Une étude publiée en août 2025 dans Healthcare a interrogé 514 mères israéliennes ayant au moins un enfant de moins de trois ans. Le score moyen de santé mentale perçue était de 65,88 sur 100 parmi 401 répondantes, contre 78,36 pour la santé physique parmi 442 répondantes.
Le soutien social, la compassion envers soi et les activités agréables étaient associés à une meilleure santé mentale perçue. Ce résultat ne transforme pas une pause en traitement et ne dit pas qu’une mère peut résoudre seule sa fatigue. Il déplace la question : de combien de repos une personne a-t-elle besoin, et qui doit rendre ce repos possible?
Le repos n’est pas mérité.
L’équilibre, ce vieux contrat signé par les mères

En apparence, le mot « équilibre » semble neutre. Dans la vie des mères, il a souvent pris la forme d’un contrat silencieux : travailler, s’occuper des enfants, tenir la maison, rester disponible, puis trouver encore assez d’énergie pour prendre soin de soi. Lorsque l’organisation craque, la responsabilité retombe facilement sur celle qui n’a pas réussi à tout ajuster.
Un article historique publié dans Palgrave Communications retrace des débats de l’Association internationale des femmes médecins entre 1952 et 1956. Les participantes reliaient les maux physiques, la détresse psychologique, le rythme du travail domestique et le sentiment de frustration. Elles interrogeaient aussi la place du travail rémunéré dans la santé des femmes.
Les positions divergeaient. Certains médecins considéraient la maternité à temps plein comme la meilleure protection de la famille. D’autres voyaient dans l’emploi une source de stimulation et de santé psychique. Dans les deux cas, les femmes restaient chargées de préserver le foyer, le couple et le développement des enfants. La « bonne mesure » changeait, la pression demeurait.
Ce que le self-care protège, et ce qu’il ne répare pas
Le self-care ne désigne pas uniquement une séance de sport ou un soin esthétique. Dans l’étude publiée en 2025, il était évalué à partir d’activités agréables. Leur point commun : elles offrent une coupure choisie avec les obligations.
Chez les mères interrogées, un niveau plus élevé de soutien social et de compassion envers soi était associé à une meilleure santé physique perçue. Pour la santé mentaleles trois facteurs étudiés, soutien social, compassion envers soi et activités agréables, étaient associés à de meilleurs scores. Le modèle statistique expliquait 39 % de la variation de la santé mentale perçue, contre 11 % pour la santé physique.
Cette nuance ne rend pas les résultats inutiles. Elle évite une nouvelle injonction : « Faites davantage de self-care et tout ira mieux. » Une pause peut soutenir une personne. Elle ne remplace ni un sommeil régulièrement interrompu, ni une charge financière lourde, ni une absence de relais, ni un travail qui déborde chaque soir.
La compassion envers soi retire une taxe invisible

La compassion envers soi consiste à se traiter avec la même compréhension que l’on accorderait à une personne épuisée. Elle réduit l’autocritique et permet de regarder ses difficultés sans les transformer en preuve d’échec.
Chez les mères, cette attitude peut modifier une phrase intérieure très répandue : « Je prends du temps pour moi, donc je prive quelqu’un d’autre. » La remplacer par « Mon état mérite aussi d’être pris en compte » ne résout pas la logistique. Cela retire toutefois une couche de culpabilité qui empêche parfois de demander une nuit de relais, un rendez-vous médical ou une heure sans enfant.
La différence se voit dans les détails. Une mère qui se reproche une sieste cherchera peut-être à la justifier par sa productivité future. Une mère qui accepte sa fatigue peut simplement constater qu’elle a besoin de dormir. La première négocie encore avec le tribunal intérieur. La seconde regarde une donnée du corps.
Le soutien ne se devine pas, il se distribue

Pour rappel, le soutien social peut être reçu ou seulement perçu. Une personne peut avoir un entourage présent mais ne pas se sentir autorisée à solliciter ses proches. À l’inverse, une aide ponctuelle et bien ciblée peut produire un soulagement supérieur à une avalanche de conseils.
« Dis-moi si tu as besoin de quelque chose » laisse toute la planification à la mère déjà débordée. Une demande précise fonctionne mieux : « Peux-tu garder les enfants mardi de 18 heures à 19 h 30 pour que je marche seule? » ou « Peux-tu prendre en charge les courses et le dîner vendredi? » La demande nomme une tâche, une durée, un responsable. Elle réduit les négociations floues.
Cette répartition concerne le partenaire, la famille, les amis et parfois le monde professionnel. Le soutien émotionnel compte, mais le soutien logistique libère du temps réel. Écouter une mère dire qu’elle est épuisée ne suffit pas toujours. Prendre les enfants, appeler l’école, préparer le repas ou accompagner à un rendez-vous change la quantité de responsabilités qu’elle porte.
Le foyer n’est pas une salle de récupération
Sauf que le self-care se déroule souvent dans le même espace que le travail domestique. La mère boit son café devant une lessive, répond à un message professionnel pendant la sieste de l’enfant, puis transforme une promenade en course urgente. Le temps existe sur le papier, mais il reste traversé par les interruptions.
Les débats médicaux étudiés sur la période 1952 à 1956 avaient déjà du mal à penser le foyer comme un lieu de travail à part entière. Les tâches domestiques pouvaient épuiser le corps et l’esprit, tout en restant moins visibles qu’un emploi rémunéré. Une application d’exercices de cinq minutes ne modifie pas, à elle seule, la répartition de ces tâches.
Le revenu et la situation professionnelle apparaissent aussi dans les résultats de l’étude : la santé physique perçue était plus élevée chez les mères aux revenus supérieurs, tandis que les scores de santé mentale étaient plus élevés chez les mères employées à temps plein. Ces associations ne permettent pas de conclure qu’un revenu ou un emploi protège à lui seul. Elles rappellent qu’une routine individuelle ne peut pas remplacer une organisation qui laisse toute la charge sur une seule personne.
Un protocole réaliste pour reprendre une place dans son agenda

Une pratique de self-care devient plus solide lorsqu’elle ne dépend pas d’un moment miraculeusement libre. La méthode suivante transforme une intention vague en rendez-vous identifiable :
- Nommer le besoin. Choisissez ce qui manque aujourd’hui : dormir, bouger, parler, être seule, consulter ou ne rien produire.
- Réduire l’ambition. Une marche de quinze minutes, un appel de dix minutes ou une sieste peuvent constituer une vraie pause. L’objectif est la répétition possible, pas la performance.
- Réserver le créneau. Inscrivez-le dans l’agenda et associez-le à une personne qui prend le relais. Sans cette étape, le temps risque d’être repris par une tâche urgente.
- Observer l’effet. Après quelques jours, regardez la fatigue, l’irritabilité, la qualité du sommeil et la sensation d’isolement. Si la détresse persiste ou s’aggrave, une consultation médicale ou psychologique prend le relais du conseil général.
Cette démarche ne promet pas une vie parfaitement équilibrée. Elle distingue simplement trois problèmes souvent mélangés : une pause manquante, un soutien insuffisant et une souffrance qui demande des soins. Le premier appelle un créneau. Le deuxième appelle une redistribution. Le troisième mérite un professionnel.
Le soin de soi tient mieux quand le soutien devient partagé.
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- Podcast: Working Moms and Self-Care with Brooke Burke.
- Working Moms and Self-Care with Brooke Burke – PodcastHealth.
- Working Moms and Self-Care with Brooke Burke Inside Mental Health | iHeart.
- Working Moms and Self-Care wit… – Inside Mental Health – Apple Podcasts.
