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    Accueil » TDAH et trouble bipolaire : pourquoi les symptômes se ressemblent et comment les différencier
    Doctor reviews brain scan results with patient during consultation.
    Photo de Vitaly Gariev sur Pexels.
    Troubles mentaux

    TDAH et trouble bipolaire : pourquoi les symptômes se ressemblent et comment les différencier

    MarinePar Marine26 août 2026Mise à jour:26 août 2026Aucun commentaire10 Minutes de Lecture

    L’inattention, l’impulsivité, l’agitation et les pensées qui s’accélèrent peuvent se retrouver dans le TDAH et dans le trouble bipolaire.
    Un symptôme isolé ne suffit pas à les départager : l’âge des premiers signes, la durée, le caractère continu ou épisodique et le fonctionnement entre les épisodes comptent davantage.
    Les deux troubles peuvent aussi coexister. Le diagnostic demande alors de remettre les manifestations dans le temps.

    Le temps aide à trancher.

    Quand le même symptôme raconte deux histoires

    Le TDAH et le trouble bipolaire peuvent produire une impression proche : attention instable, impulsivité, agitation ou accélération de la pensée. Cette ressemblance explique pourquoi une difficulté de concentration ou une activité inhabituelle ne permet pas, à elle seule, de conclure.

    La temporalité apporte un premier repère. Dans le TDAH, les difficultés ont tendance à prendre une forme durable, proche d’un trait : inattention, impulsivité, désorganisation ou hyperactivité peuvent rester présentes au fil des périodes. Dans le trouble bipolaireles symptômes surviennent au cours d’épisodes d’humeur distincts, entre lesquels l’humeur peut redevenir habituelle.

    Le retour vers une humeur habituelle ne signifie pas que le fonctionnement redevient identique sur tous les plans. La revue d’Asherson et de ses collègues, publiée le 7 mai 2014 dans Current Medical Research and Opinionrappelle cette distinction. Lorsque le TDAH et le trouble bipolaire coexistent, les symptômes attentionnels et impulsifs peuvent rester visibles entre les épisodes bipolaires.

    La question qui départage : depuis quand?

    Face à des pensées qui se bousculent ou à une agitation inhabituelle, l’entretien cherche moins un mot-clé qu’une séquence : quand les signes ont-ils commencé, combien de temps ont-ils duré, et le changement s’est-il répété par périodes ou installé dans la continuité? Une difficulté stable n’a pas la même signification qu’une modification nette du fonctionnement pendant un épisode.

    Un épisode bipolaire ne se résume donc pas à une mauvaise concentration. Il concerne un changement plus global de l’humeur et du comportement. Chez l’enfant, les présentations comportementales peuvent toutefois se chevaucher avec celles du TDAH. L’irritabilité ou l’instabilité émotionnelle, prises isolément, ne permettent pas de trancher.

    Le récit doit couvrir ce qui se passe avant, pendant et après les périodes de changement. Pour un enfant, les observations parentales apportent un autre point de vue. Pour un adulte, la comparaison entre le fonctionnement habituel et un épisode précis peut également aider le clinicien à reconstituer la trajectoire.

    Les tests cognitifs éclairent, ils ne signent pas le diagnostic

    Two adults engaged in a professional consultation in a Lagos office, discussing business or healthcare topics.
    Photo de Ninthgrid sur Pexels.

    Les épreuves neuropsychologiques peuvent documenter la mémoire, l’attention et le contrôle mental. Elles ne donnent pas un résultat automatique du type « TDAH » ou « trouble bipolaire ».

    Une étude comparative publiée le 15 septembre 2010 dans Psychiatry Research a examiné des adultes présentant un trouble bipolaire, des adultes avec TDAH et un groupe témoin. Les groupes étaient appariés sur l’âge, le sexe, le nombre d’années d’études et le quotient intellectuel prémorbide. Les participants ont passé une batterie d’épreuves neuropsychologiques.

    Par rapport au groupe témoin, les personnes bipolaires avaient de moins bons résultats dans les tâches de mémoire verbale immédiate. Les deux groupes cliniques obtenaient aussi des scores plus faibles lors de la reconnaissance d’informations verbales et non verbales, ainsi que dans une tâche de fonctions exécutives sollicitant fortement la mémoire de travail. Lors de la reconnaissance de la liste de Rey et de la Figure de Rey, le groupe TDAH obtenait en moyenne de meilleurs résultats que le groupe bipolaire.

    Ces résultats décrivent des différences moyennes entre des groupes. Ils ne fixent pas un seuil individuel permettant de poser un diagnostic. Une revue publiée dans Neuropsychology Review en 2010 relevait, chez les enfants et les adolescents, des différences de profils dans le contrôle des interférences, la mémoire de travail, la planification, la flexibilité cognitive et la fluence.

    Ces domaines peuvent alimenter le raisonnement clinique. Ils ne remplacent pas l’entretien, l’évolution des symptômes et l’observation du fonctionnement dans différentes périodes.

    Chez l’enfant, l’irritabilité brouille encore les cartes

    A professional adult woman in a beige blazer takes notes with a pen and notepad indoors.
    Photo de cottonbro studio sur Pexels.

    Chez l’enfant et l’adolescent, la comparaison reste délicate parce que les tableaux sont hétérogènes et que les manifestations comportementales peuvent se ressembler. La revue de 2010 sur les fonctions exécutives pédiatriques décrit cette difficulté diagnostique et examine des profils neurocognitifs parfois différents entre TDAH et trouble bipolaire.

    Une étude publiée en 2009 donne un repère précis, mais limité. Elle portait sur 121 enfants et adolescents âgés de 6 à 16 ans, suivis pour un TDAH dans un échantillon ambulatoire turc. Dix d’entre eux, soit 8,3 %, ont reçu en plus un diagnostic de trouble bipolaire. Les chercheurs ont utilisé notamment la K-SADS-PL, la Parent-Young Mania Rating Scale et la Child Behavior Checklist.

    Dans cet échantillon, le groupe présentant les deux diagnostics avait des scores plus élevés que le groupe TDAH seul sur plusieurs dimensions de la Child Behavior Checklist, notamment l’anxiété et la dépression, les problèmes sociaux, les problèmes d’attention et l’agressivité. Le score de la Parent-Young Mania Rating Scale était également plus élevé.

    Le chiffre de 8,3 % décrit cet échantillon de 121 jeunes. Il ne constitue pas une prévalence générale du trouble bipolaire chez les enfants avec TDAH.

    Une agitation intense, des difficultés d’attention ou des réactions émotionnelles marquées peuvent avoir plusieurs explications. L’évaluation pédiatrique gagne donc à croiser la parole du jeune et les observations des parents, puis à suivre l’évolution des signes dans le temps.

    Quand les deux troubles coexistent, l’ordre du traitement compte

    La coexistence du TDAH et du trouble bipolaire est décrite chez l’adulte. La revue d’Asherson et de ses collègues, publiée le 7 mai 2014, rapportait que le TDAH concernait environ 20 % des adultes présentant un trouble bipolaire ou un trouble borderline. Ce chiffre regroupe ces deux associations : il ne doit pas être présenté comme un taux actuel propre au seul trouble bipolaire.

    Pour les situations associant TDAH et trouble bipolaire, cette revue rapporte un avis d’experts recommandant de prendre d’abord en charge les épisodes bipolaires, puis d’examiner les symptômes du TDAH. La décision dépend du tableau clinique, de son évolution et de la surveillance mise en place.

    La réponse à un traitement ne suffit pas, à elle seule, à confirmer ou à écarter un TDAH ou un trouble bipolaire. Toute modification thérapeutique doit être discutée avec le professionnel qui suit la personne.

    Cette séquence évite de traiter l’inattention sans avoir clarifié les variations d’humeur. Lorsque les deux troubles sont envisagés, le suivi doit porter sur l’ensemble du tableau et sur son évolution.

    Préparer une évaluation qui regarde la trajectoire

    A child watches parents arguing from a doorway in a cozy home setting.
    Photo de cottonbro studio sur Pexels.

    Un rendez-vous gagne en précision lorsqu’il s’appuie sur des faits datés plutôt que sur une impression générale comme « je suis toujours dispersé » ou « je suis parfois méconnaissable ».

    1. Reconstituer la chronologie. Notez les premiers signes repérés, les périodes de changement net, leur durée et les moments où le fonctionnement revient vers son niveau habituel.
    2. Séparer les manifestations. Décrivez d’un côté l’inattention, l’impulsivité ou la désorganisation; de l’autre, les changements d’humeur, d’énergie ou de comportement observés pendant une période précise.
    3. Comparer plusieurs observations. Chez l’enfant, les observations parentales complètent le récit du jeune. Chez l’adulte, un proche peut parfois préciser la différence entre le fonctionnement habituel et une période inhabituelle.
    4. Relier les signes aux périodes. Indiquez ce qui se passe avant, pendant et après un changement marqué, sans transformer cette chronologie en auto-diagnostic.

    Cette préparation ne remplace pas l’évaluation clinique. Elle donne au professionnel une matière plus précise pour distinguer un fonctionnement durable, un épisode d’humeur ou leur association. La trajectoire distingue mieux qu’un symptôme isolé.

    Sources et références scientifiques
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    2. Lus G, Mukaddes NM.. Co-morbidity of bipolar disorder in children and adolescents with attention deficit/hyperactivity disorder (ADHD) in an outpatient Turkish sample.. The world journal of biological psychiatry : the official journal of the World Federation of Societies of Biological Psychiatry. 2009. DOI: 10.1080/15622970902929876 · PMID: 19401947. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
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    17. Podcast: ADHD and Bipolar: Untangling the Overlap.
    18. ADHD and Bipolar: Untangling the Overlap – Inside Bipolar | Podcast on Spotify.
    19. ADHD and Bipolar: Untangling t… – Inside Bipolar – Apple Podcasts.
    20. ADHD and Bipolar: Untangling the Overlap – Inside Bipolar | iHeart.
    Table des matières afficher
    1 Quand le même symptôme raconte deux histoires
    2 Les tests cognitifs éclairent, ils ne signent pas le diagnostic
    3 Chez l’enfant, l’irritabilité brouille encore les cartes
    4 Quand les deux troubles coexistent, l’ordre du traitement compte
    5 Préparer une évaluation qui regarde la trajectoire

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