La pandémie de 2020 a plongé 500 millions de personnes dans une dépression clinique. Parallèlement, les recherches en psychologie positive découvrent un antidote puissant et gratuit : l’émerveillement. Cette émotion, longtemps jugée trop vague pour être scientifiquement mesurée, restructure le cerveau et réorganise nos cadres mentaux. Voilà le paradoxe de notre époque : alors que les dépressions explosent, la science redécouvre l’une des plus anciennes recettes du bonheur humain.
L’émerveillement ne se limite pas aux lever de soleil ou aux aurores boréales. Il surgit aussi devant un acte de gentillesse inattendu, une découverte scientifique qui renverse notre compréhension du monde, ou une conversation qui nous enlève le sol sous les pieds. Cette capacité à s’émerveiller agit comme une clé pour accéder à des états de transcendance où le moi s’efface et où nous nous reconnectons à quelque chose de plus grand que nous. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, cette transformation intérieure n’est pas réservée aux contemplatifs. Elle transforme également la physiologie du cerveau, apaise le système nerveux et génère des vagues de bien-être mesurables.
Qu’est-ce que l’émerveillement ? Une définition au-delà des mots
L’émerveillement est d’abord une expérience. Il survient lorsque nous nous trouvons face à quelque chose d’incompréhensible ou de sublime, quelque chose qui nous dépasse et interpelle notre compréhension du monde. Ce moment crée un décalage entre ce que nous connaissons et ce que nous venons de vivre. Le psychisme se réorganise alors, jusqu’à ce que nous intégrions cette nouvelle réalité dans nos connaissances.
Les chercheurs Dacher Keltner et Jonathan Haidt ont identifié deux éléments clés qui définissent l’émerveillement. Le premier est la perception de l’immensité. Cela signifie le sentiment de se trouver face à quelque chose qui nous dépasse, que ce soit au sens littéral (contempler l’innombrable quantité d’étoiles visibles dans un ciel nocturne) ou au sens métaphorique (réaliser que ces étoiles font toutes partie de notre propre galaxie). Cette immensité peut être physique ou intellectuelle.

Le second élément est le besoin d’accommoder cette nouvelle information dans nos schémas mentaux existants. L’émerveillement exige donc une révision de nos connaissances. C’est cette tension créatrice entre le connu et l’inconnu qui caractérise l’expérience. Les émotions qui en découlent sont complexes et variées. Un instant, nous ressentons une joie intense. L’instant d’après, une forme de crainte respectueuse. Et souvent, une profonde gratitude d’avoir eu accès à cette expérience.
Les trois dimensions neuropsychologiques de l’émerveillement
La science a identifié trois phénomènes qui caractérisent chaque expérience d’émerveillement authentique. Ces trois dimensions expliquent pourquoi cette émotion produit des effets aussi puissants et durables sur notre bien-être.
La première dimension est la perception de l’immensité, que nous avons déjà évoquée. Elle crée une sorte de décentrement cognitif où l’individu réalise son insignifiance relative dans l’univers. Loin d’être déprimant, ce mécanisme libère l’esprit des petites préoccupations quotidiennes. Quand nous contemplons l’océan ou les constellations, nos tracas professionnels et nos frustrations relationnelles s’évanouissent. Ils ne disparaissent pas magiquement, mais ils perdent leur pouvoir de nous asphyxier.
La deuxième dimension est la modification de la perception de soi. L’émerveillement produit une réduction temporaire mais profonde de la conscience de soi. En même temps, il génère un sentiment de plus grande connexion aux autres. Cette double transformation est révolutionnaire. Nous nous focalisons moins sur nous-mêmes tout en ayant la sensation de faire partie d’un tout. Certains chercheurs, notamment dans les traditions contemplatives, considèrent ce phénomène comme un état modifié de conscience transcendant le moi, comparable aux états de flow ou de pleine conscience.
La troisième dimension est le développement de la pensée critique. L’émerveillement remet en cause nos schémas de pensée existants. Quand une découverte scientifique nous émerveille, nous révisons nos croyances. Quand un acte de beauté nous paralyse d’admiration, nous questionnons nos certitudes sur la nature humaine. Cette plasticité cognitive crée les conditions pour une croissance intellectuelle et spirituelle.
Les effets physiologiques : Quand l’émerveillement prend racine dans le corps
L’émerveillement transforme bien plus que nos pensées. Il reconfigure notre biologie. Quand nous nous émerveillons, notre système nerveux reçoit un signal différent. Le corps reconnaît cet état comme sûr et nourricier.
Premièrement, l’émerveillement active les nerfs vagaux. Ces groupes de neurones situés dans la moelle épinière régulent diverses fonctions corporelles. Quand cette activation se produit, notre rythme cardiaque ralentit. La digestion s’améliore. La respiration s’approfondit. Le visage exprime un sourire large et spontané, celui qu’on ne peut pas feindre. Ce sourire n’est pas une performance. Il est le symptôme d’une cascade neurobiologique authentique.
Deuxièmement, l’émerveillement déclenche la libération d’ocytocine. Cette hormone est souvent appelée l’hormone de l’amour ou de l’attachement. Elle favorise la confiance et l’établissement de liens affectifs. Quand nous expérience l’émerveillement en groupe, cette libération crée une cohésion physique palpable. Les gens se sentent plus proches, plus connectés, plus confiants. C’est pourquoi les concerts, les cérémonies religieuses et les mouvements collectifs génèrent des expériences d’émerveillement si puissantes.

Troisièmement, l’émerveillement calme le système nerveux et réduit l’inflammation chronique. Beaucoup de maladies modernes (maladies cardiovasculaires, diabète, certains cancers) sont liées au stress chronique et à l’inflammation du corps. L’émerveillement, en apaisant le système nerveux, combat directement ces mécanismes destructeurs. C’est un médicament sans prescription, sans effets secondaires, et gratuit.
L’émerveillement et la régulation des émotions : Une voie vers la résilience
Les émotions négatives nous enferment. L’anxiété nous fait anticiper des menaces. La dépression nous paralyse dans le présent. La colère nous rend rigides. L’émerveillement fait l’inverse. Il nous ouvre à des possibilités nouvelles.
Des recherches en psychologie clinique établissent un lien entre l’expérience d’états transcendants et une meilleure régulation émotionnelle. Les personnes qui cultivent régulièrement l’émerveillement développent une résilience accrue face aux chocs et aux traumatismes. Elles construisent du sens plus facilement. Elles ne nient pas la souffrance, mais elles la situent dans un contexte plus large.
Cette régulation émotionnelle produit un effet thérapeutique direct. Les personnes souffrant de dépression qui adoptent des pratiques génératrices d’émerveillement (promenades régulières dans la nature, engagement spirituel, participation à des expériences artistiques) rapportent une diminution significative de leurs symptômes. Les chercheurs observent des résultats similaires chez les personnes souffrant de trouble de stress post-traumatique et d’anxiété généralisée.
L’émerveillement agit comme un correctif émotionnel. Alors que les émotions négatives réduisent notre attention, rétrécissent notre vision du monde et nous concentrent sur la menace, l’émerveillement élargit. Les personnes émerveilées sont moins impatientes. Elles tolèrent mieux l’incertitude. Elles font preuve de plus de générosité envers les autres. Ces transformations n’apparaissent pas après des années de méditation. Elles apparaissent après une seule séance d’émerveillement authentique.
Transcendance : Au-delà du moi personnel
La transcendance est le vrai nom de ce qui se passe dans l’émerveillement avancé. C’est quand l’individu dépasse les limites du moi pour se connecter à quelque chose de plus vaste. Cette expérience existe dans toutes les traditions spirituelles et religieuses. Elle porte des noms différents : illumination dans le bouddhisme, communion mystique dans le christianisme, fana dans le soufisme, libération dans l’hindouisme. Mais le phénomène neuropsychologique est étrangement similaire.
Dans les traditions bouddhistes, le point culminant de la pratique méditative est l’atteinte du nirvana. Cet état transcendant est marqué par la libération du cycle des naissances et des renaissances, l’extinction de tous les désirs et de toute ignorance. Ce n’est pas un état passif ou mort, comme le mot peut le laisser croire en Occident. C’est un état d’être où la conscience se libère des structures égoïques qui la prisonnier.

Les neuroscientifiques modernes ont mis en place des outils pour étudier ces états. La neurophénoménologie, un cadre de recherche développé par Francisco Varela, combine des descriptions détaillées des états méditatifs avec des méthodes neuroscientifiques rigoureuses. Les chercheurs corrèlent les descriptions phénoménologiques avec les schémas d’activité neuronale correspondants. Ce travail révèle que la transcendance n’est pas une hallucination ou une fuite mentale. Elle correspond à des modulations mesurables et cohérentes de l’activité cérébrale.
Quand une personne expérience la transcendance, certaines régions du cerveau se désactivent (notamment le réseau du mode par défaut, responsable de la rumination du moi) tandis que d’autres s’activent (notamment les régions associées à l’empathie et à la connexion). C’est comme si le cerveau se recâblait temporairement pour opérer dans un mode complètement différent. Et après l’expérience, ces changements laissent des traces. Le cerveau conserve une empreinte de cette reconfiguration.
Les réducteurs d’émerveillement : Pourquoi nous avons cessé de nous émerveiller
L’émerveillement n’est pas une capacité stable chez les adultes. Elle s’érode. Les enfants s’émerveillent constamment : une fourmi qui marche, un papillon, une flaque d’eau. Mais à mesure que nous vieillissons, nous perdons cette capacité. Plusieurs facteurs y contribuent.
Le premier est l’habituation. Plus nous exposons à quelque chose, moins il nous émerveille. Les citadins qui voient le ciel étoilé rarement trouvent le ciel spectaculaire. Ceux qui grandissent sous les étoiles cessent de les remarquer. La beauté reste, mais notre attention glisse dessus. Le mécanisme neurologique de l’émerveillement requiert la surprise. Sans surprise, il n’y a pas d’émerveillement.
Le deuxième facteur est le matérialisme culturel. Les sociétés occidentales modernes orientent l’attention vers la consommation et l’accumulation de biens. Cette orientation réduit directement la capacité d’émerveillement. Des études montrent que plus une personne est orientée vers la consommation matérielle, moins elle expérimente d’émerveillement. Réciproquement, les expériences d’émerveillement réduisent le matérialisme. Quelques heures dans la nature diminuent notre envie d’acheter des choses. Cet effet perdure semaines après l’expérience.
Le troisième facteur est la fragmentation de l’attention. Les smartphones, les notifications, les réseaux sociaux divisent notre conscience en mille petits fragments. L’émerveillement requiert une attention soutenue. Il faut du silence. Il faut de l’espace mental. Il faut la capacité à s’attarder. Les personnes chroniquement connectées perdent cette capacité. Elles deviennent incapables de s’émerveiller face aux choses qui auraient dû les captiver.
Comment cultiver l’émerveillement au quotidien
Cultiver l’émerveillement revient à transformer votre relation à la vie ordinaire. Voici les pratiques qui générent les résultats les plus fiables.
Immersion dans la nature. Les promenades régulières dans la nature génèrent l’émerveillement plus facilement que toute autre pratique. Pas besoin d’aller au Pérou ou à Bali. Un parc urbain suffit. Une forêt près de chez vous suffit. La clé est l’attention. Marchez sans téléphone. Regardez les détails : les nervures des feuilles, le mouvement des insectes, les variations de lumière. L’immensité du monde vivant se révèle à ceux qui regardent vraiment.

Pratiques spirituelles et religieuses. La prière, la méditation, la contemplation génèrent des états d’émerveillement chez les croyants. Ces pratiques ont traversé les millénaires non parce qu’elles étaient inefficaces, mais parce qu’elles activent des mécanismes profonds du cerveau. Que vous soyez religieux ou non, les structures formelles de la contemplation (méditation assise, respiration consciente, lecture des textes sacrés) créent les conditions pour l’émerveillement.
Engagement avec l’art et la musique. Assister à un concert, visiter un musée, lire un poème difficile génère l’émerveillement. L’art nous confronte à des représentations de beauté et de profondeur que nous ne trouvons pas dans la vie quotidienne. La musique en particulier crée un état de dissociation légère où l’émerveillement s’épanouit.
Mouvements collectifs. Danser avec d’autres, participer à un rituel collectif, assister à une cérémonie génère l’émerveillement d’une qualité particulière. L’ocytocine libérée collectivement crée une connexion qui isolée on ne peut atteindre. C’est pourquoi les foules aux concerts et les assemblées religieuses rapportent des expériences si transformatrices.
Contemplation de l’immensité. Passer du temps face à l’océan, en montagne, ou sous un ciel étoilé génère directement l’émerveillement. Cette pratique fonctionne particulièrement bien si vous y allez seul et restez immobile au moins 20 minutes. L’immensité de ces spectacles reconfigure votre perception de votre propre importance.
Lecture et apprentissage intellectuel. Apprendre quelque chose de profondément nouveau génère l’émerveillement. Découvrir comment fonctionne l’ADN, comment les bactéries communiquent entre elles, comment les galaxies se forment crée une révision cognitive qui produit l’émerveillement. La science peut être un chemin vers la transcendance au même titre que la spiritualité.
La diminution du stress et l’amélioration de la satisfaction de vie
Une étude spécifique a mesuré directement les effets de l’émerveillement sur le stress quotidien. Les résultats sont sans ambiguïté. Les personnes qui expérience régulièrement l’émerveillement rapportent une réduction significative de leurs niveaux de stress dans l’instant présent. Cette réduction se traduit par une plus grande satisfaction générale face à la vie.
Le mécanisme est simples. Le stress chronique maintient notre système nerveux en état de vigilance. Les amygdales restent activées. L’hormones de stress (cortisol et adrénaline) circulent constamment. L’émerveillement désactive cet état de vigilance. Il dit au corps que nous sommes en sécurité. Qu’il n’y a pas de menace immédiate. Cette permission de relaxer crée un effet physiologique direct mesurable dans les niveaux hormonaux.
Mais l’effet ne s’arrête pas à la réduction momentanée du stress. Les personnes qui cultivent l’émerveillement développent une résistance au stress. Leur seuil de réactivité augmente. Les irritations quotidiennes qui auraient suscité une frustration intense sont maintenant gérées avec une relative sérénité. C’est comme si l’émerveillement recalibre notre thermostat émotionnel à un niveau plus élevé.
L’émerveillement commence comme une expérience privée. Mais il ne s’arrête pas là. Il se transforme en action sociale. Les personnes émerveilées deviennent plus généreuses, plus altruistes, plus enclines à coopérer avec les autres. C’est parce que l’émerveillement réduit l’égoïsme. Quand le moi s’efface, les besoins des autres deviennent visibles.
Cela a des implications profondes pour la vie collective. Imaginez une société où l’émerveillement est cultivé institutionnellement. Les écoles enseigneraient non seulement les faits, mais généreraient l’émerveillement face à la connaissance. Les villes prendraient soin de préserver les espaces naturels qui génèrent l’émerveillement collectif. Les rituels collectifs (fêtes, cérémonies) seraient conçus intentionnellement pour susciter l’émerveillement plutôt que la consommation. C’est une vision radicalement différente de notre organisation sociale actuelle. Et pourtant, c’est à la portée de chacun maintenant.
Les recherches montrent que l’émerveillement collective stimule la mobilisation citoyenne et l’engagement envers les causes communes. Les personnes émerveilléesy par la beauté de la nature s’engagent davantage pour son protection. Celles émerveilléesy par l’injustice s’engagent pour la justice sociale. L’émerveillement ne produit pas l’apathie. Il produit l’action alignée sur nos valeurs profondes.
L’émerveillement et la quête de connaissance : Une histoire millénaire
L’histoire des sciences et de la philosophie commence par l’émerveillement. Aristote a connecté religion, science, art et philosophie à notre désir de connaître. Ce désir naît de l’émerveillement. La personne qui s’émerveille réalise son ignorance. Et de cette ignorance naît le désir de connaître. Ce désir engendre les idées philosophiques, les concepts scientifiques, les constructions religieuses et les contes.
Au Moyen Âge, cette valorisation de l’émerveillement comme moteur du savoir continue. La mise en place de grandes cathédrales était explicitement conçue pour susciter l’émerveillement face au divin. Les vitraux, les voûtes immenses, l’acoustique étaient autant de technologies médiévales d’émerveillement. Cela n’était pas une distraction de la connaissance. C’était la fondation de la connaissance.
Adam Smith, le économiste et philosophe écossais du 18ème siècle, a examiné comment le sens de l’émerveillement face aux événements astronomiques et météorologiques constitue la base de la philosophie et de la religion. Smith prédit que nous ne cesserons jamais de nous émerveiller. Contrairement à Descartes qui voyait la science comme rationalisant progressivement le merveilleux, Smith voyait que la science génère elle-même de nouvelles formes d’émerveillement. Chaque réponse scientifique révèle des structures d’une complexité plus grande. Chaque théorie établit un ordre qui permet de remarquer les irrégularités et les anomalies. Celles-ci suscitent à nouveau l’émerveillement.
Aujourd’hui, la science-fiction et la cosmologie contemporaine continuent cette tradition. Les concepts de trous noirs, de multivers, de physique quantique génèrent l’émerveillement rationnel. Ce n’est pas une fuite hors de la science. C’est la science à son meilleur, suscitant en nous la confiance que nous vivons dans un univers de profondeur infinie que nous ne comprendrons jamais pleinement.
FAQ : Vos questions sur l’émerveillement et la transcendance
L’émerveillement dure-t-il longtemps ou disparaît-il rapidement ?
L’émerveillement dans le moment est intense mais transitoire. Il dure quelques secondes à quelques minutes. Mais ses effets perdurent. Une séance d’émerveillement de 20 minutes génère des changements neuronaux mesurables qui persistent pendant des semaines. C’est pourquoi cultiver l’émerveillement régulièrement produit des effets cumulatifs. Chaque expérience laisse une empreinte. Ces empreintes s’accumulent et restructurent progressivement notre cerveau.
Y a-t-il une différence entre l’émerveillement et la gratitude ?
Oui. La gratitude est dirigée. Elle reconnaît un bénéfice que nous avons reçu. L’émerveillement est non-dirigé. Il survient face à la beauté ou la profondeur sans qu’il y ait un bénéficiaire identifié. Vous pouvez être reconnaissant envers quelqu’un. Mais vous ne pouvez être reconnaissant envers l’univers. Vous pouvez vous émerveiller face à l’univers. Ils s’accompagnent souvent, mais ce ne sont pas la même émotion.
Est-ce que tout le monde peut expérimenter l’émerveillement ?
Oui. L’émerveillement est une capacité universelle inscrite dans notre neurobiologie. Mais comme toute capacité, elle s’atrophie avec le non-usage. Les personnes immergées dans la vie urbaine stressante, hyper-connectée et matérialiste perdent accès à l’émerveillement. Elles doivent réapprendre. Cela prend du temps et de la pratique intentionnelle. Mais tout le monde peut y accéder.
L’émerveillement peut-il être dangereux ou addictif ?
L’émerveillement n’est pas addictif dans le sens où les drogues le sont. Il ne crée pas de dépendance physique. Certaines personnes recherchent cependant des expériences d’émerveillement extrêmes (parachutisme, alpinisme de haut niveau) et prennent des risques disproportionnés. C’est comparable à la recherche d’intensité émotionnelle, pas à une addiction à l’émerveillement lui-même. L’émerveillement cultivé intentionnellement (nature, spiritualité, art) ne porte pas ces risques.
Quel est le lien entre l’émerveillement et la créativité ?
L’émerveillement crée un état mental propice à la créativité. Il remet en cause nos schémas mentaux fixés. Il dilate notre conscience. Il nous libère des pensées conventionnelles. Beaucoup de grands artistes, scientifiques et penseurs rapportent que leurs moments d’émerveillement les plus profonds sont précédés ou suivis de crises créatives. C’est comme si l’émerveillement libère les ressources cognitives que la rumination égoïque monopolisait.
Conclusion : Réapprendre à s’émerveiller
Nous vivons dans une époque paradoxale. Nous avons accès à plus de beauté et de connaissance que n’importe quelle génération passée. Des images de l’univers lointain en temps quasi-réel. Des enregistrements de musique depuis tous les continents. Des bibliothèques numériques contenant le savoir accumulé de l’humanité. Et pourtant, nous sommes moins émerveillés que jamais.
C’est parce que l’accès à la beauté ne génère pas automatiquement l’émerveillement. L’émerveillement requiert l’attention. Il requiert l’immersion. Il requiert l’espace mental. Il requiert que nous ralentissions suffisamment pour nous laisser transformer par ce que nous rencontrons. C’est un acte volontaire et discipliné. C’est le contraire de la passivité.
Cultiver l’émerveillement c’est cultiver un acte de résistance. Résistance contre l’habitude. Résistance contre le matérialisme culturel. Résistance contre la fragmentation de l’attention. C’est affirmer que la beauté, la profondeur et la transcendance comptent. C’est affirmer que nous sommes capables de nous dépasser. C’est affirmer que la vie n’est pas juste une question de survie ou d’accumulation, mais un voyage continu de transformation.
L’émerveillement ne résout pas les problèmes structurels de la société. Mais il change notre manière d’y faire face. Il nous rend plus résilients, plus généreux, plus sages. Il nous reconnecte à notre humanité profonde. Et dans une époque d’autant d’urgence, cette reconnexion à nous-mêmes et à notre potentiel humain n’est pas un luxe. C’est une nécessité.
Commencez petit. Sortez ce soir ou demain matin. Regardez le ciel. Marchez dans un endroit verts. Posez votre téléphone. Respire. Attends. Laisse ton esprit absorber la beauté sans filtres. Cela suffit. Ce moment de sincère émerveillement vous transformera. Et chaque moment d’émerveillement après celui-ci vous transformera aussi, légèrement. Progressivement. Les petites transformations s’accumulent. Finalement, c’est une vie complètement différente.
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Sources et références (13)
▼
- [1] Se-realiser (se-realiser.com)
- [2] Revue3emillenaire (revue3emillenaire.com)
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- [10] Fr.wikipedia (fr.wikipedia.org)
- [11] Vivreetesperer (vivreetesperer.com)
- [12] Revue-interrogations (revue-interrogations.org)
- [13] Cerveauetpsycho (cerveauetpsycho.fr)
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