas de la douleur éprouvée
    Généralisée Toute l’histoire personnelle et l’identité Ne plus connaître son prénom, ses proches, sa vie entière
    Fugue dissociative Identité + déambulation inconsciente Être retrouvé dans une autre ville sans souvenir du trajet
    Continue Les événements récents au fur et à mesure Incapacité à retenir ce qui se passe dans un contexte traumatique persistant

    La forme la plus fréquente en consultation est l’amnésie localisée — la plus silencieuse, la plus difficile à identifier, et paradoxalement la plus longtemps ignorée, y compris par les patients eux-mêmes. La fugue dissociative, elle, est rare mais saisissante : le patient est décrit comme un “voyageur sans bagage”, retrouvé parfois à des dizaines de kilomètres de chez lui, dans un état de confusion totale quant à sa propre identité.

    Les conséquences : ce que l’on ne voit pas derrière l’amnésie

    Vivre avec une amnésie dissociative — même partielle — disloque l’existence de l’intérieur. Les personnes touchées peinent à construire et maintenir des relations stables. Comment partager une intimité véritable quand une partie de son histoire personnelle est inaccessible ? Comment expliquer à un conjoint, à un ami, à un collègue, l’existence de cette zone grise en soi — sans se heurter à l’incompréhension, voire à la suspicion ?

    La dépression est l’une des conséquences les plus documentées. Les comportements autodestructeurs — abus de substances, prise de risques sexuels, automutilation — sont également fréquents. Le risque suicidaire est particulièrement élevé à deux moments distincts : au cœur même de l’épisode amnésique, et lors du retour brutal des souvenirs. Car lorsque l’amnésie se lève sans préparation, le patient peut être submergé par des mémoires traumatiques d’une violence psychique extrême. Ce retour peut s’avérer plus dévastateur que l’amnésie elle-même.

    Certains patients développent ultérieurement un trouble de stress post-traumatique (TSPT), avec des flash-backs qui alternent avec des zones d’amnésie. Ces deux états — trop se souvenir et ne plus rien se rappeler — peuvent coexister chez un même individu, parfois dans la même journée. L’esprit oscille entre la surinondation mémorielle et un silence total.

    Les impacts méconnus : identité, travail, corps

    Ce que l’on perçoit moins, c’est l’impact sur l’identité professionnelle et pratique. Des patients perdent des savoir-faire techniques pourtant ancrés depuis des années — ils ne reconnaissent plus leur propre signature, ne savent plus conduire, ont perdu des habitudes profondément enracinées comme fumer, ou abandonné des préférences alimentaires tenaces. Ces pertes périphériques déconcertent autant les cliniciens que les proches, car elles dépassent largement le cadre de la mémoire épisodique.

    Du côté somatique, la plainte est souvent floue : fatigue chronique inexpliquée, troubles du sommeil, faiblesse physique sans cause identifiable. Ces symptômes accompagnent fréquemment le trouble dissociatif sans jamais en être reconnus comme la manifestation. Le patient consulte un généraliste pour l’épuisement, un cardiologue pour les palpitations — et personne ne fait le lien avec un trauma enfoui, parfois depuis des décennies.

    Le diagnostic : un art clinique, pas une case à cocher

    Poser un diagnostic d’amnésie dissociative exige d’abord d’éliminer toute cause organique — tumeur, AVC, épilepsie, ictus amnésique — via une IRM cérébrale et, si nécessaire, un électroencéphalogramme. Ce bilan doit être conduit rapidement : une incertitude prolongée aggrave l’angoisse du patient et retarde la prise en charge adaptée.

    Vient ensuite l’évaluation clinique approfondie : recueillir l’histoire du sujet, identifier les antécédents traumatiques, repérer les signaux dissociatifs. Les cliniciens utilisent notamment la méthode associative — inviter la personne à raconter un souvenir à partir d’un mot simple — pour évaluer sa capacité à reconstruire des souvenirs épisodiques sur les périodes conservées. Un patient qui y parvient est généralement de meilleur pronostic.

    Comportementalement, deux profils opposés se dessinent. Certains patients affichent une perplexité anxieuse intense face à leur propre vide mémoriel. D’autres, au contraire, manifestent ce que les psychiatres nomment “la belle indifférence affective” — une sérénité déconcertante devant une situation objectivement dramatique. Cette indifférence n’est pas de la simulation. C’est une autre expression du mécanisme dissociatif à l’œuvre.

    Les voies de guérison : reconstituer sans jamais forcer

    Le traitement repose avant tout sur la psychothérapie trauma-centrée. Elle permet de travailler progressivement sur les événements à l’origine de la dissociation, de les approcher sans confrontation brutale, et d’intégrer ce qui avait été coupé du flux de la conscience. Forcer la récupération des souvenirs sans accompagnement thérapeutique solide est potentiellement dangereux — une amnésie qui protège un sujet d’une douleur insupportable ne doit pas être levée à la légère.

    L’hypnose clinique peut faciliter l’accès à des états de conscience modifiés propices à la remémoration. Dans de rares cas, des entretiens facilités par des agents semi-hypnotiques ont été utilisés. Ces approches restent encadrées et secondaires par rapport au travail psychothérapeutique de fond.

    Ce qui compte avant tout, c’est la qualité de l’environnement thérapeutique : sécurité, bienveillance, absence absolue de jugement. De nombreux patients recouvrent leurs souvenirs spontanément — parfois en quelques jours, parfois des années après l’épisode amnésique. Le cerveau, lorsqu’il se sent suffisamment en sécurité, peut rouvrir ce qu’il avait scellé. Ce n’est pas une guérison spectaculaire. C’est un retour patient, discret, parfois fragmentaire. Mais c’est un retour.

    Sources
    • MSD Manuals (version professionnelle) — Amnésie dissociative : étiologie, symptômes, diagnostic et traitement
    • Merck Manuals — Amnésie dissociative : troubles psychiatriques
    • La Revue du Praticien — Amnésie dissociative : une amnésie fonctionnelle
    • Cn2r — Dossier scientifique : Amnésie dissociative (2024)
    • Partielles.com — L’amnésie dissociative selon le DSM-5
    • PubMed — Dissociative Amnesia: Remembrances Under Cover (Markowitsch, 2024)
    • Wiley Online Library — Dissociative Amnesia: Remembrances Under Cover (2024)
    • PMC — Recent evidence-based developments in the treatment of DID (Bachrach, )
    • Tomas Rosprim — Statistiques et faits sur les troubles dissociatifs
    • Psychaanalyse.com — Dossier complet sur l’amnésie dissociative (PDF)
    Table des matières afficher
    1 Ce que ce trouble est vraiment — et ce qu’on confond trop souvent
    2 Les causes : le trauma comme moteur silencieux
    3 Ce que le cerveau fait vraiment : la neurobiologie de l’oubli protecteur
    4 Les formes cliniques : du trou noir localisé à la fugue identitaire
    5 Les conséquences : ce que l’on ne voit pas derrière l’amnésie
    6 Les impacts méconnus : identité, travail, corps
    7 Le diagnostic : un art clinique, pas une case à cocher
    8 Les voies de guérison : reconstituer sans jamais forcer

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    Marine
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    Une passionnée de psychologie qui observe les comportements humains au quotidien et s’efforce d’apporter plus de positivité dans la vie des autres grâce à la psychologie.

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