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    Accueil » rTMS et trouble bipolaire : cognition, cibles et biomarqueurs en 2026
    A doctor explains brain X-ray results to a patient in a medical office.
    Photo de Vitaly Gariev sur Pexels.
    Neuropsychologie

    rTMS et trouble bipolaire : cognition, cibles et biomarqueurs en 2026

    MarinePar Marine2 septembre 2026Aucun commentaire14 Minutes de Lecture

    Le trouble bipolaire peut laisser des difficultés cognitives même lorsque l’humeur s’est stabilisée.
    La rTMS est étudiée pour moduler des réseaux cérébraux impliqués dans la dépression, l’attention et la mémoire.
    En 2026, la recherche déplace la question du point à stimuler vers une autre question : pour qui, avec quel protocole et avec quel suivi?

    La cognition mérite un suivi.

    Le trouble bipolaire ne s’arrête pas à l’humeur

    Pour rappel, le trouble bipolaire associe des épisodes dépressifs et des épisodes de manie ou d’hypomanie. Entre ces phases, certaines personnes restent gênées par des difficultés cognitives. Elles peuvent peser sur le travail, les relations et l’organisation quotidienne, même lorsque les symptômes émotionnels semblent moins présents.

    Cette distinction change la manière d’évaluer un traitement. Une baisse de la tristesse ou de l’agitation ne signifie pas automatiquement que l’attention, la mémoire de travail ou la capacité à traiter rapidement une information ont retrouvé leur niveau antérieur. Dans un essai de stimulation, il faut donc regarder l’humeur et la cognition séparément. Sinon, on risque de déclarer une amélioration globale sur la seule impression d’aller mieux.

    La stimulation magnétique transcrânienne répétitive, ou rTMS, utilise une bobine placée au-dessus du crâne pour induire des courants électriques dans le cortex. La technique est non invasive, mais son effet dépend du site stimulé, de la fréquence, du nombre de séances et de la maladie étudiée. Le mot « stimulation » ne décrit donc pas un protocole unique.

    Quand V1 devient une cible connectée

    Crop person putting Idea title in cardboard box with Brain inscription on head of female on light background
    Photo de SHVETS production sur Pexels.

    Le cortex préfrontal dorsolatéral gauche, souvent appelé DLPFC, a été beaucoup étudié dans la dépression. Pourtant, les résultats cognitifs obtenus avec cette cible restent variables selon les troubles et les études. Des chercheurs explorent donc une méthode plus précise : stimuler une zone du cortex visuel primaire, V1, sélectionnée en fonction de ses connexions fonctionnelles avec des régions impliquées dans le contrôle exécutif ou la régulation émotionnelle.

    Cette approche porte le nom de targeted visual cortex stimulationou TVCS. Elle ne consiste pas à stimuler le cortex visuel au hasard. Une analyse de connectivité repère, dans V1, des points reliés au DLPFC ou au cortex cingulaire antérieur, l’ACC. Une région éloignée peut ainsi être choisie parce qu’elle communique avec une autre région pertinente pour la cognition.

    Un signal sur un test, pas une promesse générale

    Un essai contrôlé randomisé publié dans Translational Psychiatry en 2023 a étudié cette piste chez des personnes présentant un trouble bipolaire. Sur les 93 participants recrutés, 86 ont été inclus dans l’analyse et 73 ont terminé l’essai. Les séances avaient lieu une fois par jour, cinq jours par semaine pendant quatre semaines.

    Les chercheurs avaient organisé quatre groupes. Certains recevaient dix jours de rTMS active ciblant un point de V1 relié au DLPFC, puis dix jours de stimulation simulée. D’autres suivaient l’ordre inverse. Le même principe était appliqué à une cible de V1 reliée à l’ACC. La cognition était évaluée avec les cinq épreuves de l’outil THINC-itnotamment le test Symbol Check.

    Le résultat statistique le plus net concernait la précision au Symbol Check dans les groupes liés à l’ACC entre le début de l’étude et la deuxième semaine. L’interaction entre le temps et le type d’intervention atteignait F = 4,736, avec p = 0,037. Le groupe ayant reçu la stimulation active dans cette séquence obtenait un meilleur score à la deuxième semaine qu’au départ.

    Le détail compte. Ce résultat concerne un test précis, un calendrier précis et un échantillon qui a perdu des participants en cours d’étude. Il ne permet pas d’affirmer que la TVCS améliore toute la cognition, ni qu’un essai isolé suffit à établir un traitement standard du trouble bipolaire. Une différence statistique sur une épreuve ne vaut pas récupération complète dans la vie quotidienne.

    Un score cognitif doit être interprété avec l’état de l’humeur, le fonctionnement quotidien et le protocole utilisé. Dans l’essai sur la TVCS, la mesure à deux semaines ne résume pas à elle seule les effets observés sur quatre semaines.

    Les images cérébrales repèrent des profils, pas des destins

    Creative shot of a human brain model in a pot against a blue backdrop, symbolizing mind and thought.
    Photo de Amel Uzunovic sur Pexels.

    Une revue systématique publiée dans Brain Sciences en mai 2023 a rassemblé onze études consacrées aux marqueurs d’imagerie associés à la réponse à la TMS dans la dépression bipolaire. Le corpus comprenait quatre études en IRM fonctionnelle, une en IRM structurelle, trois en TEP, deux en SPECT et une en spectroscopie par résonance magnétique.

    Les résultats dessinaient plusieurs associations. Une connectivité plus forte entre des régions de régulation émotionnelle et de contrôle exécutif était liée à une meilleure réponse dans certaines études d’IRM fonctionnelle. D’autres travaux associaient la réponse à un volume plus faible de régions frontales, notamment le cortex frontal supérieur et le cortex frontal moyen caudal, ainsi qu’à une connectivité plus faible du cortex préfrontal ventromédian.

    Les études SPECT signalaient, chez des personnes ne répondant pas au traitement, une moindre connectivité de l’uncus, de la région parahippocampique et du thalamus droit. Après la rTMS, plusieurs études d’IRM fonctionnelle rapportaient une augmentation de la connectivité autour de la zone située près de la bobine. Les études en TEP et en SPECT rapportaient aussi une augmentation de la perfusion cérébrale.

    Ces résultats ne désignent pas un « cerveau bipolaire » unique, avec une signature qui permettrait de prédire l’avenir d’une personne. Ils proviennent de onze études utilisant des méthodes différentes. La revue demande une réplication des résultats. Une association entre un volume, une connectivité et une réponse ne prouve pas que ce paramètre provoque la réponse.

    Cette distinction évite deux erreurs. Une IRM ne suffit pas à choisir le traitement d’une personne. Mais l’imagerie ne devient pas inutile parce qu’elle ne fournit pas encore un verdict individuel. Pour l’instant, elle aide surtout à formuler des hypothèses sur les réseaux et les profils de réponse.

    Des biomarqueurs encore exploratoires en 2026

    Une revue narrative publiée le 2 juillet 2026 dans Frontiers in Psychiatry a examiné les mécanismes possibles de la rTMS dans le trouble bipolaire et les moyens d’optimiser la réponse. Korzeniowski et ses collègues rapportent qu’une meilleure réponse clinique peut être associée à un volume plus faible du cortex frontal gauche, à une activité EEG plus lente et à une activité plus faible du réseau du mode par défaut.

    La revue décrit aussi des modifications de l’activité électrique et de la perfusion, principalement dans la zone stimulée, ainsi que des changements neurochimiques possibles. Elle précise que les données disponibles dans le trouble bipolaire restent moins nombreuses que dans la dépression unipolaire. La neuronavigation et le ciblage guidé par la connectivité pourraient améliorer les résultats, mais cette hypothèse doit encore être testée avec des protocoles comparables.

    Une autre étude, publiée le 24 avril 2026 dans Psychiatry Research: Neuroimagings’est intéressée au BDNF, une protéine impliquée dans les mécanismes de plasticité cérébrale. Vingt-huit adultes souffrant de dépression majeure ou de trouble bipolaire ont reçu douze séances de rTMS à haute fréquence sur le DLPFC gauche, tout en poursuivant leur traitement médicamenteux.

    Au fil de l’étude, les scores de dépression et les erreurs persévératives au test de classement de cartes du Wisconsin ont diminué. Le nombre de catégories terminées n’a pas changé de manière significative au niveau du groupe. Le BDNF plasmatique a augmenté. Une hausse plus importante du BDNF était associée à un indice glymphatique initial plus élevé, mesuré par l’analyse DTI-ALPS, et à la variabilité individuelle du nombre de catégories complétées. Elle n’était pas associée à l’évolution des symptômes dépressifs ni aux erreurs persévératives.

    Le terme exploratoire n’est pas décoratif

    Cette étude comportait 28 adultes, mélangeait dépression majeure et trouble bipolaire et ne disposait pas d’un groupe contrôle. Les évolutions observées dans le temps ne permettent donc pas d’attribuer les changements à la rTMS seule. Le BDNF et l’indice DTI-ALPS ne sont pas encore des tests capables de choisir un traitement à eux seuls.

    Ce que ces résultats changent pour le suivi

    Scientist in gloves preparing a glass slide with a sample for microscopic analysis.
    Photo de roberto carrafa sur Pexels.

    À ce stade, le suivi doit préciser quatre éléments : le symptôme visé, la cible, l’indicateur et la durée. Une personne peut répondre sur la dépression sans progresser sur une tâche cognitive, ou améliorer un score sans retrouver immédiatement son autonomie habituelle.

    Mesurer avant de promettre

    Une consultation consacrée à la rTMS peut s’appuyer sur une démarche simple :

    1. Séparer humeur et cognition. Décrire d’un côté les symptômes dépressifs, maniaques ou hypomaniaques, et de l’autre les difficultés de concentration, de mémoire ou de rapidité mentale. Les recherches sur le trouble bipolaire rappellent que la cognition peut rester touchée en dehors des épisodes.
    2. Identifier la cible étudiée. Le DLPFC, l’ACC et V1 ne renvoient pas au même raisonnement neurobiologique. Une stimulation guidée par la connectivité n’est pas interchangeable avec une stimulation positionnée selon une méthode plus générale.
    3. Choisir un critère de progrès observable. Un test répété, un objectif de fonctionnement et une évaluation de l’humeur donnent davantage d’informations qu’une impression globale. Les résultats de la TVCS ont été recueillis au départ, à deux semaines et à quatre semaines; ces délais décrivent cet essai, pas une règle valable pour toutes les prises en charge.
    4. Ne pas modifier seul le traitement. Dans l’étude sur le BDNF, les participants poursuivaient leur traitement pharmacologique. Les données présentées ne justifient ni l’arrêt d’un médicament, ni l’autoprescription d’une stimulation cérébrale.

    Une amélioration doit être replacée dans la durée, les épisodes, les traitements et le fonctionnement quotidien. Le cerveau fournit des indices; il ne remplace pas l’entretien clinique.

    Les publications convergent sur deux besoins de recherche : mieux relier la cible stimulée aux réseaux cérébraux et identifier les marqueurs associés aux différences de réponse. Les données restent limitées par la petite taille de plusieurs études, leur hétérogénéité et, dans l’étude sur le BDNF, l’absence de groupe contrôle.

    Une amélioration ressentie doit encore être mesurée.

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    29. Podcast: Answering the Overlooked: Bipolar Brain Changes, TMS, & More.
    30. Answering the Overlooked: Bipolar’s Brain Changes, Vertigo, TMS, and More (From Listener Questions) ~ Inside Bipolar Podcast.
    31. Answering the Overlooked: Bipolar’s Brain Changes, Vertigo, TMS, and More (From Listener Questions) – Inside Bipolar – Podcast – Podtail.
    Table des matières afficher
    1 Le trouble bipolaire ne s’arrête pas à l’humeur
    2 Quand V1 devient une cible connectée
    3 Les images cérébrales repèrent des profils, pas des destins
    4 Des biomarqueurs encore exploratoires en 2026
    5 Ce que ces résultats changent pour le suivi

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    5. Quand la biologie masculine influence la conduite automobile
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