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    Accueil » PDA et TDAH : distinguer les mécanismes derrière un refus
    Adorable brown leather baby shoes with laces displayed on a white surface, perfect for children's fashion projects.
    Photo de Arturo A sur Pexels.
    Neuropsychologie

    PDA et TDAH : distinguer les mécanismes derrière un refus

    MarinePar Marine11 octobre 2026Mise à jour:11 octobre 2026Aucun commentaire10 Minutes de Lecture

    Un enfant refuse de mettre ses chaussures, un adulte repousse encore un courriel, une activité appréciée devient impossible dès qu’elle est demandée. Vu de l’extérieur, le comportement ressemble à de l’opposition. La mécanique peut pourtant différer.

    Avec un TDAH, une personne peut vouloir réaliser une tâche et rester bloquée au moment de commencer. L’attention, l’organisation et la gestion du temps compliquent alors l’initiation.

    Dans les descriptions du PDA, une demande peut déclencher une réaction anxieuse parce qu’elle semble retirer un choix ou une part de contrôle. La tâche peut même être appréciée.

    Quand les deux dimensions se recouvrent, la difficulté à commencer et la réaction à la contrainte peuvent se renforcer.

    Un refus n’est pas tout.

    Deux mécanismes sous un même « non »

    Le TDAH ne se résume pas à un manque de volonté. Une personne peut comprendre une consigne, souhaiter s’y mettre et ne pas parvenir à lancer l’action. Organiser les étapes, maintenir l’attention, gérer le temps et limiter les distractions demandent alors un effort qui reste invisible pour l’entourage.

    Le PDA renvoie à une autre expérience. Une demande ordinaire peut être vécue comme une menace pour l’autonomie et provoquer une envie intense d’y échapper. Le phénomène peut concerner une tâche désagréable, mais aussi une activité aimée. Le contenu de la tâche n’explique donc pas toujours le refus.

    La comparaison des situations donne des indices, sans constituer un test. Une personne qui réalise une activité lorsqu’elle la choisit, puis se bloque lorsqu’un tiers la lui impose, réagit peut-être à la contrainte elle-même. Si le blocage apparaît dans les deux cas, les difficultés d’initiation, d’attention ou d’organisation peuvent peser davantage.

    Ces scénarios ne s’excluent pas. Une tâche peut déjà demander un effort de planification important, puis devenir plus difficile encore lorsque la personne ne contrôle ni le moment ni la manière de la réaliser.

    Ce que les études montrent, et ce qu’elles ne permettent pas d’affirmer

    Child's shoe amidst cigarette litter and rocks; highlights pollution issue in Switzerland.
    Photo de Matthias Groeneveld sur Pexels.

    Une association ne démontre pas une cause

    Une étude publiée le 15 juillet 2020 dans Research in Developmental Disabilities par Egan, Bull et Trundle a examiné les liens entre TDAH, impulsivité, traits de personnalité, autisme déclaré et scores de PDA chez 132 adultes. Les données complètes concernaient 126 participants. Leur âge moyen était de 34,6 ans et les mesures reposaient sur leurs propres déclarations.

    Dans cet échantillon, le TDAH présentait la corrélation la plus forte avec le score de PDA, avec r = 0,71 et p < 0,001. La corrélation entre autisme déclaré et PDA était faible, et l’autisme ne prédisait pas le score de PDA dans l’analyse rapportée. Une combinaison comprenant davantage de difficultés attentionnelles, plus d’antagonisme et une stabilité émotionnelle plus faible expliquait 65 % de la variance du score de PDA.

    Ces résultats décrivent des associations dans un groupe d’adultes ayant répondu à des questionnaires. Ils ne prouvent pas que le TDAH provoque le PDA et ne transforment pas un score en diagnostic. Dans cette même étude, le score de PDA n’ajoutait pas de contribution à la prédiction de la délinquance. Rien ne permet donc d’utiliser cette étiquette pour tirer une conclusion sur le caractère d’une personne.

    Une autre publication, parue en 2014, a décrit quatre enfants présentant des symptômes significatifs de PDA au sein d’un groupe de 85 enfants épileptiques. Les chercheurs ont utilisé l’Extreme Demand Avoidance Questionnaireou EDA-Q, puis décrit les quatre situations individuellement. Le chiffre de 5 % concerne ce groupe précis. Il ne donne pas une prévalence générale du PDA.

    Un questionnaire ne pose pas un diagnostic

    L’EDA-Q peut décrire certains comportements dans la recherche ou alimenter une réflexion clinique. Un score élevé ne suffit pas à identifier un PDA. Le TDAH, l’autisme et l’anxiété peuvent aussi produire des conduites qui se ressemblent.

    Un profil discuté, une expérience qui mérite d’être entendue

    Mother giving teen daughter a contraceptive for a sex education talk in cozy bedroom setting.
    Photo de cottonbro studio sur Pexels.

    Le terme PDA, pour Pathological Demand Avoidancea été proposé par la psychologue du développement Elizabeth Newson au Royaume-Uni dans les années 1980. Il s’est ensuite diffusé dans certains milieux cliniques, éducatifs et associatifs.

    Le PDA ne figure pas comme diagnostic autonome dans le DSM-5-TR ni dans la CIM-10. Les critères restent discutés, tout comme le lien entre ce profil et l’autisme. Certains auteurs décrivent une forte résistance aux demandes et un besoin de garder le contrôle des interactions. D’autres interrogent la stabilité des critères et le vocabulaire employé.

    La même conduite peut ainsi recevoir des lectures différentes : « manipulation », « opposition », « refus de coopérer » ou réaction de protection face à une demande vécue comme menaçante. Ces mots n’orientent pas le même accompagnement. Décrire précisément ce qui s’est passé permet de dépasser l’étiquette.

    Comprendre la fonction possible d’un comportement ne revient pas à nier ses effets. Une règle peut rester nécessaire, tandis que la façon de la formuler et le moment choisi changent la tension autour de la demande.

    Observer avant de multiplier les consignes

    Lorsqu’un refus se répète, une observation structurée apporte plus d’informations qu’une succession de reproches. Elle aide à repérer la formulation qui déclenche la réaction, le moment où elle monte et les ajustements qui la rendent moins difficile à gérer.

    1. Décrire la demande. Notez les mots utilisés, le délai, la présence d’un choix et l’étape attendue. « Mets-toi au travail » ne donne pas le même point de départ que « ouvre le document et écris le titre ».
    2. Comparer les contextes. Observez la même activité lorsqu’elle est choisie, proposée ou imposée. Cette comparaison évite de conclure trop vite à la paresse ou à la provocation.
    3. Demander après l’apaisement. La personne a-t-elle vécu la situation comme une tâche confuse, un effort difficile à lancer, une peur de l’échec ou une perte de contrôle? La question devient plus utile lorsque la crise est terminée.
    4. Réduire la charge de la première étape. Une consigne courte et une action précise permettent de commencer sans ajouter plusieurs demandes simultanées.
    5. Laisser un choix limité. Proposez deux options réalistes sur le moment ou l’ordre des étapes. Le choix ne supprime pas la limite, mais il distingue ce qui est négociable de ce qui ne l’est pas.

    Une demande formulée sur le mode de l’affrontement peut déplacer la discussion vers le contrôle réciproque. Une règle claire, annoncée à l’avance, laisse davantage de repères qu’une nouvelle sanction décidée au milieu de la crise. Si la personne ne peut plus échanger, revenir d’abord à l’apaisement évite d’empiler les consignes.

    Quand le TDAH et le PDA se superposent

    Adorable baby in a high chair eating while a parent offers food, indoors.
    Photo de Vanessa Loring sur Pexels.

    Le recouvrement crée une double friction. Le TDAH complique le démarrage, tandis que la demande extérieure ajoute une réaction d’anxiété ou de perte d’autonomie. La personne peut alors se concentrer longtemps sur un intérêt choisi et ne pas parvenir à répondre à une consigne courte. Cette différence ne suffit pas à mesurer son effort : elle montre que l’intérêt, la pression et la marge de décision modifient la situation.

    Un accompagnement du TDAH peut cibler l’attentionl’impulsivité ou l’organisation lorsqu’un diagnostic le justifie. Il ne répond pas automatiquement à une réaction anxieuse face aux demandes. À l’inverse, réduire la pression ne règle pas nécessairement une difficulté durable d’initiation. Les deux dimensions doivent être examinées séparément, puis ensemble.

    Une évaluation professionnelle devient pertinente lorsque ces refus perturbent durablement la scolarité, le travail, les relations ou l’autonomie. Elle ne devrait pas chercher uniquement un nouveau nom pour le comportement. Elle doit préciser ce qui bloque, dans quelles situations et quelles adaptations peuvent être essayées.

    Garder la limite, ouvrir un choix

    Au lieu de répéter « tu dois le faire maintenant », essayez : « Cette étape doit être faite aujourd’hui. Tu préfères commencer à 17 heures ou à 17 h 15, seul ou avec moi? » La limite reste claire et le moment ou la manière devient négociable. Si la proposition augmente encore la tension, attendez l’apaisement avant de reparler de la tâche.

    Le refus ouvre une question.

    Sources et références scientifiques
    1. Egan V, Bull E, Trundle G.. Individual differences, ADHD, adult pathological demand avoidance, and delinquency.. Research in developmental disabilities. 2020. DOI: 10.1016/j.ridd.2020.103733 · PMID: 32682221. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    2. Reilly C, Atkinson P, Menlove L, Gillberg C, O'Nions E, Happé F, Neville BG.. Pathological Demand Avoidance in a population-based cohort of children with epilepsy: four case studies.. Research in developmental disabilities. 2014. DOI: 10.1016/j.ridd.2014.08.005 · PMID: 25178706. (résumé scientifique structuré; texte intégral non fourni)
    3. Pathological Demand Avoidance and ADHD: What's The Relationship?.
    4. NeuroLaunch editorial team. PDA and ADHD: Understanding the Complex Relationship Between Pathological Demand Avoidance and Attention Deficit Hyperactivity Disorder. 2024.
    5. 1Barkley, R. A. (1997). Behavioral inhibition, sustained attention, and executive functions: constructing a unifying theory of ADHD. Psychological Bulletin, 121(1), 65-94..
    6. 2Faraone, S. V., & Larsson, H. (2019). Genetics of attention deficit hyperactivity disorder. Molecular Psychiatry, 24(4), 562-575..
    7. 3Gillberg, C. (2010). The ESSENCE in child psychiatry: Early Symptomatic Syndromes Eliciting Neurodevelopmental Clinical Examinations. Research in Developmental Disabilities, 31(6), 1543-1551..
    8. 4Green, J., Absoud, M., Grahame, V., Malik, O., Simonoff, E., Le Couteur, A., & Baird, G. (2018). Pathological Demand Avoidance: symptoms but not a syndrome. The Lancet Child & Adolescent Health, 2(6), 455-464..
    9. 5Kildahl, A. N., Helverschou, S. B., Rysstad, A. L., Wigaard, E., Hellerud, J. M. A., Ludvigsen, L. B., & Howlin, P. (2021). Pathological demand avoidance in children and adolescents: a systematic review. Autism, 25(8), 2162-2176..
    10. 6Newson, E., Le Maréchal, K., & David, C. (2003). Pathological demand avoidance syndrome: a necessary distinction within the pervasive developmental disorders. Archives of Disease in Childhood, 88(7), 595-600..
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    13. Newson, E., Le Maréchal, K., & David, C. (2003). Pathological demand avoidance syndrome: A necessary distinction within the pervasive developmental disorders. Archives of Disease in Childhood, 88(7), 595-600..
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    17. Gillberg, C., Gillberg, I. C., Thompson, L., Kadesjo, B., & Ehlers, S. (2015). Extreme (“pathological”) demand avoidance in autism: A general population study in the Faroe Islands. European Child & Adolescent Psychiatry, 24(8), 979-984..
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    21. National Autistic Society (2024). Pathological demand avoidance: Professional practice guidance..
    22. Pathological Demand Avoidance, ODD, ADHD: Oppositional Teen Behavior.
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    24. Pathological demand avoidance, autism, & ADHD | Embrace Autism.
    25. Tavassoli, T., Hoekstra, R. A., & Baron-Cohen, S. (2014). The Sensory Perception Quotient (SPQ): Development and validation of a new sensory questionnaire for adults with and without autism. Molecular Autism, 5, 29..
    26. Taylor, E., Holt, R., Tavassoli, T., Ashwin, C., & Baron-Cohen, S. (2020). Revised scored Sensory Perception Quotient reveals sensory hypersensitivity in women with autism. Molecular Autism, 11, 18..
    27. Your SPQ-RS profile.
    28. Your report is ready. Print or save as PDF'+pages+'.
    29. 1↑ Pathological demand avoidance syndrome: a necessary distinction within the pervasive developmental disorders (Newson et al., 2003).
    30. 2↑ Editorial: Demand avoidance, pathological, extreme or oppositional? (Ozsivadjian, 2020).
    31. 3↑, 7↑, 9↑ Pathological demand avoidance in children and adolescents: A systematic review (Kildahl, Helverschou, et al., 2021).
    32. 4↑ Pathological Demand Avoidance: symptoms but not a syndrome (Green et al., 2018).
    33. 5↑, 8↑, 10↑, 17↑ Pathological demand avoidance: What and who are being pathologised and in whose interests? (Moore, 2020).
    34. 6↑ Demand avoidance phenomena: circularity, integrity and validity – a commentary on the 2018 National Autistic Society PDA Conference (Woods, 2019).
    35. 11↑ Pathological demand avoidance: my thoughts on looping effects and commodification of autism (Woods, 2017).
    36. 12↑ ‘Natures answer to over-conformity’: deconstructing Pathological Demand Avoidance (Milton, 2013).
    Table des matières afficher
    1 Deux mécanismes sous un même « non »
    2 Ce que les études montrent, et ce qu’elles ne permettent pas d’affirmer
    3 Un profil discuté, une expérience qui mérite d’être entendue
    4 Observer avant de multiplier les consignes
    5 Quand le TDAH et le PDA se superposent

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