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    Accueil » Patch transdermique dans la schizophrénie : ce que montrent les études sur la blonanserine
    Unrecognizable man with skin disease hugging anonymous African American male with naked torso while standing against white background in studio
    Photo de Armin Rimoldi sur Pexels.
    Troubles mentaux

    Patch transdermique dans la schizophrénie : ce que montrent les études sur la blonanserine

    MarinePar Marine17 octobre 2026Mise à jour:17 octobre 2026Aucun commentaire12 Minutes de Lecture

    Le patch transdermique de blonanserine fait passer un antipsychotique par la peau.
    Un essai contrôlé de six semaines a comparé 40 mg, 80 mg et placebo chez des adultes en exacerbation aiguë de schizophrénie.
    Une analyse post hoc et une étude de base de données ont ensuite exploré la réponse selon les symptômes et la comparaison avec le comprimé.

    Le traitement exige un suivi.

    Le patch change la voie, pas le traitement

    Un patch transdermique modifie la manière dont la blonanserine entre dans l’organisme. La substance traverse la peau puis rejoint la circulation sanguine. Contrairement à un comprimé, elle ne dépend pas du même passage par le système digestif.

    Cette voie peut être discutée lorsque la prise orale pose une difficulté. Elle ne garantit toutefois ni une meilleure efficacité ni une diminution automatique des effets indésirables. Le choix dépend du médicament étudié, de la situation clinique, de la tolérance, des autres traitements et de l’accès au dispositif dans le pays concerné.

    Dans les essais décrits ici, les doses de blonanserine transdermique étaient de 40 ou 80 mg par jour. Ces dosages appartiennent au protocole étudié. Ils ne permettent pas de déterminer seuls la dose à utiliser pour une personne donnée.

    Six semaines d’essai, trois groupes de traitement

    Young woman applying eye patch as part of her daily skincare routine in front of a mirror.
    Photo de Ron Lach sur Pexels.

    Publié le 27 août 2019 dans Schizophrenia Researchl’essai de phase 3 a étudié l’efficacité, la sécurité et la pharmacocinétique du patch chez des adultes présentant une exacerbation aiguë de schizophrénie. Les participants avaient d’abord reçu deux patchs placebo pendant une semaine d’observation. Ils ont ensuite été répartis au hasard, pendant six semaines, entre trois groupes : 40 mg de blonanserine, 80 mg ou placebo.

    Les 580 participants se répartissaient ainsi : 196 dans le groupe à 40 mg, 194 dans celui à 80 mg et 190 dans le groupe placebo. Les patients avaient été recrutés entre décembre 2014 et octobre 2018. Au total, 77,2 % ont terminé l’étude.

    Le critère principal était l’évolution du score total à la PANSS, l’échelle Positive and Negative Syndrome Scale. Elle évalue plusieurs dimensions des symptômes de la schizophrénie. À la sixième semaine, la différence moyenne ajustée par rapport au placebo était de -5,6 points avec 40 mg, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de -9,6 à -1,6 et une valeur de p ajustée de 0,007. Elle atteignait -10,4 points avec 80 mg, avec un intervalle de confiance de -14,4 à -6,4. Le signe négatif traduit une baisse plus importante du score sous blonanserine.

    La durée de l’étude encadre ce résultat. Elle permet de comparer l’évolution des symptômes pendant une phase aiguë, mais elle n’établit pas la prévention des rechutes, la récupération fonctionnelle ou la stabilité du traitement sur plusieurs années. Elle fournit aussi une différence moyenne entre des groupes, pas une prédiction fiable pour chaque personne.

    Les symptômes de départ modifient-ils la réponse?

    Une analyse publiée en 2024 dans Neuropsychopharmacology Reports a repris les données de l’essai pour examiner la relation entre les symptômes initiaux, la dose et la réponse. Cette analyse post hoc a porté sur 577 participants, répartis en trois groupes statistiques à partir de leur état de départ.

    Le premier groupe comprenait 122 personnes avec des symptômes psychiatriques sévères. Le deuxième réunissait 191 personnes présentant surtout des symptômes négatifs. Le troisième comptait 264 personnes avec une prédominance de symptômes positifs, comme les idées délirantes ou les hallucinations.

    Dans ce dernier groupe, les doses de 40 et 80 mg ont réduit le score total de la PANSS davantage que le placebo. Pour la dose de 40 mg, les auteurs rapportaient une taille d’effet de 0,342 et une valeur de p de 0,036. Ils décrivaient aussi un effet antipsychotique dose-dépendant dans les trois groupes statistiques.

    Ces résultats suggèrent que les symptômes présents au début du traitement peuvent être associés à la réponse observée. Ils ne transforment pas les trois groupes en outil de prescription. Les catégories ont été constituées après la collecte initiale des données, puis comparées dans une analyse exploratoire.

    Une dose ne se déduit pas d’un symptôme

    Les comparaisons entre 40 et 80 mg proviennent d’un essai contrôlé avec un suivi médical et des critères précis. Elles ne justifient pas une augmentation, une diminution ou un arrêt du traitement sans l’avis du psychiatre qui suit la personne.

    La PANSS renseigne sur les symptômes évalués par l’échelle. Elle ne suffit pas à elle seule pour juger le fonctionnement quotidien, la tolérance ou l’intérêt du traitement dans la vie de la personne. Ces éléments doivent être examinés séparément.

    Patch ou comprimé chez les patients prenant des laxatifs

    A nurse in scrubs caring for a patient in a hospital ward, demonstrating healthcare services.
    Photo de RDNE Stock project sur Pexels.

    Une étude publiée en 2025 dans Neuropsychopharmacology Reports a comparé la blonanserine transdermique et la blonanserine orale à partir d’une base de données médico-administrative japonaise. Il s’agissait d’une cohorte rétrospective constituée avec les données de DeSC Healthcare. Les chercheurs se sont intéressés aux patients prenant des laxatifs, car un dysfonctionnement gastro-intestinal peut compliquer l’absorption de certains traitements oraux.

    Sur les 3 896 personnes identifiées, 1 407 recevaient des laxatifs. Parmi elles, 538 avaient une prescription de patch et 869 une prescription orale. L’âge moyen était de 74 ans dans le groupe patch et de 58 ans dans le groupe oral. Cette différence montre que les deux groupes ne constituaient pas une comparaison parfaitement équivalente dès le départ.

    Le critère principal était l’hospitalisation en service psychiatrique. Après ajustement statistique par score de propension, le hazard ratio associé au patch par rapport à la forme orale était de 1,31, avec un intervalle de confiance à 95 % compris entre 0,88 et 1,94. La différence n’était pas statistiquement significative.

    Ce résultat ne prouve ni que les deux formes sont identiques dans toutes les situations, ni que le patch augmente le risque d’hospitalisation. Il indique que cette étude observationnelle n’a pas établi d’avantage clair du patch chez les patients prenant des laxatifs. Les différences d’âge, de prescription et de préférence pour le dispositif peuvent aussi peser sur la comparaison.

    Les questions à examiner avant de choisir cette forme

    Les études apportent des résultats de groupe. La décision clinique doit ensuite tenir compte de la situation de la personne et de la manière dont le traitement sera suivi.

    1. Quel résultat cherche-t-on à améliorer? Les données de l’essai concernent surtout une exacerbation aiguë et l’évolution du score total de la PANSS. Elles ne démontrent pas une supériorité générale du patch pour chaque dimension clinique ni pour le suivi à long terme.
    2. La voie cutanée répond-elle à une difficulté précise? Elle peut être discutée lorsque la prise orale est compliquée ou mal adaptée. L’étude menée chez des patients prenant des laxatifs n’a toutefois pas montré d’avantage significatif sur les hospitalisations.
    3. Quels traitements et problèmes de santé doivent être pris en compte? L’âge, les médicaments associés, les troubles digestifs et la tolérance peuvent modifier l’évaluation. La voie transdermique ne dispense pas de surveiller les effets indésirables de l’antipsychotique.
    4. Comment la réponse sera-t-elle évaluée? Le score PANSS apporte un repère, mais le suivi doit aussi porter sur les symptômes observés, la tolérance et l’évolution concrète de la situation. Une baisse du score ne suffit pas à décider seule de la poursuite ou de la modification du traitement.

    Ce que les études permettent d’affirmer

    L’essai contrôlé publié en 2019 montre qu’après six semaines, les patchs de blonanserine à 40 et 80 mg ont réduit le score total de la PANSS davantage que le placebo chez des adultes en exacerbation aiguë de schizophrénie. L’analyse post hoc publiée en 2024 suggère une association entre le profil symptomatique initial et la réponse observée. Elle reste exploratoire.

    L’étude observationnelle publiée en 2025 n’a pas trouvé de différence statistiquement significative entre le patch et la forme orale concernant l’hospitalisation psychiatrique chez des patients prenant des laxatifs. Ces données ne permettent donc pas d’affirmer que le patch est plus sûr, plus efficace à long terme ou mieux adapté à toutes les personnes vivant avec une schizophrénie. La voie cutanée constitue une option à discuter avec le psychiatre, selon les résultats attendus et les contraintes du traitement.

    Sources et références scientifiques
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    Table des matières afficher
    1 Le patch change la voie, pas le traitement
    2 Six semaines d’essai, trois groupes de traitement
    3 Les symptômes de départ modifient-ils la réponse?
    4 Patch ou comprimé chez les patients prenant des laxatifs
    5 Les questions à examiner avant de choisir cette forme

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