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    Accueil » Trouble de la personnalité antisociale : ce que montrent les études de 2025 et 2026 sur le traitement
    A diverse group engages in a therapy session inside a gym, fostering mental health support.
    Photo de Tima Miroshnichenko sur Pexels.
    Troubles mentaux

    Trouble de la personnalité antisociale : ce que montrent les études de 2025 et 2026 sur le traitement

    MarinePar Marine17 août 2026Mise à jour:17 août 2026Aucun commentaire11 Minutes de Lecture

    Le trouble de la personnalité antisociale correspond à un schéma durable de mépris des droits d’autrui et des normes sociales. Les travaux de 2025 et 2026 examinent surtout des cibles mesurables : l’agressivité, la régulation des réactions et le coût des prises en charge.

    Le diagnostic s’appuie sur une histoire complète.
    Le traitement cible des comportements précis.
    La qualité de vie ne suit pas forcément les scores cliniques.

    Le traitement reste possible, encadré.

    Antisocial ne veut pas dire solitaire

    En apparence, le mot « antisocial » semble désigner quelqu’un qui évite les autres. En psychiatrie, il renvoie à un schéma persistant de mépris des normes sociales et des droits d’autrui. Une personne réservée, introvertie ou sélective dans ses relations ne présente donc pas automatiquement ce trouble.

    Un mensonge, une colère ou une infidélité isolée ne suffit pas à poser un diagnostic. L’évaluation recherche la répétition des conduites, leur contexte, leurs conséquences et les troubles associés. Les sources cliniques citent notamment la tromperie, l’impulsivité, l’agressivité, l’irresponsabilité, la mise en danger et l’absence de remords.

    La psychopathie apparaît dans une partie de la littérature consacrée au trouble antisocial, mais les deux notions ne recouvrent pas exactement les mêmes profils. La revue de portée publiée en 2025 dans Frontiers in Psychology a d’ailleurs inclus des travaux portant sur le trouble antisocial, sur la psychopathie ou sur les deux; seuls deux des douze travaux étudiés concernaient spécifiquement la psychopathie.

    Une étiquette posée à distance peut aussi masquer une addiction, un trouble de l’humeur, un trouble du contrôle des impulsions ou une autre difficulté. La durée des comportements et leur évolution comptent davantage qu’une liste de signes consultée en ligne.

    Quand le thérapeute ressent de la peur ou du rejet

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    Photo de Ivan Babydov sur Pexels.

    En réalité, la relation de soin n’est pas émotionnellement neutre. La revue de portée publiée dans Frontiers in Psychology en 2025 a examiné douze études sur les réactions de professionnels travaillant avec des personnes présentant un trouble de la personnalité antisociale ou des traits de psychopathie. Les travaux venaient majoritairement d’Europe et portaient surtout sur le trouble antisocial.

    Les réactions décrites comprennent la nervosité, la crainte d’une agression, le détachement et la frustration. Elles ne prouvent pas qu’un patient est dangereux ou incapable de changer. Elles montrent que la relation peut mettre le professionnel sous tension lorsque les échanges comportent provocation, menace, mensonge ou contestation répétée des règles.

    La revue s’intéresse au contre-transfert, c’est-à-dire aux réactions émotionnelles, cognitives et comportementales du soignant face au patient. Les identifier permet d’examiner leur influence sur les décisions cliniques. Sans ce recul, le rejet et le découragement peuvent durcir la relation de soin.

    La fermeté n’est pas la froideur

    Surtout, un cadre thérapeutique doit rester lisible. Écouter une personne ne signifie pas valider une menace; négocier un aménagement ne signifie pas supprimer la règle; appliquer une limite ne nécessite pas d’humilier.

    Une formulation concrète décrit le comportement, la règle et la conséquence maîtrisable : « Je poursuis l’entretien si nous pouvons parler sans insulte. Sinon, nous l’arrêtons et fixons la suite dans un cadre sécurisé. » La phrase ne promet ni punition spectaculaire ni changement immédiat. Elle rend le cadre prévisible.

    2025 : un essai réduit l’agressivité avec la mentalisation

    Le 1er mars 2025, The Lancet Psychiatry a publié les résultats de l’essai MOAM, un essai contrôlé randomisé, multicentrique et réalisé en Angleterre et au pays de Galles. Il a inclus 313 hommes âgés d’au moins 21 ans, condamnés pour une infraction, suivis sous probation et répondant aux critères du trouble de la personnalité antisociale. Tous avaient aussi un score d’au moins 15 à l’échelle OAS-M d’agressivité. Les participants venaient de treize sites.

    Les participants ont reçu soit la probation habituelle, soit cette probation associée à une thérapie fondée sur la mentalisation et adaptée au trouble antisocial. Le programme s’étendait sur douze mois, avec une séance de groupe hebdomadaire de 75 minutes et une séance individuelle mensuelle de 50 minutes.

    La mentalisation consiste à mieux comprendre les pensées, les émotions et les intentions, chez soi comme chez les autres, puis à réguler les réactions qu’elles déclenchent. Le travail vise une séquence concrète : interprétation hostile, montée de tension, impulsion agressive, conséquences judiciaires ou relationnelles.

    Le résumé de l’essai rapporte une agressivité plus basse dans le groupe ayant reçu la mentalisation associée à la probation que dans le groupe bénéficiant de la probation habituelle. Le résultat concerne cet indicateur et ce cadre précis.

    La population étudiée limite la portée du résultat. Il s’agissait d’hommes condamnés, âgés d’au moins 21 ans, suivis sous probation en Angleterre et au pays de Galles, avec une agressivité déjà élevée. L’essai ne permet donc pas de conclure qu’une thérapie identique conviendra à toutes les personnes présentant ce trouble.

    2026 : des coûts plus bas, sans preuve sur la qualité de vie

    A group therapy session with soldiers in military uniform and face masks indoors.
    Photo de RDNE Stock project sur Pexels.

    Une évaluation économique du même essai, publiée le 22 juillet 2026 dans PLOS Onea comparé la thérapie fondée sur la mentalisation associée à la probation habituelle avec la probation seule sur 24 mois. L’analyse a adopté une perspective sociétale, incluant les dépenses de santé, de justice pénale et les conséquences plus larges des infractions.

    Les données disponibles suggèrent que les participants du groupe probation seule ont passé davantage de temps en détention. Les coûts globaux étaient plus bas avec la thérapie associée à la probation, mais la différence n’était pas statistiquement significative. Les scores de qualité de vie et les années de vie ajustées sur la qualité ne différaient pas significativement entre les groupes.

    L’analyse estimait qu’une réduction d’une unité d’agressivité correspondait à une économie d’environ 93 livres sterling. Pour les années de vie ajustées sur la qualité, le programme apparaissait coût-efficace selon les différents seuils de consentement à payer étudiés. Les données manquantes limitent toutefois les conclusions sur l’utilisation des services.

    Un score d’agressivité, un temps passé en détention, un coût collectif et un sentiment de bien-être ne mesurent pas la même chose. Une amélioration sur l’un ne garantit pas une amélioration sur les autres.

    La tromperie au centre des traits, une hypothèse à vérifier

    Une étude publiée le 5 décembre 2024 dans Journal of Personality a analysé les traits associés au trouble antisocial chez 2 230 adultes brésiliens âgés de 18 à 73 ans. Les participants avaient répondu à des facteurs liés au trouble antisocial dans le Personality Inventory for DSM-5. Les chercheurs ont comparé une analyse en réseau classique avec l’algorithme NodeIdentifyR, appelé NIRA.

    La tromperie apparaissait comme le trait le plus central avec les deux méthodes. Les simulations suggéraient qu’une diminution de l’irresponsabilité pouvait réduire la probabilité d’autres traits, tandis qu’une augmentation de la tromperie pouvait amplifier la probabilité de plusieurs traits antisociaux.

    Cette étude ne teste pas une psychothérapie et ne prouve pas que réduire la tromperie ferait disparaître les autres difficultés. Elle propose une méthode pour étudier les interactions entre traits. C’est une hypothèse de recherche, pas une recette clinique.

    Ce que l’on peut travailler en pratique

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    Photo de MIKE GIOVINAZZO sur Pexels.

    À ce stade, le suivi gagne à partir de comportements observables plutôt que d’une ambition vague de « changer la personnalité ». Dans l’essai MOAM, l’agressivité constituait la cible principale. Une prise en charge peut donc revenir sur un épisode précis et examiner ce qui s’est passé avant, pendant et après l’acte.

    1. Décrire les faits vérifiables, sans attribuer immédiatement une intention à l’autre personne.
    2. Repérer les pensées et les émotions apparues au moment de la tension.
    3. Examiner plusieurs interprétations possibles de la situation.
    4. Choisir une réaction qui réduit le risque immédiat, puis reprendre ses conséquences avec le thérapeute.

    Cette séquence reprend le principe de la mentalisation : comprendre les états mentaux et réguler leurs effets sur le comportement. Elle ne remplace pas une thérapie structurée. Elle donne un objet de discussion précis, loin du reproche général et du procès de personnalité.

    Le cadre compte autant que la technique. Les rendez-vous, les règles de parole et les conséquences d’un écart doivent rester compréhensibles. Une alliance thérapeutique ne repose pas sur la flatterie; elle se construit dans une relation prévisible, capable de parler des écarts sans transformer chaque séance en accusation.

    Pour les proches, la sécurité passe avant l’étiquette

    Un proche ne peut pas confirmer ou infirmer un trouble de la personnalité antisociale à partir de vidéos, de témoignages ou d’une liste de signes. Il peut en revanche noter des faits précis : menaces, violence, dettes imposées, mensonges répétés, mise en danger ou non-respect d’une limite.

    En cas d’escalade, quitter la situation et éviter la confrontation isolée passent avant la discussion sur le diagnostic. Une menace immédiate ou une violence en cours justifie de contacter les services d’urgence locaux. L’étiquette ne remplace jamais l’évaluation du danger concret.

    Une menace se traite comme un risque concret

    Ne cherchez pas à établir un diagnostic dans une situation tendue. Mettez-vous à distance, prévenez une personne de confiance et contactez les services d’urgence si la sécurité est menacée.

    Les études de 2025 et 2026 dessinent donc une prise en charge ciblée : la mentalisation peut être étudiée sur l’agressivité, le cadre thérapeutique demande de la constance et les effets économiques ne se confondent pas avec la qualité de vie.

    Les résultats se mesurent sans promettre l’impossible.

    Sources et références scientifiques
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    17. Trastorno de personalidad antisocial – Salud mental – Manual MSD versión para público general.
    18. Trastorno de personalidad antisocial – Psiquiatría – Manual MSD versión para profesionales.
    19. Trastorno de personalidad antisocial: ¿qué es?.
    Table des matières afficher
    1 Antisocial ne veut pas dire solitaire
    2 Quand le thérapeute ressent de la peur ou du rejet
    3 2025 : un essai réduit l’agressivité avec la mentalisation
    4 2026 : des coûts plus bas, sans preuve sur la qualité de vie
    5 La tromperie au centre des traits, une hypothèse à vérifier
    6 Ce que l’on peut travailler en pratique
    7 Pour les proches, la sécurité passe avant l’étiquette

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    Marine
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